Face au vent

"On peut faire de la soufflerie dès 5 ans. Ce qui permet d'avoir des équipes chez les jeunes alors qu'en chute libre ce n'est pas possible puisqu'ils ne peuvent pas faire de saut avant leurs 15 ans", précise le responsable du club monégasque. En peu de temps, l'essor pris par cette nouvelle pratique est tel que le vol en soufflerie a candidaté pour être l'une des 5 nouvelles disciplines aux JO 2024. 

Chute libre indoor

Les habitués de la chute libre ne sont d'ailleurs trop dépaysés lorsqu'ils lorgnent du côté de la soufflerie en matière de disciplines et de compétitions. Tout est calqué sur le sport d'origine. Sauf qu'en soufflerie, on peut travailler plus en beaucoup moins de temps. "Sur une séance d'entraînement par exemple, on va passer entre 60 et 90 minutes en vol, ce qui correspond à 60-90 sauts en chute libre, puisque la minute de travail en soufflerie, c'est la minute de chute libre que l'on a en sautant. Ce qui est juste impossible à faire sur une journée. Cet outil nous a permis et nous permet depuis 10 ans d'augmenter nos compétences et notre technique. On a ainsi réussi à tripler notre moyenne de points sur un saut." Mais il ne faut pas croire que les "flyers" passent leurs journées en soufflerie. Au contraire. 

Depuis 4 ans que la section existe au club, notamment liée à l'arrivée du groupe de juniors, dont le fils de Stéphane, Tom, est le capitaine, les séances d'entraînements se font une fois par mois en région parisienne, le sud de la France n'ayant pas de machine adéquate. "Depuis 4 ans, je monte un week-end par mois pour que mon fils s'entraîne avec son équipe et on en profite, les seniors, nous aussi pour s'y coller. Ça permet de faire des alternances avec les autres groupes, ce qui nous laisse 6 minutes entre chaque vol pour débriefer le précédent." Car une session ne comporte pas uniquement des vols, bien au contraire. Comme on le voit souvent en gymnastique, l'échauffement articulaire est un passage obligatoire, de même qu'un léger footing en amont pour réveiller les muscles. Avant d'entrer dans la veine (tube où l'air est soufflé), l'entraîneur définit les vols en fonction des spécificités à travailler. Ils sont ensuite préparés au sol, d'abord, avant d'être réalisés face au vent. 

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"On commence debout, pour trouver les enchaînements les plus rapides. Ensuite, on passe à plat ventre sur des planches à roulettes pour avoir la même position qu'en vol et voir si les enchaînements faits debout marchent bien à plat. On part ensuite les faire dans la veine", détaille Stéphane Mattoni. S'ils ont accès à la vidéo de leur vol entre deux essais, ils ne débriefent pas pour autant, et effectuent 10 vols à la suite. Ce n'est qu'à l'issue du 10e que la séance vidéo débute. "On analyse tout au ralenti pour voir ce qui n'a pas marché, que ce soit d'un point de vue technique ou au niveau des mouvements." La précision est un élément majeur en compétition puisque cela rentre en compte dans la notation des juges.

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