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Benoîte de Sevelinges : "Mon principal sujet de préoccupation"

Nommée à seulement 36 ans à la tête du Centre Hospitalier Princesse Grace (CHPG) en 2018, Benoîte de Sevelinges a dû faire face à une crise sans précédent cette année.

Réorganisation des services, adaptabilité et réactivité des équipes, Benoîte de Sevelinges revient sur les derniers mois et les impacts divers qu'a pu avoir la pandémie de Covid-19 sur le CHPG. Et assure de l'implication sans faille de ses équipes.

Quel impact la pandémie a-t-elle eu sur votre mission ?

La pandémie a été mon principal sujet de préoccupation cette année. Seul hôpital public du pays, le CHPG a poursuivi sa mission de santé publique et a conçu un système de suivi imbriqué avec la médecine de ville et les services de l'Etat. Tout en assurant nos missions et en maintenant nos activités, nous avons également réussi à tenir le calendrier des autres projets : réorganisation de filières de soins, acquisition de nouveaux équipements médicaux, modernisation de son système d'information.... Enfin, les équipes sont restées mobilisées autour des grands projets que sont le nouveau Cap Fleuri et le nouveau CHPG.

Dans quelles mesures avez-vous dû modifier vos process habituels ?

Les process hospitaliers sont conçus pour s'adapter à ce type de crise, quand bien même, nous n'avions jamais été confrontés à une crise de cette ampleur. L'hôpital a dû se réorganiser à plusieurs reprises et déménager ses services de nombreuses fois depuis le mois de mars. Il est à noter la réactivité et l'adaptabilité dont a fait preuve l'ensemble des équipes du CHPG. Outre une implication admirable et une disponibilité permanente, les équipes ont dû être séparées pour mieux s'adapter aux besoins, les horaires modifiés, et les professionnels formés à des pratiques qu'ils ne connaissaient pas ou qu'ils n'avaient pas eu à mettre en œuvre récemment. Le pluridisciplinaire prime, et une gouvernance administrative et médicale s'est naturellement mise en place. Cette fluidité désormais acquise est un atout pour l'avenir car les décisions ont toujours été prises en pleine concertation. Enfin, la communication interne a été nettement intensifiée et a sans doute créé un besoin accru d'information sur les décisions prises, ainsi que leurs motifs.

Comment vos équipes ont-elles été touchées par cette pandémie, aussi bien sur le plan physique que mental ?

Les équipes demeurent motivées et mobilisées, malgré la durée. Il s'agit néanmoins d'être attentifs à leurs besoins, dans, et en dehors de l'établissement car certains voient leurs affectations et horaires modifiés, avec un impact sur leurs vies personnelles. La charge mentale liée à la crise n'est pas ignorée et un dispositif de soutien psychologique est mis à leur disposition. Nous avons par ailleurs engagé une campagne de recrutement afin de pouvoir mettre en place un renfort. La Principauté peut compter sur des professionnels de qualité impliqués.

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