Premières monégasques (1/2)

Dans la continuité de notre voyage dans l'histoire du sport en Principauté, nous avons décidé de nous arrêter sur l'année 1987. Une année au cours de laquelle les Jeux des Petits Etats d'Europe sont venus pour la première fois à Monaco et où le meeting Herculis s'est lancé.

Première édition des Jeux des Petits Etats d'Europe à Monaco

Le mouvement olympique a toujours trouvé un fort écho en Principauté. Par l'engagement du Prince Albert II, mais aussi à travers l'amour de sa nation pour le sport. Et l'année 1985 marque un peu plus l'engagement du pays auprès de la cause olympique. Tout d'abord, le Souverain, alors Prince Héréditaire, fait son entrée comme membre de l'auguste assemblée au Comité International Olympique (CIO). Et c'est lors de cette même année que la création des Jeux des Petits Etats d'Europe (JPEE) est décidée. 

Si la première édition s'est tenue quelques semaines plus tard, à Saint-Marin, où un peu plus de 300 athlètes se sont rendus, la deuxième devait avoir lieu, elle, à Monaco, en 1987. "Ces Jeux sont incontestablement l'aboutissement d'un long travail entrepris auprès des instances internationales puisque le CIO a reconnu, en cette occasion, les JPEE. La présence de Juan Antonio Samaranch, alors président du CIO, aux côté de S.A.S. le Prince Rainier III, lors de la cérémonie d'ouverture, était importante pour la manifestation. Ce lien fort n'a cessé de perdurer", comme l'explique Yvette Lambin-Berti, secrétaire général du Comité Olympique Monégasque (COM).

Tout le monde au stade, ou presque

C'est le 14 mai 1987 qu'a lieu la cérémonie d'ouverture au sein du stade Louis-II, dans l'actuelle salle Gaston Médecin. "L’accueil et l’organisation de cette 2e édition à Monaco en 1987 ont été également l’occasion de mettre en exergue la Principauté au plan sportif et ont contribué à souligner son savoir-faire. Ces Jeux ont offert un cadre d’expression et de mise en œuvre des priorités gouvernementales, avec la concrétisation des efforts ambitieux d’une politique sportive, et notamment la création du nouveau stade Louis-II. A part la voile, le tennis et le volley-ball, les six autres disciplines se déroulaient dans une même et seule enceinte : cette unité de lieu a constitué une première pour cette compétition multi sportive", note la secrétaire général du COM. 

Ce sont en effet 380 athlètes qui ont pris part à ces JPEE, représentant 8 pays (le Monténégro ne faisait pas partie du groupement à l'époque puisqu'il n'a été indépendant qu'en 2006), dont 83 pour la délégation monégasque. Une délégation au sein de laquelle se trouvaient notamment trois sportifs aujourd'hui dans l'encadrement de leurs disciplines respectives. Frédéric Choquard, ancien basketteur et athlète, désormais entraîneur à l'ASM athlétisme, Fabienne Pasetti, au tir à la carabine et Eric Bessi, judoka et actuel président de la Fédération Monégasque de Judo. 

Rang Livre

Et s'il est quelque chose qui a marqué tout le monde, c'est bien l'engouement de la population et la mobilisation des bénévoles qui reviennent régulièrement. "J'ai souvenir de tous les scolaires qui venaient nous voir", se rappelle ainsi Frédéric Choquard. "C'était mon premier match international et j'ai senti une cohésion nationale très forte, c'était vraiment à part", note de son côté Fabienne Pasetti, tandis qu'Eric Bessi avait été étonné "par le défilé, assez surprenant, dans la salle omnisports, ce qui avait permis d'avoir beaucoup de monde." Pour Yvette Lambin-Berti, alors en charge de la coordination du programme sportif, c'est l'enthousiasme des bénévoles qui revient parmi ses souvenirs.

 "Ils collaboraient, pour la première fois, avec le COM, à l’organisation d’un événement  international de cette ampleur. Leur engagement sans faille doit être salué. Ce bénévolat a été une richesse extraordinaire qui nous a permis d’organiser, par la suite, deux Sessions du CIO (1993 et 2014), deux assemblées générales des Comités Olympiques Européens en 1973 et 2001, au cours de laquelle le Dr Jacques Rogge, alors à la tête de l’Organisation, démissionna de son poste au profit de la présidence du CIO, ainsi qu’une deuxième édition des JPEE (2007)."

Des médailles et une belle aventure

Sportivement, ces Jeux ont également été l'occasion pour les athlètes monégasques de briller à la maison. Si Eric Bessi, dont le fiston a repris le flambeau quelques années plus tard, a terminé à la 3e place, "je n'ai pas réussi à faire mieux, c'est ce qui m'a marqué (rires)", Frédéric Choquard a décroché l'or pour sa première participation aux JPEE. "On avait monté une équipe de basket avec les espoirs et quelques pros et en même temps je participais aussi en athlétisme. Je me rappelle d'ailleurs qu'à peine un match terminé, j'ai couru du parquet jusqu'au vestiaire de l'athlétisme pour me changer, mettre la tenue et aller me placer in extremis sur le start." Ce qui ne l'a donc pas empêché de décrocher l'or en basket. "C'était une belle médaille, d'autant qu'on l'a obtenue contre l'Islande, dans une salle pleine, juste avant la cérémonie de clôture.

1987 Photo Groupe

Si elle n'a pas glané de breloque pour sa première sélection, Fabienne Pasetti s'est cependant découvert une vocation sur ces Jeux. "On avait monté un stand de tir éphémère dans le stade et il répondait à toutes les normes ! Cette compétition a vraiment été un déclencheur pour moi, c'est là que j'ai su ce que je voulais faire", explique celle qui a ensuite participé à six olympiades. Avec 20 médailles, Monaco se classe en 4e position. En parallèle des compétitions sportives, deux textes importants ont également été élaborés cette année-là (statuts et règlements des JPEE), "un acte fondateur, primordial et déterminant pour l'avenir de la manifestation. Trente ans plus tard, force est de constater que le succès des JPEE est toujours au rendez-vous, avec un intérêt toujours croissant. La qualité du travail et les bases solides jetées à l’époque à Monaco sont les piliers qui permettent aujourd’hui de pérenniser ces Jeux", remarque la secrétaire général du COM. 

Et d'ajouter que lors de cette première édition en Principauté "la magie du sport et des Jeux a opéré. L’occasion était exceptionnelle pour tous ces sportifs venus de tous horizons de se retrouver dans une ambiance sportive amicale, conviviale et festive. La compétition était certes présente, mais il régnait - comme encore aujourd’hui - un très bel esprit de fraternité, de fair-play et de solidarité sportive, que seul ce type d’événement peut nous procurer. Ce fut aussi un vrai bonheur de partager avec le public des moments inoubliables, ainsi que de fortes émotions. L’utilisation du stade Louis-II (qui connaissait un véritable baptême du feu, au niveau de ses installations, avec ces Jeux) fut optimale et couronnée de succès. Ayant eu la charge de la coordination du programme sportif, cela fut une belle satisfaction, à titre personnel."

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