Louis Ducruet veut démocratiser le eSports

Louis Ducruet est un jeune homme actif. S'il a rejoint depuis quelques mois le club de Nottingham Forest (Championship - 2e division anglaise de football), il est aussi président de la Fédération Monégasque d'eSports depuis plus d'un an. Gamer averti, il est également un dirigeant désireux de faire avancer sa discipline en Principauté.

Après un premier évènement organisé durant les Sportel Awards 2020, la Fédération Monégasque d'eSports (FME) a lancé son premier Monaco Gaming Show fin décembre. Un événement d'appel pour les années à venir, s'inscrivant dans la logique de développement défendue par Louis Ducruet.

D'où est venu cet intérêt pour le eSport ?

Depuis tout jeune, je suis un ''gamer du dimanche'' (Il rit). J'aime bien regarder les tournois et les compétitions. Voir les autres jouer m'intéresse, notamment pour me rendre compte du niveau. J'ai vu tout ça monter au fur et à mesure et je me suis dit que je pourrais m'y lancer à ma manière. Alors pas en tant que joueur pro, bien sûr (Il sourit), mais de l'autre côté de la scène, c'est pas mal aussi.

Comment s'est faite votre arrivée dans le projet monégasque ?

Ça fait longtemps que je m'y intéresse. J'ai pu noter que ce sport émergeait de plus en plus et j'ai vu une opportunité de m'y engager plus sérieusement lorsque j'ai recroisé la route de Boris (Fedoroff, NDLR). On a discuté de choses et d'autres et dans un moment de détente, on a parlé de nos passions que l'on pouvait avoir et on s'est rendu compte qu'on avait cette passion commune pour le eSports. Je lui ai dit qu'il serait bien qu'on fasse une chose ensemble. Il avait la fédération et le club et on a très vite trouvé un terrain d'entente.

Pourquoi entrer comme président de la FME ?

Ç'a été une décision commune. Boris était président de la fédération et du Monaco eSports Club. Il est resté vice-président de la fédération et on travaille dur depuis janvier 2020, période à laquelle je suis entré en fonctions, et je pense qu'on a bien travaillé. On a réussi de belles choses, avec cette entrée à la fédération internationale, basée à Séoul, et ces deux événements qu'on a organisés ces dernières semaines, en partenariat avec Webedia pour la League of Legends et Nice Cactus pour ce Monaco Gaming Show.

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Que souhaitez-vous apporter ?

Je souhaite démocratiser beaucoup plus le eSports et qu'on ne soit plus vu comme des extraterrestres, mais comme des vrais athlètes, une vraie discipline et montrer qu'on peut faire briller la Principauté au niveau international grâce et à travers le eSports.

Un an après votre entrée en fonction, quel bilan faites-vous de ces premiers mois ?

C'était un travail d'équipe avec la fédération, mais surtout avec Boris, pour l'entrée à la fédération internationale. Il y a eu beaucoup de rendez-vous avec le gouvernement de Monaco pour essayer de démocratiser et institutionnaliser le eSports en Principauté. Montrer les efforts qu'on fait au niveau international et la mise en place de deux événements qui ont été un succès. C'est pour le moment une réussite et c'est de bon augure pour la suite et les prochaines années.

Que représente cette entrée à la fédération internationale ?

Ça apporte de la crédibilité au niveau international pour montrer au monde que Monaco veut se donner les moyens de faire quelque chose dans le milieu du eSports. Montrer, aussi, qu'on est ouvert d'esprit ici, en Principauté, pour voir que Monaco est présent là où d'autres grands pays ne le sont pas encore (à propos de l'affiliation à la FI). Ça montre qu'on est dans le bon timing.

Accueillir cette finale de League of Legends en marge des Sportel Awards a permis de donner un coup de projecteur sur le projet monégasque ?

Oui, car on a pu montrer qu'à Monaco, on pouvait faire de la qualité et concurrencer de grandes capitales européennes pour organiser des événements de cette envergure-là. Ç'a été un succès, les chiffres l'ont montré, l'enthousiasme était présent, que ce soit de la part des acteurs ou des organisateurs, avec Webedia et la LFL qui étaient ravis de leur expérience monégasque. C'est aussi notre volonté de montrer qu'on peut être actif tout au long de l'année à Monaco.

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Quels sont les axes de développement pour le club et la fédération ?

Consolider les événements et tournois, continuer la vie du eSports en Principauté, avec des petits tournois nationaux comme on a pu le faire pendant le confinement et ensuite continuer d'essayer de grandir et pourquoi pas organiser d'autres événements. On souhaite aussi participer à des compétitions internationales pour y représenter Monaco en tant que pays. On aimerait également fédérer tout le eSports de Monaco, qu'il n'y ait pas une structure de eSports qui se sente laissée de côté ou lésée par nous. L'idée est de bien vérifier que tout le monde est au courant qu'il y a une fédération et qu'on est là pour les aider, les soutenir et travailler ensemble.

Le confinement a-t-il pu être un ''boost'' pour le eSports en Principauté ?

Aujourd'hui, avec les connexions internet qu'on a, on peut se permettre de rester à la maison et de ne pas s'ennuyer. Lorsqu'on s'intéresse vraiment au eSports, qu'on soit pratiquant ou observateur, il y avait de quoi faire, avec des compétitions au quotidien. On peut dire que ça a été un boost et de notre côté on a su saisir cette opportunité.

Combien de tournois avez-vous organisés ?

On a fait Fifa, NBA 2K et Call Of Duty. Ensuite, on a clôturé cela avec la course caritative de Sim Racing où on a eu la participation de plusieurs coureurs professionnels, avec notamment Arthur et Charles Leclerc.

Vous disposez également d'une ''gaming house''. Qu'apporte-t-elle à votre projet ?

C'est un grand plus qu'on a aujourd'hui, parce que sur la Côte, aucun club n'a une gaming house comme la nôtre. C'est un vrai plus pour nous, pour pouvoir former les futures générations de e-athlètes monégasques. On dispose d'une dizaine de PC, mais aussi des Playstation, et il y aura des cours comme dans n'importe quelle association sportive où les gens pourront s'inscrire. On respecte les limites liées à l'âge pour les jeux, tout le monde peut venir s'inscrire. On aurait aimé inaugurer officiellement cette gaming house, mais on est toujours rattrapé par une nouvelle vague ou de nouvelles normes qui nous empêchent de faire ça.

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La perspective d'intégrer un jour les Jeux Olympiques doit également être l'un de vos moteurs ?

Oui, c'est un projet qui va nous tenir à cœur. Si on arrive à obtenir une médaille olympique via le eSport, ce serait quelque chose d'assez énorme et d'assez glorifiant pour nous. C'est un objectif, mais on se pliera aux souhaits de l'organisation, du CIO et des fédérations internationales qui vont décider de la marche à suivre.

Quel va être le programme 2021?

Pour le moment, on va chercher à consolider et améliorer les deux événements que nous avons organisés*. Ils ont été de qualité et ont fait du bruit en période Covid, maintenant il faudra voir ce que ça va donner si tout revient à la normale. On va également chercher à organiser d'autres événements à Monaco, accompagner les jeunes Monégasques et faire connaître le eSports aux instances gouvernementales monégasques.

Avez-vous un projet pour les jeunes ?

L'idée sera de les repérer dans la gaming house lors des entraînements. On va aussi lancer la sélection nationale et pour cela il va falloir débuter les séances de repérage pour ensuite définir l'équipe qui représentera Monaco sur les championnats du monde ou les JO.

*Louis Ducruet a annoncé fin janvier que la finale LFL reviendrait à Monaco le 4 octobre prochain.

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