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Union cycliste de Monaco : au pays du cross-country

L'Union cycliste de Monaco (UCM) compte cinq vététistes de cross-country assidus. Sous la houlette du responsable Éric Moschetti, sa fille Margot, Mika Batista, Clément Champoussin, Jérôme Gilloux et Paul Mathou profitent d'un point commun, la passion de l'effort et du grand air.

Un jeudi après-midi, alors que le ciel se faisait menaçant, nous avons tout de même tenté notre chance. En partance vers Sospel, à une petite heure de voiture de Monaco, nous avons pris le temps de discuter avec Éric Moschetti. L'homme de 46 ans ne vit pas loin de là, à Moulinet, un village d'un peu plus de 200 habitants, à 32 kilomètres de Menton. Il évolue à l'UCM depuis quatre saisons et en est le responsable depuis deux."De mon côté, j'ai commencé à pratiquer le VTT dans les années 1990. Avant de venir à Monaco, j'ai passé 15 ans au club de Sospel. Ce qui me plaît, c'est cette liberté qu'on a dans les chemins."

De Sospel à Monaco

Si Éric Moschetti a atterri ici, c'est un peu grâce à ses filles. "Elles faisaient beaucoup de sport. Je les ai emmenées à l'école de VTT de Sospel, les mercredis. Elles ont commencé avec des vélos de supermarché. Puis un jour un collègue est venu me voir en me disant : "achète-leur de vrais vélos, parce que déjà là, elles mettent des claques aux garçons". 

Margot et Maïly, qui ont aujourd'hui 20 et 18 ans, se régalaient sur leurs montures et avaient de réelles capacités. Maïly a été contrainte d'arrêter assez tôt à cause de problèmes au genou, mais Margot a continué. Encouragée par son coach Hervé Dattas, la demoiselle qui avait alors 16 ans a participé au Trophée régional du jeune vététiste, en cadette. 

"Elle n'était pas partie pour faire des compétitions au départ. Mais ça lui a beaucoup plu et l'année d'après, elle a choisi de se spécialiser en cross-country." Après avoir fait le tour de l'école de Sospel, Éric et Margot ont commencé à fréquenter l'UCM. "Au bout de deux saisons, la personne qui s'occupait du cross-country est partie. Alors Umberto Langellotti, le président de la Fédération, m'a proposé de faire partie de l'équipe encadrante." 

En passionné, il a tout de suite accepté. Il s'occupe du logement et du déroulé des déplacements lors des compétitions. "Mon objectif, c'est de leur proposer les meilleures conditions possible. Je les emmène en compét' quasiment tous les dimanches", ajoute-t-il, sourire aux lèvres, en tournant habilement le volant sur les routes sinueuses de l'arrière-pays.

À chacun son entraînement

Sur les 50 compétiteurs que compte l'UCM, toutes catégories confondues, seuls 5 (4 espoirs et un cadet) s'illustrent en cross-country. Trois d'entre eux sont licenciés à Monaco et évoluent en parallèle avec un team privé qui prend en charge certains frais d'équipement. Souvent, le team fournit ou prête les vélos dont le coût peut facilement excéder le millier d'euros. 

"Le VTT est encore considéré comme un loisir alors que le cross-country est olympique. Nous sommes un peu le parent pauvre du vélo", explique-t-il. "Il y a davantage de coureurs sur route à Monaco, mais nous avons une bonne petite équipe." Au-delà de Margot Moschetti qui affiche un beau palmarès et nourrit des ambitions internationales (lire pages suivantes), les quatre autres vététistes donnent leur maximum.

 Le VTT a pour particularité d'être une discipline très solitaire. Le travail est individuel et les compétiteurs ne se regroupent pas pour perfectionner leur technique. "Chacun a un programme différent à suivre en fonction de ses qualités et lacunes physiques. Les exercices sont fractionnés avec des phases d'intensité diverses, et l'entraînement n'est pas non plus le même pour les filles et les garçons", raconte le responsable de la section. "On réussit à faire quelques sorties ensemble l'hiver lorsqu'il s'agit de travailler l'endurance sur quatre ou cinq heures. Je le fais avec Margot par exemple. Mais c'est tout, sinon on ne peut pas se suivre les uns les autres."

