Des records en pagaille pour le Monaco Run

Un record du monde, un d'Europe, quatre nationaux, on peut dire que le Monaco Run 2020 est déjà dans les annales. D'autant que, niveau participation, là aussi les voyants sont au vert.

Des sourires. Un notamment. Celui d'un homme ayant tout donné. Celui d'un coureur tout frais détenteur d'un record du monde et auteur d'une course incroyable. Celui d'un homme, aussi, qui a tenu parole. Quelques jours avant la course, Joshua Cheptegei avait annoncé la couleur. Courir ce 5 km sous la barre des 13 minutes. De quoi en faire sourire certains. Mais le bonhomme a été aussi vif que l'éclair. "Dès les premiers 500 mètres, on a su qu'il allait battre le record du monde", glisse Didier Boinon, le directeur du Monaco Run. 

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Alors que Cheptegei approche du tapis rouge de l'arrivée, une banderole se déploie. Le compteur défile, et les 13 minutes se rapprochent. Mais l'Ougandais ne les verra pas. Alors qu'il passe la ligne fatidique, le chrono affiche un hallucinant 12'51 ! Soit 27 secondes de mieux que le précédent record du monde, détenu par Rhonex Kipruto (13'18). 

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"On peut dire que c'était magique. J'étais curieux de voir comment j'allais débuter 2020 parce qu'il s'agissait là de ma première course de l'année. Maintenant, j'espère courir de plus en plus vite", a lâché Cheptegei quelques minutes après son succès. 

Gressier, dans les pas d'un géant, Westphal recordwoman de France

Il n'y avait pas que le nouveau recordman du monde sur cette édition 2020 du Monaco Run. Le plateau de la course élite était d'ailleurs assez relevé. Il suffit de jeter un œil au casting et aux chronos qui accompagnent toute la bande (Les quatorze premiers hommes sont sous les 15 minutes). Jimmy Gressier, l'étoile montante du demi-fond français, était l'autre grande attraction de ce 5 km masculin. Et il a largement fait le job, terminant 2e avec une marque à 13'18. "Il a pulvérisé le chrono de Wanders de l'an dernier (13'29)", précise Didier Boinon à propos du jeune homme. 

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"J'avais Cheptegei en ligne de mire, je savais avant la course qu'il était au dessus, mais c'est motivant de le voir devant parce qu'on se dit qu'on est forcément sur un bon chrono si on l'a en visuel. Je savais que ça allait être difficile, mais je voyais que ça tenait et finir avec 13'18, c'est merveilleux", commentait de son côté le natif de Boulogne-sur-Mer. 

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Autre frenchy en lice, Liv Westphal, nouvelle recordwoman de France, avec une marque à 15'31. Si la jeune femme s'est avouée un peu déçue à l'issue de sa course, elle a tout de même réussi à se réjouir de sa performance. "Ça s'est relativement bien passé, je bats le record de France féminin, je suis moyennement contente de mon temps, mais il faut que je relativise, on est qu'au début de l'année. On ne crache pas sur un record, de France, je visais un peu mieux mais il faut parfois savoir se contenter de ce qu'on a", a-t-elle ainsi confié à l'issue de sa course. 

Du monde pour le Run

Si les têtes d'affiche ont logiquement attiré l'attention, il ne faut pas oublier que le Monaco Run, comme toute course, reste avant tout un événement populaire. Et de ce point de vue-là, l'organisation a de quoi se satisfaire (984 concurrents en tout). "On est nettement en hausse (par rapport à l'an dernier).  On a doublé sur le 5 km. Il faut dire que les pointures font que les gens s'intéressent à la course. Le City Trail, ce n'est pas simple à mettre en place, on a encore des choses à apprendre, on n'a pas trop communiqué dessus, mais on fait quand même 20-25% de plus," détaille le directeur de course.

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Car le Monaco Run, c'est un mix de trois épreuves. D'abord, le samedi, le 1 000 m, calqué sur le principe des 1 000 m Herculis, même si là, tout le monde court sur le port. Des 1 000 m ayant d'ailleurs vu leur parcours repensé cette année. "On a changé de formule à cause des travaux qu'il y a au bout de la route de la piscine. On est resté sur le quai supérieur, donc on a mis en place des boucles pour atteindre la distance et on s'est rendu compte que c'était bien mieux", raconte Didier Boinon, qui souligne également le succès du City Trail (10 km).

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"C'était le même parcours que l'an dernier à part une ou deux modifications. On va réfléchir à une évolution de cette épreuve qui grandit seule assez facilement, ça plait beaucoup ailleurs, car visiter la ville en courant, c'est très sympa et passer par les escaliers et les jardins, c'est aussi ce que recherchent les coureurs." Des coureurs souvent aiguillés par les bénévoles (environ 150 mobilisés sur l'ensemble du week-end) afin de ne pas se tromper. "C'est nécessaire pour que le parcours soit bien visible, car il faut des fois bloquer une route, un escalier, donc il faut faire attention. Le trail, c'est un travail énorme", rappelle Didier Boinon. 

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Et à voir la multitude de sourires derrière la ligne d'arrivée, on aurait tendance à dire que la manifestation a satisfait son monde. "On a même certaines personnes qui ont terminé avec trois médailles après avoir pris part aux trois courses ! L'an prochain, nous allons revoir un peu le parcours du 5 km, qui sera plus agréable et plus facile, avec des virages qui vont disparaitre. On prépare au mieux les installations et on laisse faire le sport." Tout est dit.  

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