"L'humilité est une vertu"

Sophia Tsouvelekakis est la directrice de Brooks Brothers à Monaco. Mais avant de venir au prêt-à-porter, celle qui est également ambassadrice de la Grèce pour la Femme de l'année, s'est essayée au sport de bon niveau. Avec une certaine réussite.

Si le terme ''businesswoman'' va bien à quelqu'un, c'est bien à Sophia Vaharis Tsouvelekakis. Née à Athènes, elle a suivi des études de marketing en Suisse. Mariée à Konstantinos, lui aussi entrepreneur de génie, ils comptent à eux deux plus de 2 500 employés à travers le monde, dont à Monaco où ils gèrent la boutique Brooks Brothers (au Yacht Club de Monaco), la mythique marque de vêtements américaine. Mère de Elya, étudiante en marketing, et de Spyros étudiant à l'IUM de Monaco, mais également manager d'Ekka Monaco (charter / yacht broker). Elle est Businesswoman, mais pas seulement. Le sport qu'elle a pratiqué à un certain niveau est venu alimenter, s'il le fallait, une vie déjà en surrégime. Portrait version sport de ''Madame Sophia'', présidente de la communauté hellénique de Monaco.

Quelles activités sportives avez-vous pratiquées ?

J'ai fait du tennis, du ski alpin, du ski de fond, du ski nautique. Et aussi de l'équitation qui est, je crois, un sport unique étant donné qu'on a une relation avec un animal. J'ai aussi essayé le golf, mais je n'ai pas accroché. Et à l'âge de 16 ans, j'ai suivi le Rallye de l'Acropole (rallye de Grèce, étape WRC jusqu'en 2013, déclassé en ERC depuis 2014) en suivant un équipage depuis une voiture et un hélicoptère. Mon père courrait également dans les années 50-60 et a fait ce rallye à bord d'une Alfa Romeo Giulietta, donc je pense que, quelque part, c'est une part de mon ADN. Après mon arrivée à Genève pour mes études, j'ai conduit toutes sortes de voitures. Avec des amis, on partait tous les week-ends courir sur des circuits aux alentours de Genève à bord de voitures telles que des Audi Quattro, Porsche 924, Lamborghini Countach, Ferrari Mondial ou des Formule 2 et 3.

Vous faisiez cela régulièrement ?

Toute la semaine, on attendait que le week-end arrive. Je me souviens que l'on mettait un bout de fer entre l'embrayage et le frein pour passer plus rapidement les vitesses. Un jour, une société de voiture, le Too Mad Cars, de Plan-les-Ouates (en Suisse), nous a proposés à mon ami Sheriff El Sakkaf et moi-même de nous sponsoriser pour les 24 heures de Chamonix sur glace. On a loué une Lancia Intégrale groupe N du Rallye Monte-Carlo avec tout l'équipage. Too Mad Cars nous payait l'essence, ils étaient notre seul sponsor et nous avions collé leurs stickers sur notre casque et sur la voiture. Comme nous étions étudiants à la Webster University de Genève à cette époque, nous avions aussi collé des affiches partout pour qu'un maximum de nos camarades viennent nous soutenir. C'était vraiment drôle de voir tout le monde arriver et commencer à crier, comme s'ils étaient à un match de football. 

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Comment s'est passée cette première sur glace ?

C'était un relais et il y avait donc un changement de pilote à faire dans la voiture. Mais comme Sheriff était plus grand que moi, je perdais toujours de précieuses secondes à régler le siège à ma taille. Malgré tout, nous avons réussi à terminer à la 8e place sur 23 concurrents. En sortant, tout le monde nous a jeté de la neige et j'ai pensé, ''Zut, j'ai manqué mon entrée". Mais on m'a ensuite expliqué que c'était une tradition, une façon de souhaiter la bienvenue aux nouveaux dans le monde de la glace et quelques minutes après, j'ai signé mon premier autographe. 

Quelles ont été vos autres expériences au volant ?

J'ai passé un week-end sur le Paul Ricard où j'ai roulé en Formule 3. J'ai ensuite écrit un livre sur la première femme remportant un championnat de Formule 1. J'ai d'ailleurs utilisé pour cet ouvrage les vrais numéros de deux années de course entre Alain Prost et Ayrton Senna. Il y en a eu trois éditions mais jamais en français. Puis j'ai essayé le tir au pistolet.

