Célia Gabbiani, la force de l'élégance

Ancienne nageuse, Célia Gabbiani partage aujourd'hui son temps libre entre ses entraînements de crossfit à Menton et d'haltérophilie dans la section éponyme de l'AS Monaco. Motivée, la jeune fille s'est battue pour continuer dans cette aventure débutée il y 4 ans.

Il suffit de passer faire un tour sur les réseaux sociaux et de taper son nom pour se rendre rapidement compte de la renommée atteinte par Célia Gabbiani dans le milieu du crossfit. Avec près de 15 000 fans sur sa page Facebook, la jeune femme se fait un nom dans ce monde qu'elle a découvert il y a 4 ans, au détour d'une leçon de conduite. "Lorsque je passais mon permis, j'étais arrivée dans la région quelques mois auparavant et le père de mon moniteur d'auto-école était l'entraîneur du Menton Crossfit, qui était, à l'époque, la 9e box française à ouvrir. J'ai essayé et j'ai beaucoup aimé", nous glisse-t-elle. Pourtant, rien ne la prédestinait réellement à se tourner vers cette discipline sportive venue des Etats-Unis. 

Nageuse et maquilleuse

Originaire de Marmande, dans le Lot-et-Garonne, la petite Célia s'est rapidement tournée vers le sport, même si pour débuter, elle n'a pas forcément choisi sa discipline. "Je ne me souviens pas trop comment ça a commencé, mais je sais que ma sœur voulait nager et j'y suis allée avec elle. Au final, elle a arrêté mais j'ai continué." Après avoir débuté la natation à l'âge de 10 ans, les premières compétitions arrivent vite pour la jeune fille qui, déjà, n'envisage pas le sport autrement. "Dès mes 13 ans j'ai commencé les compétitions et je voulais toujours progresser. Nager pour nager ne m'intéresse pas, moi ce que je voulais, c'était la compétition." 

Déterminée, son départ pour Toulouse à 19 ans ne l'empêche pas de continuer, bien au contraire. Car dans le même temps, où elle passe un CAP d'esthétique, ce petit bout de femme d'à peine 1,57m passe également son diplôme de maître-nageur. Métier qu'elle exerce aujourd'hui, au Monte-Carlo Beach. La vie toulousaine ne dure pas et au bout de 3 années passées dans la ville rose, c'est un nouveau départ qui s'offre à la jeune fille. "Après l'obtention de mon diplôme, j'ai postulé de partout, de la côte Atlantique à la Côte d'Azur. Et c'est la mairie de Monaco qui m'a appelée."

Monaco, de la natation au crossfit

En arrivant dans la région, la jeune fille prend rapidement ses marques et se plaît. "J'aime bien le changement et je me suis plu assez vite ici. Après mon premier boulot saisonnier, je suis donc restée, je me suis fait de nouveaux amis. Et puis j'ai rencontré le crossfit." Dit comme cela, on pourrait penser que la découverte de cette pratique a chamboulé la vie de Célia. Mais c'est bel et bien le cas. "En natation on faisait souvent de la préparation physique générale et ça me plaisait bien. Ma première séance de crossfit était assez simple, mais ça m'a quand même traumatisé", nous lâche-t-elle dans un éclat de rire. Dès lors, il faut mixer entre le crossfit et la natation.

Mais très vite, l'un va prendre le dessus sur l'autre, de façon très naturelle. "Je stagnais depuis 4 ans, je n'arrivais plus à améliorer mes chronos et je voyais que j'arrivais à quelque chose en crossfit donc j'ai quitté la natation. Il faut être ultra rigoureux. Je nageais 5-6 fois par semaine, 5 km par jour, ça prenait beaucoup de temps et ce n'était pas très drôle. J'ai essayé de mixer les deux au départ, mais ce n'était pas compatible du tout. Je devenais trop lourde, du coup j'ai amélioré mes chronos en sprint grâce au crossfit mais en entraînement je ne tenais plus. Et faire du crossfit, mettre des vêtements, parler, être tout le temps pomponnée, j'aimais bien." Car il est vrai que si l'on prête un minimum attention à la jeune fille, on remarque rapidement qu'il y a toujours une touche de féminité sur elle, même si elle est en train de soulever une barre chargée de plusieurs kilos. 

Un nouveau monde

En rentrant dans le milieu du crossfit, Célia Gabbiani a sans doute trouvé ce qui lui manquait jusqu'alors. Une discipline sportive qui lui permette de s'épanouir pleinement, où l'échange fait partie intégrante des entraînements comme des compétitions. "Ça m'a fait du bien de trouver cette convivialité dans ce sport", confie Célia, "c'est comme une petite famille, c'est très ouvert." Une famille où on aime se faire mal, car les entraînements sont hyper intenses. Et très diversifiés, tant les épreuves en compétition peuvent demander des efforts très divers. "Il y a de la gymnastique avec des anneaux, de la marche sur les mains, des pompes en poirier, du cardio, du rameur, de l'asso-bike, de la course à pied et de la force, des haltères, des kettlebells (boules de poids avec une poignée)." 

