Ça glisse pour le SCOM

Ni la pluie, ni le vent, ni le froid n'auront eu raison de la passion des jeunes patineurs du Skating-Club of Monaco. Samedi 27 février, ils étaient plus de 70 à participer au 14e championnat de patinage de Monaco, l'apothéose d'une saison d’entraînement. Et l'occasion de faire le bilan des trois années d'existence du club.

Sur la patinoire du stade nautique Rainier-III, l'heure était aux au revoir. Un dernier tour de piste, avant de ranger patins... et patinoire, du moins jusqu'à la fin de l'année. Ce samedi-là, si on célébrait le 14e championnat de Monaco, organisé sous l’égide de la Fédération monégasque de patinage, le club, lui, fêtait fièrement sa troisième saison, avec un succès qui ne se dément pas.Cette année encore, ils ont été nombreux à se succéder sur la glace du Port Hercule. 

Patinage artistique, curling, hockey... En constante progression depuis sa création en 2013, le club compte aujourd'hui 190 adhérents, 39 de plus que l’an dernier précise Franck Nicolas, son président. Et à ces bons chiffres s'ajoutent également de bons résultats, puisque l'équipe du SCOM voit chaque année le niveau de ses protégés s'améliorer. "Les patineurs ont énormément progressé aussi bien sur le plan technique, que sur le plan artistique et en interprétation, il y a une plus grande maturité d'expression", souligne l'un de leurs professeurs, Christine Sabattini, détachée au club par la direction de l'Education nationale, de la Jeunesse et des Sports. "Cela nous permet de faire un travail intéressant, aussi bien sur les ballets pour le gala, que sur le programmes de compétition où les chorégraphies sont aussi très importantes". 

D'autant que chaque année, de nouveaux talents viennent rejoindre le pôle compétition. Chelsea, Davide, Rubina, Valentina… Ils sont aujourd’hui une dizaine à porter fièrement les couleurs de la Principauté lors des principaux championnats de la région.

Plus d’heures de glace

Pour le président, l'heure est désormais au développement. "J'avais l'habitude de dire que la première année, c'est pour apprendre, la deuxième pour comprendre et la troisième pour entreprendre". Et cette année qui s'achève a amené un certain nombre de nouveautés. Grâce à des heures de glace supplémentaires accordées par la mairie, qui gère la patinoire, le SCOM a pu non seulement proposer de nouveaux créneaux de patinage pour les jeunes mais également créer un cours pour les adultes, ainsi que du hockey pour les juniors.

Ainsi, à la vingtaine de "grands" patineurs, qui ont (re)découvert les joies de la glisse, se sont donc ajoutés les tout jeunes "barracudas de Monaco". Une évolution naturelle de la discipline pour leur président. "Les premières années, nous voulions créer une équipe loisirs pour montrer que l'équipe des Barracudas de Monaco existait. Elle s'est déplacée de nombreuses fois. Elle a gagné pas mal de matches, en a perdu quelques-uns aussi. Cela nous a déjà permis d'avoir un point de départ". Aujourd’hui, le club mise sur la relève. "De 1 ou 2 qui jouaient l'an dernier avec les adultes, nous avons 17 jeunes cette année", souligne Franck Nicolas, qui table sur 30 à 40 jeunes hockeyeurs l'an prochain. "A partir de là, on pourrait s'affilier à la Fédération de Hockey pour que l'équipe de Monaco puisse participer à des tournois internationaux." 

Serpentins et groupes électrogènes

A ce moment-là, un problème de taille se posera pour le SCOM. "Quand on va jouer des tournois internationaux quelque part, on doit pouvoir recevoir. Et pour recevoir, il faut une patinoire". Car, ne l'oublions pas, la particularité du Skating-Club est l’absence d’installation permanente. 

Son terrain d'entraînement ? La patinoire éphémère du stade nautique généralement ouverte de décembre à mars, dont il se partage les créneaux avec le public et le karting. Alors le reste de l’année, le club mise sur les cours de préparation physique organisés depuis l'an dernier par son entraîneur, Jean-Christophe Simond, au stade Louis-II. Et organise pour le pôle compétition plusieurs stages dans les autres clubs de la région. 

Pour pallier ce manque, l'association regorge d'idées. Franck Nicolas évoque notamment la possibilité de créer de nouveaux espaces de glace, accessibles à l'année, grâce à un procédé faisant appel à des serpentins. Le principe est simple. Il suffit d'installer des serpentins de glycol directement sous un béton ou un goudron conçu pour cet usage, reliés à un groupe électrogène. Pour s'en servir, il suffit de brancher ce fameux groupe et de jeter de l'eau, qui gèlera au contact du béton refroidi. Et le tour est joué. Puis, une fois la saison ou l'événement finis, la patinoire redeviendrait un espace goudronné, accessible à tous. 

