Jacques Boissy : "Gérard, mio palmo "

"Son chien buvait la bière"

Michel Aubéry, président de la section amateur de l'AS Monaco football a bien connu Jacques Boissy. Ami d'enfance de Gérard Aubert, ils ont construit ensemble un radeau. De quoi en retirer un savoureux récit.

Dans sa jeunesse, Michel Aubéry et ses trois amis passaient beaucoup de temps au port de Monaco. De quoi leur permettre d'être auprès du plongeur Jacques Boissy. 

Comment l'avez-vous connu ? 

Je suis ami d'enfance avec Gérard Aubert. J'habitais rue Grimaldi, et le Calypso, le bar de son père, c'était le lieu de rendez-vous. On se retrouvait là, on jouait au water-polo le soir, il y avait une super ambiance. On était 4 copains d'enfance, avec Jacky Gaggino, Jean-Claude Degiovanni, Gérard et moi. On était plus ou moins tous de la même année et on habitait tous au même endroit. On avait monté une équipe de foot au Calypso, mais Jacques ne jouait pas. Il avait un chien, qui s'appelait Bobby, il buvait la bière. Jacques l'appelait, il venait, et il lui donnait la bière et le chien aimait ça ! 

 Quels sont vos souvenirs avec lui ? 

Quand je pense à lui, je pense à son bateau, l'épave, qui avait brûlé sur le port. Ce blockhaus où on allait souvent où il était toujours en train de bricoler. On trouvait de tout dedans. Il y avait beaucoup d'amphores. Je le voyais au bar, au Calypso, et il partait à son blockhaus, parce qu'il donnait sur la terrasse du Calypso. Après sa mort, les parents de Gérard l'ont récupéré pour en faire la réserve du bar. Il nous emmenait au ski, à Auron, dans sa vieille 4cv verte. Je me rappelle qu'il avait sauvé quelques vies humaines, des gens qui étaient en train de se noyer. C'était un type adorable, toujours disponible, qui bossait très bien. 

Il y aussi l'histoire du radeau ? 

On était tout jeune. C'était avant que Jacques décède. On devait avoir 13 ans et on avait construit cela dans la cour de chez moi. Jacques nous avait conseillés. On avait pris des bidons rouges de 150 litres. A l'époque il n'y avait pas de portable ou d'ordinateur, on trouvait de quoi s'amuser avec un rien. Il était grand comme la table qui est là (il nous montre sa table de travail dans son atelier de peinture). On l'a monté, mais on n'arrivait pas à le sortir par la porte parce qu'il était trop grand. On a donc dû le démonter en partie, pour le remonter dans la rue. On l'a ensuite porté à 4 jusqu'au port en passant par la rue Grimaldi. 

 Il a flotté ? 

On avait mis des anses, comme si on avait un brancard. Une fois dans le port, on a installé la voile, c'était un drap que j'avais piqué à ma mère. Il n'a servi à rien, mais ça faisait très radeau de la méduse. On pouvait naviguer et pour nous, traverser le port, c'était un peu comme traverser la méditerranée. On l'avait amarré dans un coin du port, et un beau jour, il n'y était plus. J'étais parti en vacances une dizaine de jours et à mon retour, Gérard m'a appris la disparition du radeau. On avait dû nous l'embarquer.

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