Preuve de son attachement à sa nouvelle "famille", Célia porte une kettlebell en pendentif. Et rapidement, le crossfit s'est accompagné de l'haltérophilie. Au départ, c'est un besoin plus qu'une réelle envie qui a poussé la Marmandaise à passer les portes de la salle de l'AS Monaco haltérophilie. "J'ai commencé le crossfit en 2012 et j'ai fait ma première compétition au bout de 3 mois. On a vite vu que mes points faibles étaient sur l'haltérophilie. Depuis que je m'y suis mise, j'ai tout explosé. Avant, j'arrivais tout juste à me qualifier sur des Throwdowns, qui sont des compétitions ouvertes en Europe. J'arrivais à être dans la limite ou alors j'étais repêchée. Maintenant que je fais de l'haltéro, c'est différent. En Italie j'ai fait 3e, à Chypre 4e, en Grèce 2e. La compétition de référence est en juin à Paris." 

Et d'après Célia, ses débuts se sont bien passés, même si la technique n'était pas optimale. "Au début, il regardait ce qu'on savait faire mais il nous modifiait presque tout (rire). On savait mettre une barre sur nos épaules mais il y avait plein de choses qui n'allaient pas donc Jean (Canestrier, l'entraîneur de l'ASM haltérophilie) nous a modifié tout ça et petit à petit, comme la technique changeait, automatiquement, on pouvait soulever plus lourd, ce qu'on a pu répercuter sur le crossfit. Naturellement on devenait plus fort." 

Changements et acceptation

Allier crossfit et haltérophilie devait forcément avoir un impact sur le corps de Célia. Des changements qu'elle a vu apparaître assez vite d'ailleurs. "J'ai commencé le crossfit en novembre 2012. En un an, j'ai vu les changements. Je n'ai jamais été trop enrobée, grassouillette. Donc au bout de deux mois, je voyais déjà les trapèzes arriver, la ligne des pecs et un peu les abdos. Au bout d'un an, j'avais vraiment les trapèzes, même les poignets, j'avais augmenté le cran de ma montre et j'ai aussi pris une taille de t-shirt et de pantalon. Je ne porte plus de jean parce que je prends beaucoup des cuisses, du coup je vois que je tiens vraiment de mon père (rires)." 

Si son nouveau corps plaît à la demoiselle, il a fallu un peu plus de temps à certains de ses proches pour l'accepter. Un point qui aurait pu lui faire abandonner le crossfit. "Quand je commençais à changer physiquement, j'ai pensé à arrêter, mais pas pour moi, seulement parce que les gens commençaient à me dire que j'étais trop musclée, etc. Mais depuis que j'ai 10 ans, je ne réussis vraiment que dans le sport. J'aimais le crossfit, je voyais que ça marchait et, même si les gens autour de moi voyaient mon corps changer, je me suis dit allez je me sacrifie, j'y vais. Je préfère avoir un corps de crossfit qu'une nana qui fait de l'endurance ou autre. Je ne vois pas pourquoi une fille musclée ne pourrait pas être féminine (rires). J'ai toujours été un minimum apprêtée, très coquette. Même quand je nageais, j'allais me recoiffer entre deux courses." 

Épanouie dans son sport, les gens qui l'entourent acceptent eux aussi plus facilement les choses, jusqu'à la féliciter pour ses résultats. Car il faut dire que depuis ses débuts, la jeune fille ne cesse d'aller toujours plus loin. Avec un objectif dans un coin de sa tête, aller aux "Regionals". "C'est une étape, il y a les opens, tout le monde les fait, tous niveaux, et les 35-40 premières filles européennes peuvent s'affronter entre elles. Et les 3-4 premières de cette manche partiront aux championnats du monde. Juste prendre part à cette étape qualificative des mondes, ce serait le paradis. Je me suis étonnée cette année, parce que j'ai fini 79e européenne sans être sérieuse aux qualifications. J'ai encore beaucoup à apprendre donc j'espère que l'an prochain, ça va le faire. Je me donne 2 ans. Si je n'y arrive pas, peut-être que je changerai de sport. Je veux voir jusqu'où je peux aller." 

Aujourd'hui suivie par des milliers de personnes, sponsorisée et régulièrement sollicitée pour des photos et autres autographes sur les compétitions, Célia continue de grimper dans sa nouvelle discipline. Jusqu'à en atteindre les sommets ? 

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