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Marie Mannino : "Tout le personnel a répondu présent"

Marie Mannino dirige les Ambulances de la Principauté et dresse un premier bilan après près d'une année passée dans la pandémie de Covid-19.

Inquiétude de ses équipes, organisation, formation, habitudes de travail, baisse puis regain d'activité, tour d'horizon des derniers mois des Ambulances de la Principauté avec Marie Mannino.

Quel impact la pandémie a-t-elle eu sur votre mission ?

Les ambulanciers transportent des personnes à risque infectieux tout au long de leur profession, les gestes barrières sont donc connus. Ils ont suivi, au tout début de la pandémie, un cours dispensé par la Croix Rouge, que je remercie encore pour son soutien dans l'approvisionnement de matériel comme les masques, les blouses. Les ambulanciers ont travaillé dans de bonnes conditions. Ce qui a été très difficile à gérer, c'est l'amplitude horaire par le manque d'activité générale de mars à juin. Le CTTR (Chômage Total Temporaire Renforcé, NDLR) a été une aide très appréciée.

Dans quelles mesures avez-vous dû modifier vos process habituels ?

J'ai pris la décision de consacrer une ambulance aux transports ''Covid'' pour limiter la propagation du virus. Tout le personnel a répondu présent pour assurer les transports, ce qui a facilité la mise en place d'un roulement allégé dans cette période de ''lock down''. Je suis reconnaissante envers toute mon équipe.

Comment vos équipes ont-elles été touchées par cette pandémie, tant physiquement que mentalement ?

Il faudrait leur demander. Physiquement, je ne pense pas, ils pratiquent tous du sport, certains fréquentaient des salles de sport puis se sont mis à pratiquer à la maison (comme moi, avec des cours de self défense et de yoga), d'autres continuent leur sport en extérieur (voile randonnée ou footing/pour moi). Le sport est pour moi essentiel pour avoir une bonne santé mentale, il réduit l'anxiété que peut procurer cette période. J'aime à parler de sport avec eux. Mentalement, oui, ils étaient, et sont toujours inquiets de ramener ce virus à la maison, étant tous chefs de famille. Et aujourd'hui, ils ne veulent plus être la seule entreprise monégasque à gérer ces transports. De plus, ils ont vécu une injustice financière, car je ne pouvais pas assumer le versement de prime au personnel comme notre gouvernement l'a fait pour le personnel soignant. Nous avons géré en bonne harmonie, avec la cellule Covid et les pompiers, les transports vers le centre d'imagerie ou le retour à domicile. Mon régulateur a su répondre présent sur chaque mission demandée. Par contre, je vis des changements de carrière depuis cet été, des ambulanciers quittent la profession pour se convertir en agent de sécurité ou autre. Ils sont à la recherche d'un mode de vie plus régulier dans les horaires et sûrement mieux rémunéré. Le transport ''Covid'' n'a pas été revalorisé, même si nous devons utiliser plus de matériel (masques, blouses, surchaussures) et toute la chaîne de désinfection à chaque transport. C'est dommage pour mon personnel qui a répondu et répond encore présent à chaque transport et que je ne peux pas gratifier à la hauteur de leur investissement. À ce jour, avec tous les transports effectués, aucun salarié n'a été positif au Covid par la profession. Un grand merci à eux, qu'ils continuent à trouver un bon équilibre entre la profession, le sport et la famille !

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