Diane Fissore : "J'existe à travers ce que je réalise"

Instigatrice de la Fédération équestre de la Principauté de Monaco, en 1995, Diane Fissore est aussi l'organisatrice du Jumping international de Monte-Carlo depuis cette même année. À la tête de la société d'événementiel Mediaplus, elle donne l'image d'une femme au tempérament affirmé.

La présidente de la Fédération nous avait conviés dans ses appartements, en plein cœur de la Pincipauté. Lorsque nous arrivons, elle est en rendez-vous téléphonique. Nous patientons dans un vaste salon aux senteurs délicates, décoré avec goût et ponctué de bougies. C'est dans cet écrin hors du temps que déboule Diane Fissore, petit bout de femme au parler plutôt franc. 

Une histoire de famille

"Le cheval, c'est une histoire de famille. Mon père faisait beaucoup d'équitation. Depuis toute petite, je monte sur de grands chevaux. J'ai toujours fait de la compétition de saut d'obstacles et de dressage. Mais cela demande un temps considérable. Le dressage surtout. J'ai dû arrêter, il y a cinq ans."
Elle continue de côtoyer ses précieux équidés, pour le plaisir. "Allo ? Comment va Rolex ?" Le coup de fil est important, l'un de ses partenaires à crinière a quelques douleurs au dos, "rien de grave", assure-t-elle. "Ils ont toujours besoin de soins. En dehors de l'équitation, je fais du sport, deux à trois fois par semaine. J'aime le ski, la natation, la gymnastique et le Pilates. C'est complémentaire, car la pratique du cheval rend les muscles toniques mais raides. Le Pilates aide à étirer tout ça, c'est très bon pour le dos."

Des beaux arts au Jumping

Diane Fissore ne se destinait pas forcément à une carrière liée à sa passion. "Je voulais faire les beaux arts pour être architecte. Mais mes parents m'ont rapidement fait comprendre qu'il valait mieux m'orienter vers autre chose. Je n'ai bêtement pas insisté. J'ai fait six années de droit, puis je me suis mariée avant d'exercer. Mon mari tenait la pharmacie de Fontvieille, et en tant que femme aimante, je me suis occupée de ses affaires. Puis j'ai vécu un drame, la mort de mes parents. J'ai ressenti le besoin de faire autre chose.
C'est alors que le cavalier belge Éric Wauters et Marie-Pierre Gramaglia, mon amie d'enfance, m'ont parlé de leur envie de créer un Jumping à Monaco. Ils ne le pouvaient pas sans créer une Fédération au préalable. C'était quelque chose de tout à fait inattendu. Au départ, ce sont de petites activités, puis elles deviennent permanentes et on se retrouve à la tête de certains événements. À un moment donné, je me suis dit : "Oh là, faut que j'assure". Je n'avais peut-être pas évalué l'ampleur des choses. Mais quand on est dans l'eau, on nage."

Impressionnante ?

"Au début, on se sent indispensable. Que ce soit à la Fédération, dans le cadre du Jumping ou de Mediaplus. On est sur tous les fronts. Mais avec le recul et l'expérience, on apprend à déléguer." Elle affiche un sourire radieux et lâche : "Maintenant, je me diversifie. Je vais faire quelque chose qui n'a rien à voir avec la choucroute. J'ouvre un salon de coiffure avec ma sœur, Joëlle Fissore-Biamonti."
Diane Fissore donne l'impression d'être inarrêtable. Une femme forte ? "Il paraît que j'impressionne les gens, mais j'en suis étonnée. Je suis sans doute la personne la plus gentille et humaine", glisse-t-elle, le regard doux et le sourire en coin. "Je n'ai jamais ressenti de problème à être une femme et à avoir des responsabilités. J'existe à travers ce que je réalise." Et dans ce milieu de l'équitation, "il y a une majorité de femmes", souligne-t-elle. "C'est le seul sport au monde où l'homme est l'égal de la femme. Tout comme la jument est l'égal de l'étalon. C'est le sport le plus moderne qui existe."

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Liste des Clubs : Fédération Equestre de La Principauté de Monaco

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