Sara Labrousse parmi les sirènes de Londres

Licenciée à Hyères, l'Antiboise de 24 ans fera ses débuts olympiques dans les bassins de la capitale britannique. En compagnie de Chloé Wilhelm, elle a pour ambition de se glisser parmi les finalistes de l'épreuve de natation synchronisée, une discipline qui mêle efforts physiques intenses et sens du spectacle.

Sara Labrousse est une jeune femme pressée. Entre ses copieuses séances d'entraînement (4 à 6 heures par jour, voire 7 durant les stages), ses études (un Master 2 en océanographie et environnement marin) et les inévitables séances de soins, il lui reste peu de temps. 

Lorsqu'on l’appelle, allongeant encore un peu plus son programme, aux alentours de 21 h 30, elle décroche alors qu'elle est… à vélo. Soucieux de ne provoquer aucun forfait au sein de l'équipe de France, on propose de rappeler un peu plus tard.

Pensionnaire de l'Insep (Institut national du sport et de l'éducation physique) à Paris, celle qui a commencé la synchro à l'âge de 8 ans, a parcouru beaucoup de chemin depuis ses premières chorégraphies. "C'est à Antibes que j'ai pris goût à ce sport. Le sens artistique, les galas, l'impression de jouer un personnage. Tout ça m'a attirée de plus en plus."

Ascension régulière

Rapidement, Sara se rendra compte qu'elle a aussi l'esprit de compétition. Direction le Pôle espoirs de Hyères, où elle démarre son apprentissage du haut niveau. 

Comme une sirène dans l'eau, elle gravit tous les échelons sans embûche et finit par intégrer l'équipe de France juniors en 2006. L'année suivante, elle grimpe chez les seniors et décroche une sixième place en combiné lors des Mondiaux. 

En 2008, elle obtient le titre de championne de France solo à Aix-en-Provence. "Faire les Jeux, ça a toujours été mon rêve. J'en parle depuis que je suis gamine. En 2008, j'ai raté la qualification. Par équipe, c'était vraiment difficile. Alors, par la suite, j'ai essayé d'entrer dans le duo français. Quatre ans après, l'objectif est atteint. Une satisfaction, mais pas encore un aboutissement.Avec Chloé (Wilhelm), on s'entraîne ensemble depuis un an et demi, on a trouvé nos marques. Cette sélection pour les JO, on la savoure quand même. Mais notre programme est de plus en plus dense et exigeant."

Ne jamais toucher le fond…

Même si l'eau reste évidemment son élément de prédilection, Sara Labrousse ne doit pas négliger le reste de sa préparation. "En début de saison, on fait de la musculation, de la danse, de l'acrosport, de l'aérobic. On fait aussi du rameur pour développer notre puissance."

La natation synchronisée se révèle extrêmement exigeante. Bien plus que ce que semble imaginer le spectateur moyen. "Souvent, les gens croient qu'on a la possibilité de toucher le fond. Mais si ça nous arrive, c'est l'élimination directe", appuie Sara, sérieuse et plutôt réservée au bout du fil. 

"Notre sport, c'est un compromis entre le domaine artistique et la performance physique. Il faut paraître à l'aise dans l'eau alors que l'on enchaîne beaucoup de mouvements de jambes en apnée. La difficulté, c'est de trouver des appuis dans l'eau."

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