Alors le SCOM scrute les moindres recoins de la Principauté : l'espace au fond du quai Antoine-Ier, le toit du parking des pêcheurs, la digue de Fontvieille... "Aujourd'hui, nous essayons de trouver des possibilités. Après, il faut voir ce qui est faisable ou pas", précise Franck Nicolas, qui verrait bien également une piste de curling en Principauté. Et pourquoi pas "dans une alcôve au P1 dans le parking du stade", souligne celui qui est par ailleurs en charge de la pelouse du stade Louis-II. Une piste de 3 m sur 45 m sous une véranda, au total 150 m2 en comptant les vestiaires, "cela peut être vite fait et en terme de coût, ce n'est pas énorme. Avec une piste de curling permanente, nous aurions plus de licenciés, notamment des gens de Monaco. On pourrait très vite les envoyer aux JO", se prête à rêver le président, qui aimerait voir ce projet se réaliser au début de la prochaine décennie.

En attendant, le roller, dans les tuyaux depuis quelques temps déjà, devrait faire son apparition cette année au sein du club, comme le prévoient les statuts. Ils seront organisés par deux entraîneurs diplômés dont un qui, en plus d'avoir fait du hockey sur glace, est champion de France de la discipline sur roller. "Même si ce n'est pas du patinage à l'état pur, cela permet au moins d'avoir la sensation de glisse, pour qu'ils aient toujours le mouvement, les genoux, l'équilibre, le déplacement dans l'espace…" explique Franck Nicolas, qui considère également avec intérêt des rollers spécialement conçus pour les gymnases, qui permettraient à tous, et notamment aux scolaires, de s'entraîner durant l'année.

A travers les gouttes

En attendant, retour au stade nautique pour la der de cette saison 2015/2016. Et malgré la pluie, le vent, le froid, rien n'aurait pu empêcher la tenue du championnat et du gala. Pour les 75 jeunes patineurs présents sur la glace monégasque, c'était l’occasion de montrer à leur famille et amis les progrès accomplis, mais aussi de décrocher les fameux "cristaux" leur permettant d'accéder à la catégorie supérieure. A

u total sept catégories, de A à F, plus les juniors, devaient se succéder devant les quatre membres du jury venus évaluer leur progrès.Et comme à l'accoutumée, les plus jeunes, encadrés par Christine et Jean-Christophe, ouvraient le bal. Deux par deux, les patineurs en devenir devaient réaliser un parcours soigneusement répété, adapté à leur niveau. "Puis, nous abordons des programmes en musique commune, d’abord, pour arriver, ensuite, à des musiques propres et individuelles en fonction du choix du patineur et de ce qui lui correspond le mieux", explique Christine, la coach. 

Effectivement, une fois la catégorie D en piste, les chorégraphies se faisaient artistiques, et toujours plus pointues. Les chignons et les tenues à volants faisaient également leur apparition.En dernière partie de la compétition, c'était au tour des "grands" de faire leur entrée. Chelsea Bouilly et Davide Lewton-Brain, 17 ans, qui représentent la Fédération Monégasque dans le championnat national français, ont fait leur show, tous sourires, ne semblant pas le moins du monde perturbés par la pluie et le vent qui, loin de s'être calmés, balayaient chacun de leurs mouvements. Un moment important pour ces deux espoirs qui ont fait leur première glisse sur la patinoire de la Principauté il y a de cela des années maintenant. "Je ne viens que pour la compétition" soulignait le jeune homme qui évolue désormais en section sport-études à Annecy, avec la Princesse Alexandra de Hanovre. "Cela me fait toujours plaisir de revenir et de montrer ce que je sais faire maintenant." Notons que si la météo n'a pas effrayé les fines lames de la Principauté, elle aura mis à mal la démonstration de hockey-sur-glace, impraticable sur cette fine couche d'eau. 

Mais pas question pour le SCOM de se laisser démoraliser. Une fois le championnat terminé,  place au gala ! Après avoir emmené tout ce petit monde en Russie, c’est du côté du pays de l’Oncle Sam que le SCOM a posé ses patins cette année. Entraînés par le Jailhouse Rock d’Elvis Presley, les plus petits ont lancé les festivités, le temps d’un petit swing, avant de laisser place à des démonstrations en solo de Chelsea, cheerleader passionnée, Davide, crooner d'un soir et de Dana Steinmetz, jeune patineuse venue de Nice. Les plus grands, coiffés de chapeaux scintillants, ont ensuite brillé de mille feux au son de New York, New York de Franck Sinatra. Un véritable défilé d'étoiles sur la Principauté.

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