Cinq semaines en ballon

Du 4 août au 10 septembre dernier, les président et vice-président des Aéronautes de Monaco, Alain Cruteanschii et Guy Bouckaert, accompagnés de leurs fils, ont effectué un tour de France de cinq semaines. Partis avec leur ballon écologique Jeeper, ils ont marché sur les traces du célèbre roman de Jules Verne.

Tout est parti de l'envie de s'évader, après des semaines de privations. De profiter de la liberté retrouvée pour s'envoler, voir du pays et rendre visite à famille et amis. "L'idée m'est venue pendant le confinement. Le Tour de France cycliste a été reporté et je me suis dit : 'moi aussi j'ai envie de faire le tour de France'. Cela n'avait jamais été fait", explique Alain Cruteanschii, le président des Aéronautes de Monaco, à l'origine de cette aventure. "Avec les restrictions de voyage, tout ce que nous avions prévu à l'étranger a été annulé. On voulait donc renouer avec l'Hexagone et prendre trois, peut-être quatre semaines pour le faire". De quatre à cinq semaines, il n'y avait qu'un pas - vite franchi - pour faire un clin d'œil symbolique au roman de Jules Verne. 

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"Et ça nous laissait un peu de latitude pour jongler avec la météo", ajoute le président, pour qui l'objectif était de décoller de chacune des cinq grandes zones géographiques françaises. "L'idée était de faire un tour de France, assez homogène et représentatif, par voie terrestre et de voler à chaque fois que l'occasion se présentait. Une montgolfière n'a pas de moteur, et donc ne se dirige pas. On va là où le vent nous mène", rappelle le pilote, parti avec son vice-président Guy Bouckaert, et leur fils respectifs Alix et Malo, âgés de 20 et 15 ans, avec qui ils partagent leur passion. 

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"Le fils de Guy n'a que 15 ans mais il est déjà élève pilote ULM et il commence sa formation de pilote de ballon. Mon fils, lui, vient d'avoir sa licence, donc il a beaucoup piloté aussi", précise le président qui, au fil des escales, a vu bon nombre de membres du club les rejoindre et fait de belles rencontres. 

A la découverte de lieux d'exception

Les grandes lignes de leur périple tracées, il ne restait plus qu'à s'élancer. Partis avec deux véhicules – "un Mercedes Vito pour la logistique et un Ford Ranger avec une remorque", le quatuor se rend à Lorgues, dans le Var, pour le grand départ, prévu le 4 août. "On voulait absolument décoller de chez Bruno, l'un des plus grands restaurants de truffes au monde. Ils ont un restaurant magnifique, on a pleuré tellement c'était bon. On a fait un vol captif le soir (attaché par des câbles) et un autre, libre cette fois, le lendemain matin. Cela n'avait jamais été fait et je comprends pourquoi. C'était un vol intéressant techniquement. Il y a beaucoup de petits champs surplombés par des fils électriques. On a volé pendant 1 heure 35 avant de trouver un endroit où atterrir. C'est un endroit très difficile où voler, c'est peut-être le premier et le dernier vol qu'on fait de là-bas", explique Alain Cruteanschii, qui a ensuite mis le cap sur Tallard, dans les Hautes-Alpes, son lieu d'attache pour quelques jours, le temps de profiter de la beauté des montagnes.

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"Nous avons fait un vol au-dessus du Lac de Serre-Ponçon, magnifique, puis un autre au départ de Forcalquier, qui est un très bel endroit aussi et où nous ont retrouvés des amis professionnels, France Montgolfière, et enfin un vol à Gap". Puis direction Annonay, en Ardèche, entre Valence et Lyon, la ville natale des frères Montgolfier. "On voulait absolument voler là-bas. Annonay est le berceau de la montgolfière, c'est là que l'aviation est née". Des lieux chargés d'histoire, le quatuor en a découvert quelques-uns au fil de son périple. Notamment en Bourgogne, où il s'est réfugié, après avoir dû faire l'impasse sur la région lyonnaise à cause du temps. 

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"On a fait des vols extraordinaires. On a pu s'envoler du château de Berzé qui abrite une citadelle médiévale très peu connue. On était accompagné du châtelain, qui nous a aussi fait visiter le château", relate le pilote. "On a également fait une pointe sur l'Allier (à une centaine de kilomètres) parce qu'on a eu l'autorisation exceptionnelle de partir du château de Palice. On est aussi parti au milieu des vignes à Charnay-Lès-Mâcon", raconte Alain, des étoiles dans les yeux. Un seul regret, ne pas avoir pu décoller depuis l'abbaye de Cluny. "On a été très déçus parce qu'on avait eu la permission mais on n'a pas eu la météo. On a attendu deux jours mais, au bout d'un moment, il a fallu qu'on parte".

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