Au nom du père

Iñigo Lopez de la Osa Franco est un jeune cavalier espagnol mais résident à Monaco. Vainqueur de la Pro-Am au Jumping de cette année, le garçon n'en est pas à sa première. Rencontre.

A tout juste 16 ans, ou presque (il les aura en septembre), Iñigo Lopez de la Osa Franco vient de remporter la Pro-Am Cup sur le Jumping de Monte-Carlo, en compagnie de la cavalière professionnelle Laura Kraut. Une deuxième victoire sur cette épreuve pour le jeune garçon qui a débuté l'équitation il y a à peine 5 ans. Membre de la classe sportive au Lycée Albert Ier, où il fera sa rentrée en Première en septembre, "Iñi" partage son temps entre l'école et les écuries. Auprès de son cheval. Là où tout prend sens. "Quand je suis à cheval, je ne pense à rien, j'oublie tout. Je suis juste avec lui, concentré, relaxé, calme." Un sentiment de bien être qui l'a forcément poussé à aimer l'équitation. Mais pas n'importe quelle forme d'équitation. "J'ai tout de suite débuté par le jumping. C'est sans aucun doute la discipline la plus amusante et c'est aussi celle que faisait mon père." 

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Sport de famille

C'est d'ailleurs grâce à l'influence paternelle que le bonhomme a voulu se lancer. "J'ai commencé il y a 5 ans. Mon père montait à cheval et m'en parlait depuis que je suis petit. Il y a plusieurs photos de lui à cheval à la maison et lorsque l'on va voir la famille en Espagne, ils nous parlent souvent de lui lorsqu'il était cavalier", confie le garçon. En vivant à Monaco, il a régulièrement été aux premières loges du Jumping de Monte-Carlo, mais aussi de celui de Cannes. Pourtant, il a fallu quelques années avant qu'il ne se lance. "Au départ, on manquait un peu de temps. Mais quand j'ai réellement voulu m'y mettre, on a cherché un club et tout a commencé à San Remo." 

Lgct Monaco 2019 Inigo Lopez De La Osa Franco  Sportfot Jpg

S'il est maintenant à Vintimille, Iñi a rapidement gravi les échelons et n'a pas tardé à débuter la compétition. Très vite, les hauteurs ont augmenté. Si sa première sortie officielle s'est faite à 80 cm, il sautait déjà des barres de 1m à l'entraînement. A 12 ans, il participe même à son premier championnat d'Espagne. Car ce qu'il aime le plus, c'est la compétition. "C'est quelque chose de toujours très sympa. On apprend beaucoup sur chacun des concours que l'on peut faire. Et je dois avouer qu'à chaque fois, je n'ai pas envie que ça se termine. Si je le pouvais, j'en ferais tous les week-ends", confie Iñi. 

Victoire avec papa

S'il a terminé 10e des championnats d'Espagne juniors cette année, Iñi a déjà pris part à des compétitions internationales avec la sélection espagnole. "Il y a parfois un peu de pression, mais il faut savoir contrôler cela. Courir sous son drapeau apporte de la fierté." D'autant plus que les places sont chères au sein de la sélection. Mais comme le précise le jeune homme, il n'y pas d'animosité entre les différents prétendants pour autant. "Quand on s'élance, on donne tout ce qu'on a, mais une fois que l'on descend de cheval, on est tous amis avec les autres jeunes." S'il est un concours où Iñi aime briller, c'est bien celui de Monaco. On pourrait d'ailleurs croire qu'il y a une sorte de tradition dans la famille. 

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Témoin privilégié de la victoire de son père en 2015 (avec Abdelkebir Ouaddar sur la Pro-Am Cup), Iñi n'a pas perdu de temps pour afficher ses ambitions. "Après sa victoire, je lui ai dit que moi aussi je remporterai cette course dès l'année suivante", annonce fièrement Iñi. Et le jeune homme n'avait pas menti. En 2016, alors que la Pro-Am change de format (deux amateurs coachés par des pros), le père (Ilo) et le fils font équipe. Si l'issue finale est belle, avec une victoire, le déroulé, lui, a réservé quelques surprises. Car à l'issue de son premier passage, "Ilo" a commis une petite erreur. "Il m'a mis la pression", enchaîne Ilo, rieur, "et il avait commencé avec le choix du cheval. J'en ai un très bon qu'il va commencer à monter bientôt. Il voulait que je fasse la Pro-Am avec lui, mais il était réservé le lendemain pour le Grand Prix. Il était persuadé qu'on ne gagnerait pas du coup. Quand j'ai fait tomber la barre au premier tour, que je suis en train de tourner pour aller au joker qui me permettait d'annuler l'erreur, il me dit, 'surtout tu ne rates pas'. Il avait 12 ans, c'était le plus jeune du concours ! Je passe, au deuxième tour, on a été tous les deux très rapides et c'était très sympa de gagner ensemble", se souvient son papa. 

Cavalier ingénieur, ou ingénieur cavalier

De nouveau vainqueur cette année, Iñi poursuit sa progression et grandit dans la discipline, tout comme ses ambitions. Et prouve que le travail paie, car il ne lésine pas sur les efforts. "Ça dépend de mes devoirs et des contrôles, mais en moyenne, je vais m'entraîner au moins quatre fois par semaine, chaque séance durant entre trois et quatre heures", confie le bonhomme, également fan de football et du Real Madrid. 

S'il a fait le choix de représenter l'Espagne au niveau international, il aspire à faire carrière dans l'équitation plus tard. Sans pour autant négliger un avenir professionnel qu'il envisage, pourquoi pas, avec son père. "Je vais continuer à monter après le bac, mais je voudrais devenir ingénieur. Il y a une formation en ingénierie et architecture qui me plaît et cela me permettrait de travailler ici avec mon père." Un cursus de 5 ans après le bac qui l'amènerait à quitter la Principauté. "Il y a une bonne école à Eindhoven, aux Pays-Bas, où il y a aussi de grosses écuries. Ça me permettrait de continuer à monter." Une ambition de vie validée par son papa. "Ce ne sera pas simple, mais je pense que même les sportifs de haut niveau doivent pouvoir faire des études. Même si la durée de carrière est longue dans notre sport, c'est une discipline qui demande aussi beaucoup d'argent. Je préfère qu'il ait une bonne formation." 

La tête sur les épaules et les idées claires, Iñi semble avoir choisi le bon chemin. Et peut compter sur sa famille pour veiller au grain. 

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