Villefranche-sur-Mer : les Bleus brillent aux Mondiaux d'apnée

Le huitième championnat du monde d'apnée par équipe s'est déroulé en rade de Villefranche-sur-Mer, entre le 8 et le 16 septembre. Les équipes françaises, hommes et femmes, ont terminé sur la deuxième marche du podium. Le co-organisateur de l'événement, Claude Chapuis, est ravi d'avoir pu réunir les meilleurs apnéistes mondiaux sur la Côte d'Azur.

Pari relevé pour Claude Chapuis et Joseph Strazzanti, organisateurs du championnat. Pendant neuf jours, près de deux cents apnéistes venant de trente-cinq pays se sont réunis dans la cité balnéaire de Villefranche-sur-Mer. "C'est un spot idéal car il est profond, proche du bord et abrité du mistral", explique Claude Chapuis. 

Ce meeting international d'apnée n'est pas le fruit du hasard, mais d'un travail de longue haleine. Plus qu'un travail, c'est une mission que l'apnéiste et enseignant à l'UFR Staps de Nice s'était attribuée. 

Les spécialistes des eaux profondes du globe sont tous liés par l'acronyme Aida, pour Association internationale de développement de l'apnée. 

Oubliés, "les allumés du Grand Bleu"

Créé en 1992 par Claude Chapuis, Roland Specker et Thierry Meunier, Aida a pour rôle de réunir les professionnels de la discipline. Elle l'organise et la structure davantage pour plus de sécurité. 

Du même coup, elle aide à positiver le regard des gens sur l'apnée. Car c'est d'abord avec la sortie du film de Luc Besson, le Grand Bleu, que le grand public a découvert ce sport, en 1988. 

Et pas de la meilleure façon qu'il soit. Il est alors perçu comme un sport extrême et dangereux, une discipline d'inconscients. On appelle ces sportifs-là "les allumés du Grand Bleu". 

En réalité, ils ne sont pas plus allumés que n'importe quel autre sportif. Simplement, la discipline est alors peu connue, non encadrée et non réglementée, et les apnéistes s'entraînent chacun dans leur coin. Voilà le danger, être seul.

 "L'apnée est un sport d'équipe", se tue à répéter Claude Chapuis. C'est ainsi qu'elle se pratique d'une manière sûre. "Je regrette que l'apnée ne soit toujours assimilée qu'aux accidents, nous on fait un vrai sport", insistait la Niçoise Aurore Asso dans une interview accordée à France 3 Côte d'Azur. 

Apnéiste depuis quinze ans et championne de France d'apnée en profondeur (75 mètres en 2011), elle a glorieusement défendu les couleurs de la France lors de ce mondial.

Développer l'apnée "moderne"

Depuis le premier championnat du monde par équipe, organisé à Villefranche-sur-Mer en 1996, des ramifications d'Aida ont vu le jour dans le monde et ont mis en lien les pratiquants. 

Aida France a souhaité développer une apnée "moderne". "Il fallait unifier les sportifs pour faire évoluer la discipline et pour qu'on l'encadre mieux. 

Plus ils partagent leur passion et plus ils sont susceptibles de créer des clubs pour développer ce sport. Nous avons proposé des textes référençant les règles de l'apnée et ça a fonctionné."

"J'ai cherché, via Internet et grâce à toutes les associations internationales, des apnéistes du monde entier. Pendant des mois, il a fallu discuter et trouver le moyen le moins cher de les faire venir sur la Côte d'Azur. L'apnée reçoit peu d'argent des États. C'est très dur d'organiser des évènements. Ici, nous avons eu de la chance. Le Conseil général, Villefranche-sur-Mer et Nice nous ont alloué un certain budget. Nous avons aussi travaillé avec le NUC subaquatique et ses bénévoles qui nous ont beaucoup aidés. Mais il a fallu que j'y mette du mien aussi... Ça en valait le coup heureusement. J'ai vu des Japonais discuter avec des Algériens, des Chypriotes et des Croates pour échanger des tuyaux sur les manières les plus sûres de pratiquer l'apnée. Tous ces gens sont repartis avec plein de nouveautés techniques en tête."

Les championnats mondiaux par équipe sont composés de trois épreuves : le poids constant, l'apnée statique et l'apnée dynamique. Chaque équipe était constituée de trois apnéistes (1), chacun devant donner le meilleur de lui-même dans les trois exercices. 

Ces hommes et femmes, emmitouflés dans leur combinaison en néoprène, devaient rafler un maximum de points par apnée. Leurs résultats personnels étaient ensuite additionnés afin de constituer le score final de l'équipe.

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Photos

Néry et le "base jump"

L'action est filmée aux Bahamas, dans le Dean's Blue Hole, la grotte sous-marine la plus profonde du monde (-202 m). Elle dure quatre minutes. Quatre minutes d'une incroyable beauté, à tel point que l'on a du mal à se dire que cette pureté et ces sensations font partie de notre univers. Julie Gautier, la compagne de Guillaume, a réalisé cette vidéo époustouflante intitulée "Free fall" en étant également en apnée. On y voit le champion niçois arpenter un banc de sable. La surface est juste au-dessus de sa tête, fortement éclairée par la lumière du soleil. Quelques instants plus tard, il bascule sans entrave vers les tréfonds de l'océan. Peu à peu, l'ambiance est plus lourde, tout est presque noir. Dans cet environnement inquiétant, oppressant, Guillaume glisse pourtant librement, avec une impressionnante quiétude. Sur son blog, l'apnéiste précise évidemment qu'il s'agit là d'une œuvre de fiction et que la séquence n'a pas été réalisée en une seule fois. Largement diffusée sur Internet depuis 2010, la vidéo a été visionnée par plus de 12 millions de personnes.
Voir la vidéo : http://minilien.fr/a0l1i2


Lorsque l'apnéiste fait la carpe

Toute proportion gardée, cet exercice consiste à transformer ses poumons en bouteilles d'oxygène. L'apnéiste aspire un surplus d'air après avoir effectué une inspiration forcée grâce à un mouvement de pompage des lèvres, glotte bloquée, qui comprime une petite quantité d'air avant de la laisser passer dans les poumons. Grâce à cette technique, l'apnéiste parvient à mettre plus d'air, donc plus d'oxygène dans sa cage thoracique. Des études spirométriques ont montré qu'il est possible d'emmagasiner 25% d'air en plus après une inspiration complète en "mode" carpe.