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Jumping de Cannes : glamour toujours

Subtile alliance de raffinement et de compétition de haut niveau, le Jumping international de Cannes a rassemblé la crème de la discipline pendant trois jours (du 13 au 15 juin), au stade des Hespérides. Retour sur l'un des événements emblématiques du sport azuréen.

Cela fait trente-deux ans que ça dure. Trente-deux ans que, dans la foulée du Festival de Cannes, les passionnés d'équitation se donnent rendez-vous à quelques pas de la Croisette. Petit à petit, le rendez-vous s'est fait une place de choix dans le circuit. D'abord national, il s'est ensuite internationalisé avec un pays invité, puis quatre… Au bout de sa quatrième année d'existence, le Jumping avait su prendre son envol.

Malgré la crise économique et les sponsors qui ont décidé de réduire la voilure, ici comme ailleurs, la compétition a conservé tout son éclat. Pas moins de quatorze épreuves internationales (dont le niveau variait d’une à cinq étoiles) attendaient les concurrents. Le clou du spectacle, c'était évidemment le Longines global champions tour - Grand prix of Cannes.

Pour faire simple, on pourrait comparer ce concours à la Ligue des champions des équidés. Sur des montures dont la valeur oscille entre un et dix millions d'euros, les plus prestigieux cavaliers de la planète doivent franchir des obstacles qui culminent à 1,60 m du sol, en faisant preuve de vélocité et de précision. Hommes et femmes s'y défient, ce qui est tout sauf une surprise dans le seul sport olympique dont toutes les épreuves sont mixtes.

Du lourd sur la piste

Des précisions qui sonneront comme autant d'évidences pour les puristes, mais qui seront utiles aux nombreux béotiens. Et dans les travées des Hespérides, ils étaient relativement nombreux. Durant l'après-midi, l'accès gratuit aux coulisses du Jumping, mais aussi aux épreuves "une étoile", dont celles où l'acteur Guillaume Canet s'alignait (lire en page suivante).

L'occasion pour un public de tout âge de mettre un pied dans le monde de l'équitation, souvent perçu comme fermé et élitiste. Même s'il est difficile de cerner toutes les spécificités techniques au premier coup d'œil, ces nouveaux spectateurs ont pu apprécier l'épatante complicité du couple cavalier-cheval.

Ceux qui avaient été séduits pouvaient décider de faire durer le plaisir en soirée, à des tarifs relativement abordables (20 euros le jeudi et le vendredi, 27 euros pour le Grand prix). À la tombée de la nuit, la pression montait d'un cran, la cadence s'accélérait et les tribunes se garnissaient d'élégants observateurs, heureux de profiter du cadre atypique des Hespérides, stade de football antique transformé en temple équestre durant quelques jours. 

Le cliquetis des couverts et les discussions feutrées n'étaient pas de nature à déconcentrer les cavaliers, rompus aux joutes de haut niveau. En piste, on retrouvait le numéro un mondial, l'Allemand Christian Ahlmann, son dauphin, le Français Kevin Staut, mais aussi le double médaillé d'argent Gerco Schröder (Pays-Bas), vainqueur l'an dernier à Cannes.

Ehning au bout du suspense

À l'heure H, avant d'aborder les deux manches qui décideraient de l'attribution du titre, les Français et les Allemands affichaient les effectifs les plus larges, avec neuf engagés pour chacun des deux pays. Pour ceux qui visaient la victoire, le contrat était simple: pour avoir une chance de figurer dans le peloton de tête, il fallait réaliser deux passages sans faute. 

Pénélope Leprevost était la seule membre du clan tricolore à éviter la pénalité lors de la manche inaugurale. Moins performante par la suite, elle héritera de la douzième place. Son compagnon Kevin Staut avait écopé d'une seconde de pénalité, avant de sombrer dans la deuxième partie du concours (qu'il terminera au dix-septième rang).

Dans de meilleures dispositions (un sans-faute puis une seconde de pénalité), Simon Delestre n'était pas pour autant en mesure de se mêler à la lutte finale (7e). Pour entrer dans le quintet de tête, il fallait réaliser deux sans-faute et faire tourner le chrono le moins longtemps possible. 

De cette âpre confrontation, c'était l'Allemand Marcus Ehning, sur Plot Blue qui sortait vainqueur, devançant d'une seconde et onze centièmes l'Anglais William Funnel (sur Billy Congo) et le Néerlandais Maikel Van der Vleuten (sur VDL Groep Verdi) d'une seconde et vingt-cinq centièmes.

Une véritable renaissance pour le champion olympique par équipe de Sydney 2000, qui ne s'était plus imposé sur le GCT depuis trois ans. En tête du classement général avant l'épreuve de Monaco (du 27 au 29 juin), l'Américaine Laura Kraut a dû se contenter de la dixième place à Cannes.

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GCT, peloton d'élite

Le Longines Global Champions Tour (GCT) est un circuit prestigieux qui sillonne la planète jusqu'au Qatar et en Chine en passant par les plus grands concours d'Europe. Chacune des treize étapes est dotée de 285 000 € (95 000 € pour le vainqueur) et compte pour le classement général. Au terme du circuit, les dix-huit meilleurs se partagent une bourse d'un million d'euros. Seuls les trente premiers mondiaux peuvent prétendre participer à ces épreuves. Quatre cavaliers français (Kevin Staut , Pénélope Leprevost, Roger-Yves Bost et Patrice Delaveau) en font partie.