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Championnat régional de Monaco : l’épreuve de force

L'AS Monaco haltérophilie et force athlétique avait mis sur pied un championnat régional de développé couché et bench press au stade Louis-II, en décembre dernier. Une première en Principauté. L'occasion de mettre en lumière une discipline peu médiatisée, défendue cette fois-ci par une quarantaine de participants.

Quelques spectateurs présents dans les tribunes, une poignée de compétiteurs qui y attendent leur tour, le tout sur un fond sonore géré par un DJ dépêché sur place pour l'occasion. Un championnat régional de développé couché et bench press. Face aux tribunes, quelques chaises vides, puis une autre, esseulée. C'est celle du juge arbitre qui donne le top pour la poussée. Autour, deux tables, toutes deux garnies d'autres officiels et arbitres placés autour du banc. Ce même banc où se positionnent les compétiteurs pour effectuer leurs mouvements.

Ces fondus de poids venaient majoritairement de l’arrière-pays varois, partie de la région où se déroulent régulièrement les championnats de force athlétique. Au fond, un rideau cache une certaine effervescence puisque les athlètes venus chercher la performance s'y échauffent avant leur passage. Un esprit de convivialité et d'entraide règne dans cet espace où les visiteurs se font rares.

Un essai pour une barre

Lors des compétitions de développé couché, chaque participant dispose de trois passages auxquels correspondent une barre et un poids différents. "Ce n'est pas comme pour le saut à la perche. Ici, on n'a qu'un seul essai par poids. Si on se rate, la barre est annoncée nulle", précise Olivier Oumailia, le secrétaire général de l'AS Monaco haltérophilie et force athlétique. Avant d'y aller, mieux vaut se tester, comme il l'explique.

"Avant de s'élancer, il faut s'échauffer. L'idéal est de se jauger avec une barre de 5 à 10 kilos de moins que celle que l'on s'apprête à passer pour la compétition. C'est pour cela qu'il y a cette salle d'échauffement, avec un banc homologué pour le championnat. Ce banc, et les autres présents, sont une condition sine qua non pour organiser ce type d'événement." Le moment fatidique arrive à l'appel des officiels. Le compétiteur s'avance alors vers le banc, saluant les arbitres avant de s'installer.

Record

L'installation de l'athlète est un moment crucial. "La prise d'appuis est importante, car ce sont eux qui donnent de la force venant du sol pour repartir et pousser la barre," précise Olivier Oumailia. D'autant que de la force, mieux vaut en avoir quand on entend les annonces de poids. Lors de la première série de passages, c'est le père d'Olivier, Gérard, 63 ans, qui détonne avec une première barre à 160 kilos en développé couché. 

Notons que celui qui concourt en catégorie Master 3 (catégorie des 59-69 ans) est vice-champion du monde et champion de France. Il pousse jusqu'à 170 kilos, la barre à 175 ne passant pas. Mais ce n'est que partie remise pour le futur vainqueur de la catégorie, qui améliore ses stats en bench press quelques minutes plus tard. En validant une barre à 215 kilos, il bat son record de France établi à 210 kilos.

Faute technique

Au fil des passages, la difficulté se fait ressentir, notamment au niveau de l'effort fourni par les participants. Chacun suit un rituel avant sa poussée, allant de la magnésie qui recouvre la paume des mains jusqu'à la prise de position, et les râles lâchés lors des poussées. Pour le deuxième groupe, un changement d'arbitre a lieu. Et pour cause, le précédent passe de l'autre côté de la barrière. On voit alors quelques "anciens" venir conseiller leurs poulains, à la manière d'un Mickey encourageant Rocky pendant son combat contre Apollo.

Mais c'est dans cette deuxième série que les fautes techniques s'enchaînent, sous l'œil d'un arbitre très pointilleux, peut-être même un peu trop. Olivier Oumailia rate d'ailleurs de peu la qualification pour le championnat de France. Une faute sur la troisième barre, celle-là même qu'il fallait réussir. Mais rien n'est perdu, puisque les inter-régions de février pourraient lui permettre de rejoindre son père pour les "France" prévus en mars (bench press) et juin (développé couché).


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Liste des Clubs : ASM Haltérophilie

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