Autonomie, effort et discipline, les clés

Rouler seul, cela ne pose pas de problème à ces férus de vélo. Jérôme Gilloux, mécanicien de 20 ans, fait de la compét' depuis quatre ans et trouve l'envie de s'entraîner quotidiennement. "Je termine le boulot à 18 heures et je vais rouler dans la forêt, au-dessus de Gattières où je vis. Je fais entre 12 et 13 heures d'entraînement par semaine entre le cross, la route et l'enduro. Je suis venu à Monaco parce que c'est le club du coin où l'ensemble des disciplines est le mieux représenté. Avant, j'étais au club de Levens et je ne pouvais pas faire assez de route", raconte le jeune homme, membre du team Neway Specialized Nice. "Monaco qui m'aide pour les déplacements et l'hébergement. Mais faire partie du team est super pour les stages qui ont lieu près de chez moi. On s'entend bien avec les 7 autres membres et c'est agréable", explique Jérôme. 

"Pour les entraînements, ça ne me dérange pas d'être seul. Justement, dans le VTT, j'aime l'environnement et le fait d'être solitaire, de gérer mes sorties." De son côté, Mika Batista, 18 ans, vit à Grasse  et est pensionnaire de l'UCM depuis trois ans. "Je fais de la compétition depuis 2003. Mon père m'a mis au vélo tout petit", raconte-t-il, plein d'entrain. 

"C'était mon premier coach. Il me faisait faire de petites compétitions et m'entraînait très fort, alors je gagnais souvent et ça m'a donné l'esprit de compétition. Aujourd'hui, je m'entraîne seul et j'arrive à être très régulier. Je roule dans les hauteurs de Grasse, vers Bar-sur-Loup, Valbonne et Cabris. Je suis assez bon en technique, j'adore les petits passages dans la terre et les cailloux ainsi que les côtes bien raides. Je fais aussi du vélo de route parce que c'est essentiel pour la préparation physique."Le garçon cumule 8 à 10 heures d'entraînement par semaine. "Il ne faut pas se cramer pour le week-end", commente-t-il. "Il faut trouver un compromis pour s'entraîner assez, mais arriver en forme aux compétitions."

Les teams, l'entourage, les stages

Mika et Clément Champoussin (16 ans) sont les plus jeunes compétiteurs du club monégasque et les seuls à ne pas faire partie d'un team privé. "Je suis un peu plus avec eux lors des déplacements", glisse Éric Moschetti. Ils ont davantage besoin d'être épaulés. Clément fait partie de la section sportive cycliste de Don Bosco. Cette structure niçoise lui permet de profiter d'horaires aménagés, d’un suivi sportif, scolaire et médical afin de pouvoir profiter à fond de sa discipline. 

Le jeune vététiste pourrait intégrer le pôle espoir l'an prochain s'il continue sur sa lancée. Lors de la première coupe de France de sa saison, début avril à Cassis, il s'était classé parmi les dix premiers cadets, ce qui a réjoui Éric Moschetti. Paul Mathou, 21 ans, fait partie du team Rocky mountain offroad et évolue au sein du pôle espoir de Nice. 

Enfin, Margot Moschetti est membre du team Scott la Clusaz depuis 3 ans. Elle part souvent effectuer des stages avec six autres passionnés et se régale. "Avant les championnats de France de juillet (aux Menuires), on aura une semaine de stage sur place. Je pourrai connaître les passages techniques", s'enthousiasme la sportive dont c'est le gros objectif de la saison. "Nous sommes six espoirs et un junior dans le team. Quand je pars pour plusieurs compétitions d'affilée, je suis un peu triste de quitter mes habitudes, mais au moins, je suis avec des gens avec qui je m'entends bien", rapporte Margot.

 La jeune femme roule seule entre trois et quatre heures par jour, selon les cycles d'entraînement, et discute au moins deux fois par semaine avec son coach Mickaëll Bouget qui se trouve en Suisse. "Ça ne me pose pas de problème d'être seule. Je suis bien quand je suis sur mon vélo", conclut-elle.

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