A fond la fonte

Zoom sur les adeptes de la salle

Ils s'appellent Davide, Elisa, Monique et Christian. Ils ne se connaissent pas personnellement mais se croisent à la salle de musculation chaque semaine. à son rythme, véhiculant sa propre histoire, chacun effectue scrupuleusement son parcours personnalisé. 
L’idée : se vider l’esprit, garder la forme et muscler l’ensemble du corps. Une activité cruciale qui, pratiquée régulièrement, mène tout droit vers le bien-être. Rencontres.

Davide Rebellin
Entretenir la masse musculaire

Recordman de victoires sur la Flèche wallonne, a terminé son entraînement du jour et passe dire au revoir aux coaches après s’être changé. “Je m’entraîne ici depuis 1998. Je viens trois fois par semaine à peu près et je me fais des séances d’une 1 h 30. Je travaille les dorsaux et les bras, et je travaille mes jambes à la presse. C’est très important de travailler ses muscles entre les courses pour entretenir la masse musculaire et la souplesse aussi.” Très fier, Jacques Choynowski nous entraîne dans son bureau et nous montre une coupure de journal, collée dans son livre d’or. Une photo de Rebellin près d'Alexander Vinokourov illustre l’article. On y voit Vino sur la première marche du podium et Rebellin sur la troisième, lors du Paris-Nice, édition 2003. Choynowski est heureux, les deux hommes s’entraînent toujours dans sa salle. Et cela va continuer pour Rebellin, qui à 41 ans, compte bien poursuivre sa carrière pendant encore deux années.

Christian Mironenko “Je veux me sentir bien”

“Tous les jours, je travaille un peu tout”, raconte Christian Mironenko. Nous l’interrompons pendant sa séance de vélo. Ce retraité de 65 ans a toujours pratiqué le sport. Notamment le ski qu’il affectionne particulièrement, et la course à pied. Mais depuis décembre 2009, il considère la vie et le sport différemment. Il soulève son tee-shirt. Une cicatrice verticale coupe son thorax en deux. “J’ai subi une opération à cœur ouvert. En faisant de simples contrôles de santé, nous nous sommes aperçus que j’avais deux artères très rétrécies près du cœur. Je risquais véritablement l’infarctus. Lorsqu’il vous arrive une chose pareille, vous vous dites que ça n’arrive pas qu’aux autres et qu’il faut vraiment prendre soin de son corps.” Christian vient à la salle quatre à cinq fois par semaine, à raison de deux ou trois heures par séance. “Mon médecin me conseille les efforts longs plutôt que violents, alors je fais beaucoup de cardio. Je veux me sentir bien et garder la ligne. Ici, c’est agréable. Il y a une très bonne ambiance, tout le monde se parle. Puis ma femme me rejoint souvent. Nous sommes une famille de sportifs. Je tiens à ce qu’on ait une vie saine."

Elisa Morella
"Pause déj' sportive"

Après avoir passé la rangée de vélos, où nous avons rencontré Christian, nous nous dirigeons vers une longue silhouette fine et galbée, coiffée d’une crinière châtain qui ondule au rythme des mouvements. La demoiselle s’appelle Elisa Morella. Elle fait sa séance de vélo elliptique et ne veut pas perdre de temps. Alors elle discute avec nous tout en poursuivant ses efforts. “Je n’ai qu’une heure de pause à consacrer au sport entre midi et deux.” Pas une minute à perdre pour cette juriste internationale de 32 ans. “À la base, j’ai eu un problème au genou. C’est comme ça que j’ai appris à me servir des machines, explique-t-elle, entre deux inspirations. Je viens deux à trois fois par semaine et je fais surtout du vélo, du rameur, et du tapis roulant. C’est surtout pour garder la ligne et me raffermir, et puis ça défoule.”

Monique Kafarakif
"Vous voyez, ça rapporte"

Au centre de la salle, on découvre le coin réservé à la manipulation des haltères. Allongée sur une banquette, sept kilos au bout de chaque bras, nous découvrons une petite dame blonde, fine mais visiblement costaude. Nous arrivons sur la pointe des pieds pour ne pas lui faire faire de mouvement brusque. Monique Kafarakif se rend à la salle de sport quatre fois par semaine et s’active pendant deux à trois heures. Sa particularité ? “J’ai 73 ans”, lâche-t-elle dans un sourire espiègle. “Je dois être la doyenne de la salle”, glisse-t-elle en balayant la pièce des yeux. “Je viens ici depuis dix ans. Depuis que j’ai perdu mon fils. Lui aussi venait s’entraîner ici, avec Jacques. Je ne sais pas rester inactive, moi. Je me lève à 4 h 30 tous les matins, je fais mon ménage, je vais au marché, puis je viens faire du sport. Ça me défoule et ça me permet de faire sortir tout mon stress. Puis vous voyez, ça rapporte !”, s’exclame-t-elle en désignant ses jambes musclées.

Publié le

Vous aimez cet article, partagez-le :

   
Photos