Naissance de titans

Grand Prix de Monaco

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Avec une machine à remonter le temps, nous pourrions revenir à une époque aujourd'hui représentée en noir et blanc. Une époque où Monaco n'est pas encore la Principauté que l'on connaît et où le sport automobile balbutie encore. Le rallye existe depuis quelques années (1ere édition en 1911) quand le Sport Automobile et Vélocipédique de Monaco devient l'Automobile Club de Monaco (25/03/1925). Dirigé par Alexandre Noghès, le club doit intégrer l'ancêtre de la Fédération Internationale Automobile (FIA), alors appelée Association Internationale des Automobiles Clubs Reconnus (AIACR).

 Et c'est son fils, Anthony, commissaire général de l'ACM, qui est chargé d'en porter la candidature à Paris. Mais la réunion ne se passe pas comme espéré et tourne au désavantage de la Principauté. Noghès rentre alors, furieux, jurant qu'une course automobile d'envergure mondiale se tiendrait bientôt sur le sol monégasque. Car c'était là le point d'achoppement principal bloquant l'admission de l'ACM au sein de l'AIACR. Un parcours dans la villeLe commissaire général de l'ACM se lance alors dans l'élaboration d'un circuit. Un circuit qui dénotera forcément des autres. Et pour cause, il se trouvera en ville. Au cœur de Monaco. Après avoir réfléchi quelques jours à ce que pourrait être le tracé, il le réalise à pied pour se rendre compte physiquement de ce que cela représente. Ses pérégrinations le mènent du boulevard Albert Ier à la place du Casino, du virage du Portier à la route du littoral, du tunnel du tir aux pigeons au quai des Etats-Unis pour un retour sur le boulevard Albert Ier. Le circuit était donc créé. 

Afin de voir si cette projection de son esprit est réalisable d'un point de vue sportif et technique, Noghès prend conseil auprès de deux personnes. Louis Chiron (sportif), premier pilote monégasque en monoplace et Jacques Taffe (technique), sont ceux qui vont l'aider à rendre cela possible. René Léon, de la SBM, assure de son soutien pour le financement de la course tandis que le Souverain, Louis-II, garantit lui aussi son concours. En 1928, Charles Faroux, ingénieur automobile et journaliste, et futur directeur de course du premier GP, rejoint les membres de l'organisation. Accepté à l'AIACR, l'ACM met en place sa course dont le départ est donné 6 mois après son intronisation au sein de l'instance internationale.

318 km en 3h56 de course

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14 avril 1929. La Principauté accueille la crème des pilotes de l'époque. Cependant, un manque à l'appel. Le Monégasque Louis Chiron n'est en effet pas de la partie car engagé à Indianapolis. Course avec laquelle le GP monégasque sera souvent en concurrence. Parmi les bolides présents, on retrouve des Bugatti, des Maserati, des Mercedes, des Alfa Roméo ou encore des Delage 1500 et même une La Licorne. Des marques révolues dans le milieu de la F1, à une ou deux exceptions près. Comme c'est encore le cas actuellement, les essais se déroulent le jeudi et le vendredi. Mais ils ont lieu entre 5 et 7 heures du matin. La F1 n'étant pas encore ce qu'elle est aujourd'hui, ces horaires sont définis afin de ne pas gêner le fonctionnement de la cité alors que le circuit nécessite la fermeture des routes. Sous la pluie du vendredi, seuls 12 pilotes sur les 20 invités décident de sortir. Ils ne seront d'ailleurs que 16 au départ, le dimanche, 4 d'entre eux déclarant forfait avant la course. 

Sur la grille de départ, les 16 pilotes, dont le placement a été tiré au sort, attendent le feu vert. Un feu vert donné par Charles Faroux à 13 h 31 précises. Sur sa Delage, De Rovin cale au départ alors que Lehoux tape des sacs de sable quelques secondes après, cassant une roue au passage. Parti à pied aux stands, il revient vers son véhicule avec deux roues de secours afin de réparer et repartir. Quelques accrochages et réparations de fortune en bord de route émaillent ce premier GP finalement remporté par "Williams" (William Grover-Williams), en 3 h 56 m 11s, parcourant ainsi les 318 km du circuit à une moyenne de 80,194 km. Une première unanimement saluée par la presse (même si les journalistes avaient un temps combattu le principe de course en ville), lançant parfaitement l'aventure de la F1 en Principauté. 

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