Debout pour sa planète

Sébastien Uscher a longé toute la côte en paddle, de Monaco à la frontière avec le Var, dans le but de ramasser des déchets et sensibiliser le monde à sa démarche. 

Sébastien est parti un matin sur son paddle. Son but ? Traverser les Alpes-Maritimes, voguant le long des côtes, tout en ramassant des déchets. Ce défi qu'il s'est lancé n'est pas sa première bataille. Et Sébastien Uscher commence d'ailleurs à être un habitué de ce genre de choses. Même si les causes ne sont pas toujours les mêmes. "Chaque année, j'essaie de me lancer un nouveau défi sportif, avec un projet qui me dépasse un peu", glisse-t-il. Pour 2019, c'est donc du côté de l'environnement que la balance a penché. Cependant, il l'assure, Sébastien n'est pas un "écolo". "J'ai bien conscience qu'on ne peut plus vivre comme ça, qu'il faut changer nos modes de consommation. Je reste un consommateur, je vis comme tout le monde, mais je me suis aussi dit qu'il était à nous, citoyens normaux, de prendre les décisions aujourd'hui et d'incarner ces changements. On peut vivre heureux sans surconsommer."

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Un double défi

Quoi de mieux donc, pour sensibiliser le monde à sa cause, que de partir seul à l'aventure sur son paddle. D'autant que, pour rendre les choses plus compliquées encore, Sébastien Uscher est parti sans argent, ni boisson ni nourriture. "J'ai lancé la page facebook "Stand Up for the planet" parce que pour ramasser 30 000 déchets, il fallait du monde, et j'ai annoncé partir sans argent, que je comptais sur les gens pour manger, boire et dormir. On peut se rendre compte que l'individualisme, c'est quelque chose dont on parle beaucoup mais il y a énormément de gens collectifs qui veulent aider et beaucoup m'ont contacté pour me demander où je serai afin qu'ils m'emmènent à boire, à manger ou me loger", explique Sébastien Uscher. 

Sans doute plus facile que de se lancer sur un paddle. Si le bonhomme est un adepte de la course à pied et du triathlon, il n'a pas pour autant le pied très marin. Il faut dire que ses origines ne l'aident pas en ce sens. "J'avais besoin de sortir de ma zone de confort. Je suis Auvergnat, donc je ne suis pas forcément très à l'aise sur l'eau, même si j'adore le paddle", glisse dans un sourire celui qui est parti depuis le Larvotto devant sa femme et son fils. 

Des kilomètres à la rame

Coup du hasard, ou pas, le jour J est tombé au même moment que le "Water Safety Day", organisé par la Fondation Princesse Charlène. Et c'est par l'intermédiaire de l'apnéiste monégasque Pierre Frolla que Sébastien a pu prendre le départ devant une centaine d'enfants et la Princesse Charlène. "Ça a été quelque chose de très fort en émotions. Les enfants se sont intéressés au projet, et partir devant la Princesse, ma femme, mon fils, c'était tellement fort." Quelques coups de pagaie et voilà Sébastien en route pour 4 jours de traversées. 

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Sur l'eau quatre à cinq heures quotidiennement, celui qui est responsable dans un magasin d'une grande enseigne sportive a parcouru quelques 76 km à la rame pour rallier la plage de la Figuerette au Trayas (commune de Saint-Raphaël). S'il a eu besoin de moins de coups de pagaie que le laisse supposer son slogan (30 000 déchets pour 30 000 coups de pagaie), il en a tout de même donné plus de 26 000 pour rejoindre le Var. Mais il n'a pas toujours été seul en mer. "Les deux premiers jours, j'étais assez seul. Le troisième, des gens sont venus ramer avec moi, juste pour quelques kilomètres. Ça m'a redonné beaucoup d'énergie. On a fait du paddle ensemble, on a ramassé des déchets ensemble. Je dois dire que je suis presque plus marqué par les échanges que par le défi sportif", confie d'ailleurs Sébastien.

Rencontres et partage

Que ce soit avec les bateaux qu'il pouvait croiser au large, pour leur expliquer sa démarche, mais aussi leur demander à boire et à manger, ou avec les contacts faits sur les réseaux sociaux, Sébastien a pu compter sur le soutien d'une très large communauté rassemblée autour de son projet. Seul, il n'aurait pu ramasser les 30 000 déchets constituant la base de son défi. Et le groupe Facebook "Stand up for the planet" a bien aidé. Une communauté s'est formée autour de l'initiative de l'Auvergnat. 

Ils sont 800 à avoir répondus à son appel et à avoir ramassé des déchets tout au long de ces 4 jours, les postant inlassablement sur le groupe. De quoi donner de la force à Sébastien dont l'initiative a trouvé un écho dans toute la France, mais aussi au-delà, "en Espagne et en Italie. Ces quatre jours ont vraiment été riches en émotions, notamment au niveau des rencontres." Et s'il en est deux qu'il gardera en mémoire, ce sont bien celles avec les moines de l'abbaye de de Lérins, sur l'île de Saint-Honorat, ainsi qu'avec les membres de l'association Paddle Cleaner. "Les moines sont sur les réseaux sociaux et nous avons échangé comme cela. C'est une rupture totale, l'île est à 20 minutes de bateau de Cannes et ce moment avec eux m'a permis de comprendre plein de choses, notamment de me dire qu'il ne faut pas me soucier de ce qui va arriver, mais simplement de faire les choses à mon niveau." 

Autre rencontre, le groupe "Paddle Cleaner", "une association qui s'investit pour essayer de nettoyer les plages et sensibiliser les gens au fait qu'il ne faut pas jeter trop de déchets, de mégots, de cigarettes dans les dévidoirs, etc." Avec plus de 32 000 déchets ramassés au cours de ces 4 jours, Sébastien et la communauté qui l'a suivi ont montré qu'il est possible de changer les choses en agissant chacun à son niveau. "Il ne faut pas attendre les autres pour incarner le changement qu'on veut voir dans le monde."

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