Villefranche-sur-Mer : les Bleus brillent aux Mondiaux d'apnée

Le "protocole de surface"

L'épreuve la plus spectaculaire et populaire reste le poids constant. Elle avait lieu en rade de Villefranche-sur-Mer. Un dispositif spécial avait été installé, avec bateaux de secouristes au cas où, et plateformes gonflables sur lesquelles on peu circuler facilement. 

L'apnéiste s'enfonce dans les profondeurs la tête la première et se propulse grâce à une monopalme. Il doit aller récupérer un témoin, prouvant qu'il a bien atteint la distance annoncée la veille. Lors de cet exercice, le mètre parcouru rapporte un point à l'athlète. 

Un câble de sécurité lui permet de voir le chemin à suivre pour avancer droit dans la pénombre. Il ne peut le toucher qu'une fois, afin de stopper sa descente et d'amorcer sa remontée. Une fois la tête hors de l'eau, il doit suivre un "protocole de surface". 

L'apnéiste a une quinzaine de secondes pour accomplir certains gestes, dans l'ordre, afin de prouver qu'il se contrôle. Il doit enlever son masque, faire le signe "ok", puis dire "I'm ok". S'il fait une syncope, il est disqualifié car cela signifie qu'il maîtrise mal sa discipline et ses limites. Une fois ces trois gestes effectués, tous les spectateurs à la surface relâchent enfin, eux aussi, leur souffle. 

Les athlètes se sont ensuite rendus à la piscine universitaire de Nice pour l'épreuve de l'apnée statique. C'est une discipline peu esthétique, mais assez impressionnant car les apnéistes se laissent flotter à la surface de l'eau, le visage immergé. 

Pour se faire une idée, le record du monde homme est de 11 minutes et 35 secondes. Un très long moment à vivre pour le sportif, et à attendre vu de la surface. La seconde d'apnée rapporte 0,2 point au compétiteur.

Pour finir, les athlètes ont passé l'épreuve de l'apnée dynamique. Elle ne se pratique pas en mer mais en piscine. En l'occurrence, elle s'est déroulée à la piscine Jean-Bouin de Nice. Il s'agit de parcourir la plus longue distance, avec palmes ou monopalme. Un mètre vaut 0,5 point. 

Des trios d'argent

Chez les hommes, les Croates Goran Colak, Bozidar Petani et Veljano Zanki ont décroché le titre mondial avec 840,6 points. Le trio français les a talonnés avec 821,8 points.

Associé à Morgan Bourchis et Frédéric Sessa, Guillaume Nery a permis à la France de terminer à la deuxième place du championnat. Le Niçois a réalisé la meilleure performance en poids constant.

Il est descendu à 114 mètres de profondeur, alors que le recordman du monde (125 mètres), Alexey Molchanov, n'a plongé qu'à 100 mètres pour l'occasion. 

Avant l'épreuve, les Françaises avaient également affiché de grandes ambitions. Dans une interview donnée à Nice-Matin, la Niçoise Aurore Asso avait déclaré : "On a des chances d'être sur le podium". Mission accomplie. 

En compagnie de Sophie Jacquin et Alice Modolo, l'Azuréenne a fini au deuxième rang (609,1 points) derrière les Japonaises Hirose Hanako, Misuzu Hirai et Tomoka Fukuda (677,4 points). 


(1). Exceptionnellement, certains étaient autorisés à être en sous-effectif. Un Colombien, deux Algériens ou encore une Vénézuélienne ont pu s'engager bien que leurs sélections nationales n'aient pas eu les moyens financiers de se déplacer.

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