Quels ont été vos meilleurs résultats en compétition ?

Il y a donc eu cette 8e place aux 24 heures sur glace de Chamonix en 1988. Pour le tir au pistolet à air comprimé, j'ai participé à un concours national dont j'ai terminé à la 3e place par équipe féminine. Nous avons obtenu une note de 1030/1200 et 310/400 en 2004.

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Quels sont les sportifs qui vous ont le plus marquée ?

En 1987, l'équipe nationale grecque de basket a remporté le championnat d'Europe. L'Euro avait d'ailleurs été organisé en Grèce, au Peace and Friendship Stadium (Le Pirée). Je me souviens que Nikos Galis a été élu MVP (meilleur joueur) du tournoi et a fait son entrée au Hall of Fame. Toute cette équipe était composée de braves athlètes. C'est à ce moment-là que les Grecs ont vraiment découvert le basket et continuent, depuis, d'exceller dans cette discipline. Il y a également eu la sélection grecque de football en 2004 qui a remporté l'Euro (au Portugal). C'était la folie totale en Grèce, tout le monde pleurait de joie, personne ne s'y attendait, pas même les joueurs, à remporter ce trophée. Certains des joueurs avaient même prévu leur mariage avant la finale, persuadés qu'ils rentreraient plus vite au pays ! 

Qui d'autre ?

Il y a eu les athlètes médaillés lors de Jeux Olympiques. Je pense à Voula Patoulidou (or sur 100 m haies à Barcelone en 1992), Ioannis Melissanidis (or au sol (gymnastique) à Atlanta en 1996), Nikos Kaklamanakis (or en planche à voile à Atlanta en 1996), Fani Halkia (or à Athènes en 2004 sur 400 haies), Sofia Bekatorou (or à Athènes en 2004 en voile), Eleftherios Petrounias (champion olympique aux anneaux à Rio en 2016), ainsi qu'au triple champion olympique d'haltérophilie Pyrros Dimas (Barcelone, Atlanta et Sydney en 2000). C'est la troisième fois que le pays s'est retrouvé en pleurs devant la télévision. 

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Suivez-vous particulièrement Stefanos Tsitsipas, le tennisman grec résident en Principauté ? 

Le tennis a toujours été un sport que nous aimons en Grèce. On avait d'ailleurs Aggeliki Kanellopoulou, qui était 47e mondiale en 1987, puis Eleni Daniilidou, 14e mondial en mai 2003 après avoir remporté 5 titres en simple et 3 en double. Et on a aujourd'hui Stefanos Tsitsipas, 6e mondial et Maria Sakkari, 23e mondiale. C'est la première fois que nous avons un garçon et une fille au même niveau professionnel et ils ont tous deux joué en double mixte à la Hopman Cup, à Perth, en Australie, compétition au cours de laquelle ils ont battu le double Roger Federer et Belinda Bencic. Nous sommes très contents de les avoir ici parmi nous et sommes d'ores et déjà prêts pour le Rolex Monte-Carlo Masters 2020 ! 

Quels sont pour vous les trois plus grands sportifs de tous les temps ?

Ce n'est pas une question à laquelle il est facile de répondre. Chaque époque est différente. Je dirais Ayrton Senna pour son talent mais surtout pour sa passion, même si je supportais, à cette époque, ''le professeur'', Alain Prost. Il y a également Tiger Woods, lui aussi pour son talent, bien entendu, mais aussi car il a permis au golf d'être un sport mieux connu du grand public. Je me souviens aussi que Chris Rock (acteur afro-américain) disait à l'époque "Quelque chose a dû changer en Amérique. Notre meilleur golfeur est noir (Tiger Woods) et notre meilleur rappeur (Eminem) est blanc". Enfin, pour moi, Pelé reste le meilleur de tous. Ce n'est pas seulement le talent, il y a également l'humanisme, l'élégance, une vie exemplaire. Et nous partageons quelque chose lui et moi, car nous sommes tous deux dans le Guinness Book des records (en 2013 à Athènes, elle a établi le record du nombre d'étiquettes de vin et champagne avec 16 700 unités issues de 60 pays différents). 

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