Le grand saut

Ian-Soren Cabioch, Asémiste de quinze ans, a participé à ses premiers championnats du monde juniors. Du 8 au 13 septembre, le jeune plongeur s'était envolé pour Penza, en Russie, afin de se frotter à meilleur que lui et de gagner en expérience.

Lorsque nous lui rendons visite autour de la fosse à plongeon, au stade Louis-II, le jeune homme est redescendu de son nuage. Entouré de son groupe d'entraînement, il écoute avec attention les conseils dispensés par John Neeld, le coach de la section. Ce dernier inscrit sur un tableau le programme de la séance et donne le coup d'envoi de l'échauffement.

Alors que les autres, déjà en nage, enchaînent les flexions-extensions autour du bassin, nous emmenons Ian-Soren Cabioch un peu à l'écart.Tout adolescent qu'il est, le sportif à lunettes a déjà une musculature bien développée. Et pour cause, son truc, c'est le plongeon à un et trois mètres, ceux qui demandent le plus d'explosivité et de puissance physique.

"C'était extraordinairede me retrouver là"

"Mon objectif en me rendant à ces championnats, c'était de prendre de l'expérience et d'apprendre à gérer mon stress. Je n'avais pas de résultats précis à faire", explique l'adolescent. "C'était extraordinaire de me retrouver là. On voit vraiment tous les niveaux et on se rend compte qu'il y a encore beaucoup de travail devant soi."Issu du rugby et de la gymnastique artistique, cela fait seulement deux ans que Ian-Soren pratique le plongeon. 

"J'avais envie de changer un peu du sport collectif. Avec la gym, j'avais l'habitude des acrobaties, je ne voulais pas forcément continuer mais je cherchais quelque chose qui s'en rapproche. Ma belle-mère, qui travaille à la piscine, m'a incité à venir essayer le plongeon un jour. J'ai tout de suite adoré la sensation de tourner dans l'air."Lors des championnats du monde juniors, il a eu l'occasion de représenter Monaco en Russie sans avoir besoin de se qualifier. Une aubaine pour un jeune apprenti.

"J'avais le cœur qui tapait, je n'ai pas su gérer mon stress"

"Avant de passer, j'essayais de ne pas trop regarder les autres pour rester concentré. Je me remémorais le programme que j'allais devoir réaliser", glisse le Monégasque.À un mètre, l'expérience ne "s'est pas trop mal passée", raconte-t-il. "J'ai battu mon record en terme de points (312 contre 300 auparavant). J'avais bien commencé, j'étais 18e, mais je me suis loupé sur mon septième plongeon. J'ai dégringolé à la 24e place sur 26 participants", déplore-t-il. 

"À trois mètres, ça ne s'est pas très bien passé. Depuis la fin de saison dernière, je travaille sur de nouveaux plongeons et je n'ai pas su les exécuter correctement. C'était assez impressionnant. Les gradins étaient remplis, tout le monde regardait et il y avait beaucoup de juges. J'avais le cœur qui tapait et je n'ai pas su gérer mon stress. Je suis arrivé dernier…"

"Participer aux Jeux olympiques"

Mais en terme de technique, John Neeld affirme que c'est sa meilleure prestation de l'année. Et Ian-Soren Cabioch est bien décidé à continuer la compétition. En seconde au lycée Albert-1er, il a choisi de profiter de la structure sportive. "Ça me permet de commencer à 10 heures. De cette manière, je peux m'entraîner de 7 heures à 9 h 30.

 Le soir, je termine les cours à 16 heures au plus tard, ce qui me permet d'être à la piscine dès 17 heures", se réjouit-il. En plus de ces deux entraînements quotidiens, le plongeur se rend à la fosse le samedi matin également. "Avec mon entraîneur, nous avons le projet de participer aux Jeux olympiques. Si ce ne sont pas ceux de 2016, ce seront ceux d'après", annonce-t-il sans ciller.

"Dans cette idée, nous sommes partis un mois en stage au Mexique avant les championnats du monde, avec Loris Ledanois et Lola Cotton (deux autres plongeurs de l'ASM). Le fait de côtoyer de très bons plongeurs mexicains m'a permis d'être un peu moins impressionné lors des championnats du monde. Ils y ont d'ailleurs remporté cinq médailles. Une d'or, deux d'argent et deux de bronze. Nous nous sommes entraînés à leur rythme, c'est-à-dire deux à trois heures le matin, et trois heures le soir.

"Les Mexicains ont montré l'exemple"

Ils ont eu la chance d'être chaque jour avec la sélection mexicaine, notamment avec Laura Sanchez, médaillée de bronze à Londres au tremplin à trois mètres. Ils ont aussi bénéficié des conseils de Paco Rueda, l'un des entraîneurs du groupe", complète le coach.

"Ça m'a permis d'acquérir un peu plus de confiance", déclare Lola Cotton. La Monégasque de 18 ans devait elle aussi prendre part aux championnats, mais elle s'est blessée lors de la préparation au Mexique. "Je me suis fait une entorse de la cheville gauche et me suis froissé deux ligaments. J'ai été dispensée de sport pour deux mois. C'est vraiment dommage, mais c'est le jeu", relavitise Lola. 

"Je pratique le plongeon depuis un an. Avant, je faisais de la gymnastique acrobatique. Grâce à ce voyage, j'ai vraiment pu voir le genre d'entraînement que l'on fait à haut niveau. C'était très enrichissant. Il y avait une très bonne ambiance dans la sélection. Pour l'échauffement, ils font un jeu de ballon tous ensemble, avec les entraîneurs. Ça stimule l'esprit de groupe, c'est une très bonne émulation."

Alors que nous discutons, la jeune femme regarde les autres s'entraîner, écouteurs en main, prêts à être enfoncés dans les oreilles pour faire passer le temps plus vite. "Quand je reprendrai, je poursuivrai sur mon rythme habituel, avec des entraînements tous les soirs ainsi que le samedi matin. Je suis encore un peu peureuse pour l'instant, mais ça va me passer", sourit-elle.

2015 en ligne de mire

Nous quittons Lola et observons le manège des plongeurs. Les uns après les autres, ils sautent, pieds joints en premiers. Ils achèvent d'échauffer leurs articulations avant de réaliser leurs plongeons parfois complexes et exigeants pour le corps. John Neeld pousse sa voix et distribue les consignes à chaque sportif qui s'avance sur le plongeoir. 

Le bruit se fait très dense dans la zone. Les tremplins claquent à chaque bond du plongeur, l'eau de la fosse jaillit dès que les corps puissants la bousculent. Ian-Soren prend congé de ce ballet aquatique quelques secondes, le temps de nous informer qu'il est sur les starting-blocks pour la suite de la saison. 

"Je participerai au Grand prix Fina de Singapour, du 17 au 19 octobre, ainsi qu'au Grand prix de Malaisie à Kuala Lumpur, du 24 au 26 octobre. Ces compétitions me permettront d'engranger des points en vue de participer aux prochains championnats du monde en catégorie senior, l'été prochain, en Russie à nouveau."

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