Des féminines au top !

L'AS Monaco Haltérophilie dispose d'une équipe féminine hyper compétitive. Avec de très bons résultats cette année, et notamment une qualification en individuel pour les championnats de France pour l'une d'elles, ce groupe a de quoi voir venir.

Qui a dit que l'haltérophilie n'était qu'un sport d'hommes ? S'il est vrai qu'à une certaine époque cette affirmation pouvait se vérifier, la donne a changé depuis quelques années. "Ça devient de plus en plus commun chez les femmes", note Jean Canestrier, le coach de l'AS Monaco haltérophilie. "Les premiers championnats du monde se sont déroulés en 1989 en Floride et les premiers Jeux Olympiques en 2000 à Sidney, donc cela se démocratise de plus en plus." 

Pour preuve, au sein de l'ASM, deux groupes compétition se distinguent. Un de garçons, mais aussi un de demoiselles. "Il y en a huit en tout et on en prend cinq pour la compétition, donc ça tourne un peu quand une ne peut pas se libérer à cause du travail ou des études. Il faut savoir qu'une équipe est toujours composée de quatre filles quand on se rend sur une compétition", précise l'entraîneur. 

Elles s'appellent donc Célia, Jennyfer, Hélène, Céline, Priscilla, Mirja, Lucia ou Elodie et ont toutes pour point commun de venir soulever de la fonte dans les entrailles du stade Louis-II. Mais une bonne partie d'entre elles font également du crossfit. 

Crossfit, élément fédérateur

Erika Tanaka Csm23 Halterophilie 2

C'est d'ailleurs grâce à ça, notamment, qu'elles ont rallié les rangs de l'ASM, sous l'impulsion de Célia Gabbiani. "Célia, qui vient du crossfit Menton, me les a pratiquement toutes emmenées, sauf Céline Radeau, qui tient une box de Crossfit à Roquebrune-Cap-Martin. Le groupe s'est formé il y a peu, ça va faire la deuxième saison, elles sont toutes venues pour progresser sur les gestes purement d'haltérophilie (arraché et épaulé-jeté) qui se font en crossfit", raconte Jean Canestrier. 

Cette double pratique offre des avantages et des inconvénients au coach. Si leur motivation est quasi inébranlable, il faut aussiarriver à les canaliser, tant les deux disciplines sont opposées. Cependant, conscientes du déficit technique qui était le leur, ces jeunes femmes se montrent assidues et très réceptives lors des entraînements, même si elles ne peuvent pas forcément toutes le suivre en même temps. "Elles viennent en moyenne trois fois par semaine. Je leur fais un programme adapté à leur entraînement de crossfit. Comme il y a encore beaucoup de technique à avoir sur les deux mouvements de compétition, on s'axe uniquement sur ces deux exercices. Elles viennent ici pour faire l'arraché et l'épaulé-jeté (voir encadré), parce qu'elles ne peuvent pas le faire à 100% à leur box. Il faut aussi parfois les freiner, parce qu'elles ont tendance à ne pas s'écouter et y aller. A chaque fois, chaque entraînement doit être à fond chez les gens du crossfit. Nous, ce n'est pas ça, il y a des moments à fond, d'autres plus tranquilles. Leur inculquer ça, c'est assez difficile. Après ce sont des battantes, ce qui est caractéristique du crossfit. La motivation y est, le dépassement de soi y est, la sur-confiance en soi aussi."

Motivation et réussite

Erika Tanaka Csm23 Halterophilie 10

En terme de motivation, ce petit groupe de copines n'est pas en reste. Notamment en ce qui concerne leur perfectionnement technique, comme elles le confirment une à une. "J'aime bien la précision dans le mouvement", précise Jennyfer, suivie par Hélène qui souligne l'importance du coach, "il a la patience et peut nous répéter 1 000 fois la même chose, nous regarder et nous corriger." Pour Lucia et Priscilla, qui aiment l'idée "de se mettre dans le rouge, d'aller au-delà de nos limites", l'haltérophilie leur a donc permis d'améliorer leurs performances en crossfit. 

Mais aussi de glaner quelques titres sous les couleurs de l'ASM et de représenter le club à l'international. "Elles sont championnes régionales cette année", annonce fièrement leur entraîneur. "Dans la saison, il faut compter, en France, quatre tours par équipe et à peu près autant en individuel. Et il faut ajouter à cela deux compétitions internationales, une à Tramelan (Suisse), qui se fait en début de saison, fin octobre, et le Tournoi Des Petits États, qu'on a disputé cette année à Chypre. La saison est dorénavant terminée et les objectifs ont été atteints et toutes mes athlètes sont classées. Il y en a deux en inter-région, une en région, une en Nationale 2 et Célia qui est en International B (la 3e division internationale)." 

La jeune fille est d'ailleurs qualifiée pour la finale des France Elite, début juin. "Je pense que le podium sera difficile à cause du crossfit. Elle va finir ses compétitions mi-mai (en crossfit) et il lui restera 2 semaines pour se préparer. Mais elle peut viser le top 5." De quoi clôturer la saison de l'ASM haltérophilie en beauté pour ce groupe féminin. 

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LEXIQUE

Crossfit : Méthode de conditionnement physique qui combine force athlétique, haltérophilie, gymnastique et sports d'endurance.
Box : Salle d'entraînement pour le crossfit.
Arraché : La barre est soulevée bras tendus au-dessus de la tête en un seul mouvement très dynamique.
Épaulé-jeté : La barre est soulevée bras tendus au-dessus de la tête en deux fois.