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Nicolas Garnier, combler le manque

Gymnaste émérite, Nicolas Garnier officie depuis 8 ans au Centre Hospitalier Princesse Grace en tant que physicien médical. Dans sa profession comme dans son sport, il lui a fallu s'adapter face à la pandémie de Covid-19.

Physicien médical. Voilà le genre de métier que l'on ne croise pas tous les jours. "C'est la personne garante de la dose délivrée au patient, qu'elle soit liée à une procédure d'imagerie, comme un scanner ou une radio, ou thérapeutique. En radiothérapie, par exemple, nous veillons à garantir la dose délivrée au patient pour le traitement en réalisant des plans de traitement et le contrôle qualité des machines. Nous mettons en place le traitement qui permet d'irradier à la dose voulue par le médecin la tumeur tout en préservant les organes autour", détaille Nicolas Garnier, physicien médical au CHPG depuis 2013. 

Pour lui, comme pour nombre d'autres personnes à l'hôpital monégasque, l'arrivée de la pandémie de Covid-19 a chamboulé pas mal de choses.

Protocoles

L'une des premières conséquences de l'épidémie a été le décalage des soins de nombreux patients. "Les médecins ont décidé de déplacer beaucoup de traitements qui n'auraient pas d'impact sur la guérison des patients. Commencer début mars ou début avril n'aurait pas eu d'impact sur les chances de guérison. Donc on a travaillé à peu près à demi-charge", note Nicolas Garnier, qui a alterné entre télétravail et présentiel avec ses collègues. "On a alterné toutes les semaines pendant environ deux mois", précise le trentenaire. Lors des temps de présence à l'hôpital, ils ont aussi dû se mettre au diapason du port du masque et autres protections.

"Habituellement, on ne porte pas de masque, etc, car ce sont les manipulateurs qui sont en lien direct avec les patients. Depuis la première vague, on le porte obligatoirement entre nous et un protocole de désinfection a été mis en place entre chaque patient. Eux aussi gardent d'ailleurs le masque, dans la mesure du possible, en dehors des traitements ORL", précise Garnier. Toute cette période a d'ailleurs fait naître un petit sentiment de stress chez ce jeune papa. 

"Comme c'était une maladie inconnue, on avait un peu peur, on savait pas si on l'avait déjà contracté, si on allait l'avoir, il y avait donc un peu d'angoisse au départ. Le mois de mars a été assez stressant, d'autant que j'ai une petite fille, donc on est aussi inquiet pour eux, pour les parents, il y a eu une appréhension globale, plus pour les proches que nous", confie-t-il.

La gym, histoire d'une vie

Face à tout cela, le sport s'est avéré être un bon exutoire. "J'en ai fait un peu à la maison, pour garder la forme, mais surtout pour l'esprit, pour penser à autre chose", glisse Nicolas. Il faut dire que le bonhomme a été et continue d'être un gymnaste de haut niveau. S'il a tout de même freiné depuis l'arrivée de son enfant, le spécialiste du sol et des barres parallèles continue de matcher en Top 12, avec Vallauris, club se trouvant cette année dans la poule de l'Étoile de Monaco*. 

Un club où il a d'ailleurs été s'entraîner à de nombreuses reprises. "Je fais de la gym depuis l'âge de six ans. Depuis mon entrée au CHPG, j'ai aussi pu continuer car l'Étoile a accepté que je vienne m'entraîner ici quelques fois par semaine et Thierry Aymes (entraîneur de l'Étoile, NDLR), un de mes premiers coaches, a toujours pris du temps pour moi quand j'en avais besoin." 

S'il n'a pu aller régulièrement à la salle répéter ses gammes depuis plusieurs mois, Nicolas a tout de même hâte de retrouver la magnésie. "Ça manque. On en a besoin, physiquement et psychologiquement, parce qu'on voit moins les copains, on a besoin de faire des compétitions, de ressentir l'adrénaline, de lever le bras. Passer les week-ends de compétition avec les coaches, les gyms, ça manque beaucoup, on a hâte que ça reprenne."

*Face à l'évolution de la pandémie, la Fédération Française de Gymnastique a décidé que le Top 12 se déroulerait cette année lors d'une manche unique regroupant toutes les équipes.

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