A la pointe de l'épée

Les meilleurs tireurs européens étaient réunis à Monaco les 11 et 12 mars à l'occasion du 32e Tournoi International d’Epée de Monaco hommes et du 30e Circuit National Elite dames, organisés par la Fédération Monégasque d’Escrime.

En ce deuxième week-end de mars, point de basket. Dans la salle Gaston Médecin, ce sont des bruits de métal s’entrechoquant et des rugissements gutturaux qui nous accueillent. Une fois n’est pas coutume, c’est au mois de mars que le traditionnel rendez-vous de novembre se déroulait. Il faut dire que les beaux résultats de la Roca Team ont quelque peu compliqué la tâche des organisateurs du tournoi. "Cette année, nous avons eu des difficultés car on ne peut savoir un an à l’avance si le stade sera libre, surtout avec le basket qui a priorité sur sa salle. Nous avons dû essayer de composer avec nos deux calendriers" souligne Georges Prat, le président de la Fédération Monégasque d'Escrime. 

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Face à l'indisponibilité de Gaston Médecin, heureusement, les organisateurs ont pu échanger avec la ville de Soissons "qui fait également un circuit national élite. Ils ont pris notre date et nous, celle de mars". Une modification calendaire qui a sans doute un peu impacté la participation masculine, légèrement moins importante qu’à l’accoutumée. Malgré tout, le rendez-vous monégasque a cette année encore réuni un beau plateau, tant par le nombre de participants, pas moins de 180 tireurs de neuf nationalités différentes, que par leur qualité. Preuve en étaient les Candassamy, Mallo, Jacques-André-Coquin – toutes trois membres de l'équipe de France présente à Rio – les Trevejo et autres internationaux européens que l'on pouvait voir arpenter la salle pendant le week-end.

Pointes et ballets

Dès 14 heures, le samedi, les hommes entraient en piste. 57 tireurs au total, parmi lesquels beaucoup d'Italiens, grands amateurs de ce rendez-vous. Entraîneurs, familles, amis… Gaston Médecin fourmillait tandis que sur les neuf pistes, les épéistes se succédaient. "En garde, prêts ? Allez !", dictait l'arbitre, donnant le coup d'envoi d'un duel aux accents de ballet. Souples sur leurs appuis, les tireurs se jaugeaient, prêts aussi bien à s'engouffrer dans une brèche qu'à contrer une parade. "On peut toucher tout le corps, mais on peut se faire toucher tout le corps également. C'est la difficulté de l'épée. C'est quelque chose de très mental qui nécessite beaucoup de concentration, de technique et qui est également très physique. C'est comme des échecs, mais sur piste", confiait Robert Nylund, jeune junior de l'Escrime et du Pistolet de Monaco, qui faisait ses débuts sur ce tournoi à domicile, en compagnie de ses coéquipiers Paul Nicolaidis, Massimiliano Destro, Serge Perelman et Loïc Fossey, facilement identifiables à leurs chaussettes estampillées Monaco.

Monaco   Homme  Destro

Chaque épéiste affrontait dans un premier temps les membres de sa poule. "Pour les hommes, on fait deux tours de poule sans élimination. Les 57 seront qualifiés pour participer au tableau de 64, un tableau non-complet de 64. Seuls 32 se qualifieront pour le tableau du dimanche", explique le président. Un rythme effréné, qui a fait transpirer bon nombre de tireurs sous leurs masques alvéolés. "Vu qu'on était en poule de 6, à peine finit-on un match qu'on reprend juste derrière. On n'a pas trop le temps de souffler", confirme Loïc Fossey, tout juste de retour sur les pistes après plusieurs années de pause liées à une importante blessure. S'il tenait à participer à ce rendez-vous, son "préféré", "pour une compétition de reprise, j'aurais pu faire plus facile", admet celui qui a quand même fini 31e au classement général, remportant par là même le prix du meilleur Monégasque du Tournoi.

"Touches en or"

Dimanche matin, honneur aux dames, pour qui ce rendez-vous comptait dans le circuit national français et permettait d'engranger des points au classement national. Et Monaco est une étape d'autant plus importante pour elles que son coefficient est conséquent, "justement parce que nous avons de nombreuses étrangères, dont beaucoup très bien classées" rappelle Georges Prat. Malgré quelques bâillements significatifs, l'heure matinale d'appel – Monaco Run oblige – n'aura pas entravé la combativité des 119 tireuses présentes. Parmi elles, Gloria Moirano, la seule femme en lice du club de Monaco, que l'on retrouvait en prise avec Auriane Mallo. "On m'avait dit que le niveau était élevé mais je ne pensais pas être face à des compétiteurs aussi forts. Mais c'était une belle expérience, je n'aurais jamais eu la possibilité de rencontrer de telles adversaires sinon", confie l'Italienne qui vient tout spécialement en Principauté pour s'entraîner. Malheureusement, celle qui pratique l'épée depuis quatre ans n'avait aucune chance de sortir des poules pour intégrer le tableau qui voyait les meilleures épéistes européennes progressivement accaparer les échelons supérieurs.

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 Chez ces messieurs, la compétition devait tout de même réserver son lot de surprises, comme l'élimination inattendue des deux finalistes de l'an dernier en quart et demi-finales. Du côté des dames, difficile de faire un quelconque pronostic au vu du tableau des 16e. Des membres de l'équipe de France, de l'équipe nationale suisse ou italienne… C'est en définitive deux finales 100 % nationales qui ont opposé les Transalpins Federico Bollati et Andrea Baroglio et les Françaises Marie-Florence Candassamy et Mélissa Goram. Deux rencontres au coude-à-coude, dont aucun n'est ressorti gagnant durant le "temps réglementaire". Finalement, c'est grâce à ce que l'on pourrait appeler une "touche en or", lors de la prolongation d'une minute que Baroglio et Candassamy, se sont finalement imposés.

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