En automne, la mode est au carreau.

Cent quatre-vingt-quinze équipes ont disputé le challenge international Antoine-Costa cette année, entre le 19 et le 21 octobre. Lors de cette douzième édition, les triplettes mêlaient pros et amateurs et se sont affrontées entre le boulodrome de Nice et le Club bouliste de Monaco. Entre parties éreintantes et soirées festives, les boulistes rêvent déjà à l'édition 2013.

Le club bouliste de Monaco transformé en fourmilière, le temps du challenge Costa. Du monde partout. Des tables dressées et des boulistes heureux, réunis, partageant leur pain à grands coups d'anecdotes et d'éclats de rire. Chez les participants corses, un jeune homme se lève et entame un chant.
L'assemblée fait honneur à la voix surprenante et typique. On lui fait passer un micro pour que tout le monde en profite. Et il fallait bien cela pour se faire entendre de tous. Car même s'il n'y a plus que quatre triplettes en lice pour les demi-finales du challenge, et quatre autres pour les demi-finales de KTK (concours complémentaire), il ne faut pas oublier qu'au départ il y avait 195 équipes inscrites ! Et c'est sans compter les accompagnateurs. Beaucoup, bien que sortis de la course, restent pour assister à l'issue de la compétition.
Marc Costa, lui-même joueur invétéré, organise cet événement chaque année en souvenir de son père, Antoine. Il quitte sa table un moment en apportant sa portion de fromage, et nous raconte l'envers du décor. 

''La réciprocité d'invitation''

Président du club bouliste de Monaco, il se trouve aussi à la tête de la Fédération monégasque de boules. ''La politique sportive du club est basée sur la réciprocité d'invitation. C'est-à-dire que tous les clubs qui nous invitent, nous les invitons aussi'', explique ce technicien de l'organisation. ''Tous les week-ends, on envoie trois, six, neuf, douze joueurs en déplacement. Ce sont des ambassadeurs de la Principauté. On aime donner une belle image de notre pays et nos joueurs ont à cœur d'être agréables avec nos hôtes. C'est très apprécié dans le milieu de la pétanque. En contrepartie, nous recevons tous ces gens pour l'International Costa en Principauté. C'est notre événement phare de l'année. On essaie d'être dans l'excellence. Tous nos invités sont au Marriott, par exemple.'' Le principe fondamental de la compétition, pour qu'elle se déroule bien, ''c'est la rigueur de l'organisation'', avoue-t-il, sur le ton de la confidence. ''Mais ce qui est encore plus important, c'est de faire en sorte que les gens ne s'en aperçoivent pas''. Le mot d'ordre reste la convivialité. Afin de mêler logistique et bonne humeur, vingt-cinq petites mains alimentent cette machine bien huilée. Chacun se trouve à un poste bien défini. ''Notre boulot est large, on va chercher les gens à l'aéroport de façon à ce qu'il n'y ait pas d'attente et pas de frais, on les amène voir les musées, le palais, on s'occupe des repas et des distractions... C'est costaud, quoi. C'est pas juste la partie de pétanque pagnolesque dans un coin.''

À la pétanque, on est tous pareils

La pétanque est un sport où les barrières sociales s'effondrent devant la passion commune. Tout le monde se mélange, du chef d'entreprise au membre du gouvernement monégasque, en passant par le jeune et le retraité. C'est certainement la seule discipline dans laquelle on peut affronter un champion du monde, et le battre. ''La pétanque et le jeu provençal comptent près de 600 000 licenciés dans 88 pays'', précise Claude Azema, président de la Fédération internationale de pétanque et jeux provençaux (FIPJP), présent pour ces trois jours de tournoi. Rien qu'en France, plus de 313 000 joueurs sont licenciés. 

Revenons sur le planning du challenge international Costa. Vendredi s'est disputé le trophée des personnalités. Pour l'organisateur, c'est un rendez-vous important où se rencontrent Monégasques et boulistes. Ces personnalités du pays témoignent leur intérêt pour ce sport et pour la place qu'il prend en Principauté. Ils montrent leur soutien à Marc Costa, mais aussi à tous ceux qui œuvrent en coulisse et à l'équipe professionnelle du pays, championne d'Europe en 2011. Le prince Albert II, fervent bouliste lui-même, est aussi venu saluer les convives en fin de journée. Un geste qui chaque année touche profondément les acteurs de la pétanque monégasque.

De leur côté, les champions de la discipline tels que Jean-Marc Foyot et Henri Lacroix, tous deux multiples champions de France et du monde, montrent l'esprit bouliste typique. Ils prennent du plaisir à échanger, à jouer avec des participants moins entraînés qu'eux. La triplette gagnante de ce trophée était composée du frère de Marc, Alain Costa, de Thierry Benzandry et Francis Belmonte.

Top départ à Nice 

Samedi, les 195 équipes se sont affrontées au boulodrome Henri Bernard, à Nice. Un premier écrémage fort efficace puisque le lendemain matin, dans l'enceinte du Club bouliste monégasque, il ne restait déjà plus que huit équipes pour disputer les quarts de finale, puis les demi-finales et enfin la grande finale. Les quinze équipes monégasques n'ont pas résisté et ont toutes trouvé plus fort qu'elles.
La finale était très intéressante. Elle opposait la triplette Lacroix, composée d'André Eusebi et Patrick Hervo, à la triplette Lewandowski (Marc, de son prénom), Olivier Margerit et Bruno Gire. ''L'équipe Lacroix me touche particulièrement. Le meilleur joueur de ces dernières années s'associe à Patrick Hervo et Dédé Eusebi. Dédé est un monsieur handicapé qu'on adore tous, on est tous touchés qu'il arrive à ce niveau-là de la compétition avec toute la fatigue que ça comporte'', s'émeut le président du club.

L'ensemble du challenge était rythmé par la voix chaude de Jean-Louis Olivier, animateur d'événements. Alors que le public prenait place autour du terrain où s'apprêtait à se jouer la partie décisive, il présentait au micro les deux triplettes. La petite tribune du club affichait largement complet. Alors, les spectateurs se massaient tout autour des pistes de graviers. Pour Marc Costa, ''il n'y a rien de plus révélateur de la personnalité qu'une partie de pétanque''.  On laisse le hasard désigner le premier pointeur. Jean-Luc Fuentes lance une pièce, c'est pile ou face. Il est l'arbitre international choisi pour cette compétition. Monaco est fier d'en compter trois, sur la quarantaine en activité dans le monde.

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