Dossier

Un 9e Jumping de Monte-Carlo "saut" chic

Le sable s'était emparé du port Hercule, l'espace de quelques jours. L'objectif n'était pas d'y bronzer mais de vibrer au rythme des foulées de superbes équidés engagés dans la 9e édition du Jumping de Monte-Carlo. Un événement teinté d'Histoire puisque pour la première fois, un Qatari, Bassem Hassan Mohammed, s'est imposé lors d'un Grand Prix cinq étoiles.

Comme chaque année depuis bientôt une décennie, le rendez-vous a touché Monaco en plein cœur. Il a conquis son port et capté l'attention. Du 26 au 28 juin, les sabots ferrés des destriers ont claqué sur le terrain sablonneux. 

Quatre-vingts cavaliers professionnels et amateurs sont venus s'essayer à une ou plusieurs des quinze épreuves organisées sur la piste la plus exiguë du championnat. À l'instar du circuit de Formule 1, Monaco propose l'épreuve la plus étroite du Longines Global Champions Tour (LGCT) et en constitue la sixième étape.

Les écuries avaient établi leurs quartiers autour du stade nautique Rainier-III. Les effluves de foin et les hennissements puissants de ces nouveaux colocataires ne gênaient en rien les baigneurs, en quête de fraîcheur sous un soleil de plomb. Les équidés, eux, devaient s'habituer à plusieurs facteurs de bruit. 

Les klaxons  des bateaux, des voitures et le public admiratif, accoudé aux bords de piste et dont les applaudissements allaient direct à leurs oreilles. Chaque participant avait droit à deux montures, afin de ne pas abuser du tonus du cheval, ce qui faisait grimper le nombre d'individus à crinière à plus de 200.

Le foot en première partie du Grand Prix

C'est samedi, à 18 h 30, que se déroulait le Grand Prix du Prince de Monaco, retransmis le soir même sur Eurosport. 46 couples allaient s'élancer sur un parcours composé de 12 obstacles d'1,60 m. Dès 16 h 30, on voyait débouler les hautes montures sur la route de la piscine - fermée à cet effet - d'un pas flegmatique. 

Les grooms les conduisaient au paddock, leur site d'échauffement, afin de faire bosser les articulations deux heures avant l'instant T. Aux alentours de 18 h 15, la foule commençait à se masser. Un groupe de policiers était agglutiné devant les grands écrans de la Brasserie de Monaco. Dix-huit minutes déjà que le Brésil affrontait le Chili en huitièmes de finale de la Coupe du monde de football… 

Certains patientaient le dernier quart d'heure dans le coin shopping du Jumping, composé de boutiques Massimo Dutti et Longines. "Douze minutes avant la mise en piste", s'exclamait une voix au micro. Au même moment, quelques "hourras" se faisaient entendre. "Déjà un but du Brésil", commentait-on. Puis, "Bienvenue à l'un des Grands Prix les plus difficiles du monde", annonçait le speaker. 

18 rescapés au premier round

La tension grimpait d'un coup, dans le public comme dans le paddock. Durant le premier round, seuls 18 rescapés allaient décrocher leur ticket pour la deuxième manche. L'objectif était le suivant, il fallait aller le plus rapidement possible en commettant le moins de fautes. 

Libre au cavalier d'établir une stratégie selon l'humeur de sa monture. Il pouvait choisir de miser sur le sans-faute en s'attachant moins au chrono, tout en ne dépassant pas le temps accordé qui était de 70 secondes. La cloche retentissait, le jeu était lancé. "C'est donc possible !", s'égosillait le speaker après que le Qatari Bassem Hassan Mohammed, 3e participant à s'essayer au parcours, réalise le premier sans-faute et s'empare du sésame le conduisant au deuxième tour. 

Peu après, la fille du Boss, Jessica Springsteen, sur Lisona, établissait un chrono intéressant à 65"85 mais faisait tomber une barre sur le dernier obstacle. "C'est dommage ! Il est encore trop tôt pour dire si elle fera partie des 18 (elle en fit partie)."

On entendait, avec une empathie certaine, le râle profond des chevaux qui retombent sur leurs appuis après le saut. Leurs grands yeux balayaient parfois les tribunes, avant de plonger sur le prochain obstacle. Les bouches des cavaliers articulaient quelques paroles pour eux-mêmes ou pour leur compagnon. 

Ils tapotaient l'encolure de la bête pour lui insuffler de la force. Au onzième passage, l'Anglaise Yasmin Pinchen sur Ashkari réalisait le deuxième sans-faute en 66"21, avec un compromis concentration/vitesse idéal et gagnait sa place pour la suite. 

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