Une vie d'haltérophilie

Depuis plus de 30 ans, Jean Canestrier représente les couleurs de la Principauté, en tant qu'athlète, mais surtout en tant qu'entraîneur, insufflant aux jeunes générations sa passion pour ce sport explosif. Portrait d’un homme discret.

Jean Canestrier n'avait pas encore son corps d'adulte quand il souleva ses premières barres. "C'était en 1978, à 13 ans, à Tourrette-Levens. Un des professeurs du collège pratiquait l'haltérophilie. Il a voulu monter un club qui a d'ailleurs très bien marché, puisqu'il se servait à l'école !" se remémore le coach. L’adolescent accroche, porté par "les chiffres. C'est facile au niveau calcul, on arrache 80 kg, 82, 85… On voit notre progression et c'est très valorisant de constater que cela monte chaque année. J'étais un peu réservé et timide, cela m'a permis d'être plus sûr de moi." 

D'autant que très vite, il enchaîne les résultats, notamment vice-champion de France cadet en 1984. C'est d'ailleurs cette année-là que Monaco prend contact pour la première fois pour l'inviter à faire le Tournoi des Petits États. Il y participera en 84 et en 85, avant de partir au service militaire. A son retour, c'est une nouvelle voie qui l'attend.

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Athlète-entraîneur

"Jeune, je voulais être professeur d'éducation physique, mais au niveau études, ce n'était pas trop ça. Et après, j'étais quasiment professionnel, je m'entraînais deux fois par jour". Mais très vite, une opportunité se présente. "En 1987, Monaco cherchait un entraîneur à temps plein et ils ont fait appel à moi." Arrivé en Principauté, Jean Canestrier cumule d'ailleurs les casquettes d'entraîneur et d'haltérophile. 

Et ça marchait bien, autant côté perso que pour l'équipe. Il atteint plusieurs fois la finale des championnats de France seniors, remporte un titre de champion de France et du monde en masters. L'équipe réalise de "très bons résultats dans ces années-là, de 1995 à 2000. On a été quasiment dans le top 5 des meilleurs clubs français." 

Il ne concède qu'un regret, tôt dans sa carrière. "Je n'ai pas pu m'entraîner pendant le service militaire. J'ai perdu ma dernière année en juniors qui m'aurait permis d'être potentiellement sélectionnable aux championnats d'Europe juniors. J'ai fait les performances l'année d'après mais j'étais senior, c'était un autre niveau... Moi je n'avais pas vraiment les qualités physiques innées pour faire du très, très haut niveau, c'est-à-dire l'explosivité. J'étais plutôt résistant avec une forte capacité à m'entraîner". Il facturera tout de même jusqu'à 125 kilos à l'arraché et 160 à l'épaulé-jeté au plus fort de sa carrière.

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La passion dans la peau

Âgé aujourd'hui de 54 ans, le coach continue de soulever de la fonte, même si l'arrivée de la nouvelle génération issue du crossfit l’a conduit à lever le pied pour se consacrer pleinement à son rôle d’entraîneur. Il doit d’ailleurs à un de ses poulains le moment marquant de sa carrière : "le titre de Célia (Gabbiani) aux championnats de France l'an dernier. Réussir en faisant du crossfit à bon niveau, c'est incroyable. Son assiduité, sa capacité à gérer les deux, c'est fort. Elle est sans cesse en progression, toujours à l'écoute et à la recherche d'amélioration", développe Jean Canestrier. 

Encore compétiteur dans l’âme, l'haltérophile pense continuer "encore deux ans. Après, le danger, c'est que j'ai encore la motivation. Je tire sur certaines barres quand, à mon avis, je ne devrais pas. Ce n'est pas dangereux mais ça peut user prématurément". D'une quinzaine de compétitions l'an dernier, il a déjà réduit à "5/6 cette année, pas plus. Encore quelques-unes par équipe, pour le plaisir, mais je vais baisser les charges lourdes." Entraîneur comme athlète ne sont assurément pas prêts de quitter les plateaux.

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