Quelques phrases d'armes

Les règles sont différentes pour chacune des armes. Avec un fleuret, on ne peut toucher que le tronc du corps. Avec le sabre, on peut toucher toutes les parties du corps qui se trouvent au-dessus de la ceinture. "Avec l’épée, en revanche, c’est un vrai duel. Toutes les parties du corps comptent. C’est le premier qui touche qui a le point, alors qu’avec les autres armes, l’attaque prime, explique Michel Perrin. Pour l’épée, il n’y a pas de convention, pas de règle." Donc dès sept ans, les jeunes débutent généralement avec le fleuret ou le sabre, dont les maniements sont encadrés et codifiés de manière stricte, et avec lesquels on apprend toute la technique de base. 

"Depuis six ans, nous avons mis en place le "baby escrime". Tous les moins de sept ans peuvent y participer. Ils sont équipés de fleurets et de masques en plastique", précise Robert Prat. "Pourquoi pensez-vous qu’on appelle cela le fleuret ?", coupe maître Perrin. "Eh bien parce qu’à l’époque de Louis XIV, le bout de l’arme était plus gros et rond. Il ressemblait à une fleur. Aujourd’hui, l’extrémité est plus petite et électrifiée, on l’appelle la mouche. C’est moins romantique", s’amuse-t-il. 

Les accros de l’escrime

Les entrainements ont lieu les lundis, mardis, mercredis et vendredis. Entre 17 et 21 heures se succèdent les catégories poussins/pupilles, benjamins/minimes et juniors/seniors. Les athlètes semblaient unanimes sur la passion qui s’empare du tireur, dès ses débuts. "C’est un super sport. L'essayer, c’est l'adopter. Mais il faut aimer se battre parce que c’est un vrai sport de combat", avoue Fabien Biasoli. Il a commencé à pratiquer cette discipline à l’âge de 11 ans, après une initiation à l’école. "J’en ai fait très longtemps. Ensuite, j’ai dû arrêter par manque de temps, mais vous voyez, ce soir, je reprends ! J’ai 38 ans et j’aime toujours autant ça", indique-t-il, tout sourire. Idem pour Fabien Gambino, 30 ans, formé ici et maître d’armes depuis 2004. 

"J’ai découvert l’escrime vers 9 ans, à l’école. Notre professeur était maître d’armes et pendant la pause de midi, il nous initiait. Ça m’a plu et j’ai continué. J’ai découvert les valeurs qu’enseigne ce sport telles que le respect et le dépassement de soi. J’ai découvert que ça permet aux personnes introverties de dépasser leur timidité. Ils sont derrière un masque et osent davantage. En revanche, ça permet aux jeunes un peu foufous de canaliser leur énergie parce que s’ils veulent réussir, ils doivent être concentrés." 

Aujourd’hui, il enseigne à Sylvie, sa mère. "J’ai commencé il y a quelques années, j’avais 47 ans. À Monaco, le club est très convivial. Et même si c’est très technique et que l’on tire contre des confirmés, on arrive à s’éclater. Il y a un vrai respect entre les tireurs, et les confirmés côtoient les débutants."

Et Robert Prat de rajouter : "C’est un sport plein de finesse, de beauté et d’actions, c’est le duel, la guerre. Il faut se battre et on acquiert des réflexes. Même dans la vie ça vous permet de lutter beaucoup plus facilement et de devenir un battant. Il faut en vouloir et pour ça, il faut travailler la technique et le physique, c’est un ensemble. Il faut beaucoup de réflexes et d’anticipation. Il faut arriver à voir, à analyser ce que va faire l’adversaire avant qu’il le fasse. C’est très rapide. La pointe est à 50 centimètres de votre corps. Ce qui prévaut dans l’escrime, c’est la tête, l’intelligence de jeu."

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