Encore et toujours des records pour Herculis

Pour sa 34e édition et malgré un contexte mondial délicat du à la pandémie de Covid-19, le meeting Herculis, première étape de la Diamond League cette année, a réuni un plateau d'athlètes de grandes valeurs. Avec plusieurs records à la clé. Et notamment un 10e record du monde battu sur le sol monégasque.

Il faut croire que, à l'instar d'une célèbre boisson énergisante, Monaco donne des ailes. Si Armand Duplantis a plafonné à six mètres, ne réussissant pas à battre le record en extérieur de Bubka avec trois tentatives avortées à 6, 15 (record à 6,14 en extérieur), nombre d'athlètes ont brillé sur la nouvelle piste monégasque. A commencer par un garçon au sourire communicatif et aux jambes de feu.

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Chepteguei, Monaco sa terre de records

Et de dix. Certains coureurs sont capables de prouesses. D'autres, de performances allant encore au-delà. Il faut croire que Joshua Cheptegei est de ceux là. L'Ougandais avait encore de la force pour un tour d'honneur, drapeau sur le dos, après sa course. Mais il avait de quoi aller puiser dans ses dernières forces pour s'offrir ce petit moment de bonheur et de communion avec le public. Car ce dernier, moins nombreux qu'à l'accoutumée, l'a poussé du mieux possible dans les derniers instants de ce 5 000 mètres. On a même cru un moment qu'il allait lui manquer une paire de secondes pour y arriver. On a redouté la chute. Mais non. Joshua Cheptegei est bien parti pour écrire une belle page de l'histoire de son sport. 

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Après un premier record du monde à Monaco sur 5 km route (Monaco Run 2020), l'Ougandais a récidivé, ce coup-ci sur piste. Auteur d'une course XXL, il a longtemps vu Kimeli le suivre, mais ce dernier n'a pas résisté à l'attaque dévastatrice de Cheptegei. A l'aube de son dernier tour, il avait une minute devant lui pour franchir la ligne. Il a su la mettre à profit pour s'imposer, mais surtout battre le record du monde avec un temps de 12'25"36, jusque là détenu par Kenenisa Bekele (12'37"35). "Je pense que Monaco est un endroit spécial et c'est un de ces endroits où je peux battre des records. Ça a demandé beaucoup d'efforts pour rester motivé cette saison, mais je me suis motivé, j'avais le bon staff avec moi, le bon coach. Je suis habituellement basé en Europe, mais m'installer en Ouganda avec ma famille a été une bonne chose. Je vais pouvoir célébrer ce record une fois rentré."

Warholm, cadeau record

Il avait fait de sa venue un cadeau pour le meeting manager. Et le Norvégien ne s'est pas moqué de lui. Dans une course taillée sur mesure pour lui, le champion du monde du 400 m haies n'a pas blagué. Pas du tout même. Survolant la piste et les obstacles devant lui depuis son couloir 7 (son préféré), il a un peu plus inscrit son nom dans l'histoire de la discipline et battant le record du meeting en 47"10, mais en inscrivant également sa performance dans le top 10 de tous les temps. 

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De quoi lui tirer un large sourire à l'issue de l'épreuve. "Je suis très heureux, je me sens très fort et aujourd'hui j'ai réussi un bon finish, je suis assez content de ça. Le temps est très bon pour un début de saison. Je suis content d'être de retour", a-t-il sobrement commenté à l'issue de sa course. 

Obiri prend le record du meeting

On attendait Sifan Hassan. On a surtout vu Hellen Obiri. Dans un 5 000 m féminin très rapide, trop rapide pour la Néerlandaise, obligée d'abandonner à quelques encablures de l'arrivée (moins de 1 000 mètres), la Kényane a pris la lumière. Dans un groupe de 4 à 5 tours de l'arrivée, elle a petit à petit pris le lead pour finalement placer une accélération létale devant Letesenbet Gidey au virage des 200 mètres. L'Éthiopienne ne peut suivre et voit Obiri, double championne du monde en titre de la discipline, s'envoler vers la victoire. 

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Avec, à la clé, un record du meeting et une meilleur performance mondiale de l'année (ainsi que le record national) en 14'22"12. Une performance d'autant plus belle que la spécialiste du fond admettait elle-même après la course ne pas être dans sa meilleure forme. "C'est incroyable pour moi car je ne suis pas dans une très bonne forme actuellement, je pensais être capable de courir en 14'40, donc c'est une vraie surprise pour moi."

Kipyegon, la Diamond League est à elle

"Je me sens vraiment heureuse de courir à nouveau et après tout ce que nous avons traversé, c'était une bonne course aujourd'hui." Il faut dire que Faith Kipyegon avait de quoi être heureuse à l'issue du 1 000 m féminin. La vice-championne du monde 2019 du 1 500 m (et championne du monde 2017 et olympique 2016) a livré un superbe 1 000 m pour signer la deuxième meilleure performance de tous les temps sur la distance. 

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Et à l'en croire, l'adversité l'a poussée à courir toujours un peu plus vite. "Avoir Laura si près de moi m'a aidé à me surpasser. L'entraînement en isolement a été très dur, s'entraîner seul avec les pistes au Kenya toutes fermées était compliqué mais j'ai réussi à m'entraîner un peu et je suis vraiment heureux de gagner ce soir."

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Des MPM en pagaille

Il fallait s'en douter. Avec un premier meeting de l'année en Diamond League, ce sont 11 meilleures performances mondiales de l'année qui ont été établies. Dans le détail, cela donne Joshua Cheptegei donc (5 000m - 12'35''36), Noah Lyles (200 m - 19''76), Lyna Irby (400 m - 50''50), Donovan Brazier (800 m - 1'43''15), Faith Kipyegon (1 000m - 2'29''15), Timothy Cheruiyot (1 500m - 3'28''45), Hellen Obiri (5 000m - 14'22''12), Soufiane El Bakkali (3 000 steeple - 8'08''04), Orlando Ortega (110 haies - 13''11), Karsten Warholm (400 haies - 47''10) et Armand Duplantis (perche - 6m)
De quoi rendre le meeting monégasque encore plus brillant.