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Jean-Christophe Agosta, la foulée passionnée

Coureur au palmarès impressionnant, le maréchal des logis-chef Jean-Christophe Agosta a compris les bienfaits du sport sur le physique et le moral en ces temps de pandémie, et la nécessité de maintenir la salle de sport des carabiniers ouverte durant le confinement "pour diminuer le stress".

"Cela fait 26 ans que je nage en plein bonheur, entre un métier qui égaye ma vie et une vie de famille comblée." Jean-Christophe Agosta peut partager sa joie au téléphone. En rejoignant les carabiniers en 1994, lui, l'Albigeois de 49 ans à l'accent chantant, "qui voulait entrer dans une institution militaire" après son service national, a définitivement fait le bon choix. "J'ai appris l'existence des carabiniers lorsque j'étais gendarme. Monaco a toujours eu une belle image auprès des Français, je me suis dit que cela pourrait être sympa d'y travailler", retrace-t-il à l'autre bout du combiné. "J'ai pris conscience que c'était le métier que je voulais exercer après avoir passé les tests et découvert la mentalité qui me plaisait énormément." 

26 ans plus tard, la passion est toujours présente chez le maréchal des logis-chef. "La particularité d'être chef, ce sont les permanences au Palais, sous les ordres du Chambellan, à travailler en corrélation avec le service d'honneur et tout ce qui est sécurité. Je suis beaucoup moins sur le terrain", présente-t-il. En plus de ces missions, Jean-Christophe Agosta est aussi responsable de la cellule sport à la Compagnie des carabiniers. Chargé de maintenir la condition physique de ses collègues et de leur faire passer les tests annuels, il s'occupe également des tests de sélection d'entrée. Quoi de plus naturel pour un sportif aguerri, doté d'un grand cœur ? Au départ "footeux", il a migré vers la course à pied. "Comme je n'avais plus trop la possibilité de m'entraîner pour le football, je me suis lancé dans la course, tout doucement."

"Un corps entraîné, c'est un corps préparé"

Il poursuit : "A 19 ans, en 1990, je faisais des semi-marathons. On me regardait avec des yeux un peu particuliers… Ce n'était pas l'âge habituel pour s'aligner !" Ainsi, en 2000, il a participé au Marathon des Sables, une course répertoriée "ultra-trail" de plus de 200 kilomètres en autosuffisance alimentaire au Maroc. A son palmarès figurent également deux victoires au Raid Montpellier-Valencia et une 23e place au Spartathlon en 2009. Quatre ans plus tard, il s'est lancé le défi "1 000 kilomètres pour 1 000 enfants" pour l'association Louis Carlesimo. Au rythme de 100 bornes par jour, il a mis 10 jours pour relier la Place du Palais à Monaco à la Place Vendôme, à Paris.

Alors, connaissant les "bienfaits du sport sur le physique et le moral", il y a accordé une importance toute particulière durant cette période compliquée. "Le sport a cette particularité de développer des endorphines et d'apporter du bien-être. Autant s'en servir", lance-t-il dans un sourire. "Notre salle de sport est restée fermée une semaine, le temps de mûrir la solution la plus adaptée. Il y avait une énorme demande, les gens avaient vraiment besoin de se dépenser, de diminuer le stress. On a mis en place diverses mesures, comme le nettoyage complet et systématique de la salle chaque matin et le respect d'un planning par créneau de 55 minutes pour quatre personnes maximum en simultané." Des décisions essentielles tant le sport est au centre du métier : "Le but de la surveillance est l'anticipation. Il faut être éveillé et donc, un corps entraîné, c'est un corps préparé." Dès lors, on comprend pourquoi, 26 ans plus tard, il est "toujours aussi épanoui" !

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