L’envie d’en découdre

Arnaud Alessandria est de retour cette année avec l’envie de frapper fort. Après une bonne fin de saison 2017/18, l’exercice 2018/19 a commencé de manière plus délicate, même si les performances en descente sont là. Enfin débarrassé de ses pépins physiques, le Monégasque se sent plus fort.

Il est toujours difficile de croiser, en pleine saison, un skieur monégasque en Principauté. Parcourant les montagnes d'Europe et du monde une bonne partie de l'année, ces aficionados de la glisse ne passent que peu de temps à la maison. Et si l'éloignement des proches peut parfois être compliqué, le jeu en vaut cependant la chandelle. Entre deux entraînements, Arnaud Alessandria s'est posé tranquillement le temps de répondre à nos questions. "On est en Suisse, à Wengen (entraînements et manche de coupe du monde étaient au programme). Tout va bien en ce moment, c'est un peu compliqué en super-G, mais ça marche plutôt bien en descente. De grandes échéances arrivent, je suis hyper motivé.

D'emblée, le jeune homme de 25 ans annonce la couleur. Après l'arrêt d'Olivier Jenot, il est le seul représentant monégasque (chez les hommes) sur le circuit international seniors. Motivé, le bonhomme l'est assurément. D’autant qu'il l'assure, cette saison, il se sent "plus fort. Ça se joue beaucoup sur la confiance. Mes bons résultats de descente de l'an dernier m'ont permis d'avoir de bons dossards en début de saison et m'ont aussi apporté plus de confiance. Ayant fini à plusieurs reprises dans les 30 en coupe d'Europe l'année dernière, cela m'a permis de partir dans les 30 premiers et cela fait voir la course différemment."

Enfin tranquille

Si l'on jette un œil à la fin de saison 2017/18 d'Arnaud Alessandria, les résultats sont en effet très positifs. Que ce soit en Andorre, Norvège, Autriche ou lors des championnats de France, le spécialiste de la vitesse a atteint à plusieurs ses objectifs de Top 30 (en coupe d'Europe notamment), de quoi lui faire marquer pas mal de points au niveau de la Fédération Internationale de Ski (FIS). Surtout, il a enfin pu avancer et accomplir une saison complète sans blessure, une première depuis quelques années. Durement touché lors de la saison 2016/17, au cours de laquelle il a avait d'abord subi un écrasement de disque puis une commotion cérébrale, consécutive à une chute, une fois de retour sur les skis, Arnaud a depuis retrouvé une certaine plénitude physique, malgré quelques douleurs occasionnelles. 

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"Depuis ma commotion, je suis relativement tranquille. Quelques douleurs au dos reviennent par moments, mais ce n'est jamais trop méchant. On a aussi adapté la préparation physique par rapport à ça. On a changé notre façon de travailler pour moins le solliciter. Même sur les skis, quand je sens des douleurs, on s'adapte aussi, je fais moins de manches ou des manches plus courtes. Je suis aussi plus à l'écoute de mon corps qu'avant, on sait sur quelles douleurs on peut forcer et sur lesquelles il faut s'arrêter." Un corps en meilleur état, l'esprit plus tranquille, tout est réuni pour qu'Arnaud puisse enfin franchir un cap cette saison. Toujours avec le groupe France de coupe d'Europe, il vise de belles choses en descente, espérant "être dans les 30 en fin de saison en coupe d'Europe et essayer d'aller chercher un top 15 sur une course. J'aimerais aussi entrer dans les 30 en super-G. Même chose sur les mondiaux de Suède où je vise le top 30 en descente."

Travailler le super-G

Seule ombre au tableau sur sa première partie de saison, le super-G. Spécialiste de la descente, Arnaud s'aligne également sur les "supers slaloms géants", autre discipline de vitesse. Cependant, tout ne se déroule pas comme il le souhaiterait. "On a fait pas mal de Super-G, en coupe d'Europe, et j'y ai du mal cette année, notamment pour trouver mes repères et à skier en course comme je peux le faire à l'entraînement. J'ai fait pas mal de sorties de piste", constate Arnaud. Des fautes et des courses en deçà de ses espérances expliquées par le manque de confiance ressenti sur le super-G. 

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"Sur ce genre de courses, on ne fait qu'une seule reconnaissance avant, il n'y a pas d'entraînement et on enchaîne directement sur la compétition qui se déroule sur une seule manche. Et sans entraînement sur la piste, ça se fait un peu à l'instinct et à la confiance. J'ai beau faire des choses intéressantes à l'entraînement, pour le moment, ça ne paye pas en course", analyse Arnaud. S'il persévère sur ses séances d'entraînement, afin de réussir à s'engager pleinement dès les premières manches en compétition, il sait le travail mental restant à faire. 

Pour réussir à combler le déficit de confiance issue des résultats, il s'est tourné vers la visualisation. "Je me vois dans une manche, je me vois en confiance, j'arrive à engager et faire ce que je veux. Ce procédé me vient d'un préparateur mental que j'avais avant. J'ai repris cela avec un ami qui s'est lancé dans le domaine, il a une approche un peu différente, c'est intéressant."Il ne lui reste plus qu'à mettre tout cela en pratique et atteindre ainsi ses objectifs.

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