Special Olympics fait peau neuve

L'année 2020, comme pour tout club sportif, a été particulière pour Special Olympics Monaco. Avec la majorité de leurs déplacements et compétitions annulés, les dirigeants de SO Monaco ont mis cette année à profit pour avancer sur d'autres dossiers, tout en se renouvelant aussi sur certaines activités sportives.

Passer une tête dans le bureau du board de Special Olympics est agréable. On y est toujours bien reçu, avec le sourire et un petit café, de quoi réchauffer les cœurs (et les mains) alors que l'hiver apporte plus de givre que de rayons de soleil. Dans des locaux exigus mais ayant le mérite d'exister, le président, Pierre van Klaveren, nous accueille en compagnie de ses fidèles lieutenants, Marco Muratori (directeur), Eric Waterson (responsable des sports) et Catherine Lapellegerie (assistante de direction). 

A l'image de ce quatuor, le groupe prime toujours lorsqu'il est question de SO Monaco. Loin de se tirer la couverture, ceux qui ne manquent jamais d'avoir un bon mot à l'encontre de leurs bénévoles visent avant tout à mettre en avant les performances de leurs ''jeunes'', comme ils appellent leurs licenciés. Si l'année 2020 n'a pas autant permis de performer en compétition qu'à l'accoutumée, tout avait pourtant bien commencé avant l'arrivée de la pandémie de Covid-19.

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De bonnes bases

Le planning annuel était établi et il s'avérait chargé. Avec quinze déplacements au programme, et l'organisation de quelques manifestations en Principauté, les responsables et bénévoles de Special Olympics s'avançaient vers une année bien remplie, comme souvent. Mais sur les quinze voyages envisagés, seuls deux ont été réalisés. "Il y en a eu un en janvier, le second en février, puis tout a été annulé", glisse Marco Muratori. Ces deux compétitions n'étaient autre que les Jeux Nationaux d'hiver de Suisse et du Liechtenstein. "

Pour la Suisse, on avait un peu changé nos habitudes", confie Eric Waterson. On avait emmené des débutants qu'on a inscrits au niveau intermédiaire, là où c'est généralement pour les habitués, mais tout s'est plutôt bien passé." Une nouvelle manière de procéder aussi mise en place en vue des Jeux que SO Monaco devait organiser en avril à Isola. "On avait invité 8 pays, ça aurait dû se dérouler sur 4 jours, mais nous avons dû tout annuler", ajoute le responsable des sports. Si tout est tombé à l'eau au fil des semaines, les responsables de SO Monaco n'ont pas chômé pour autant. Que ce soit pendant les confinements, ou après.

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Lien humain

Comme pour tout le monde, le premier confinement, prononcé à la mi-mars, a stoppé net toute activité chez SO Monaco. Si le sport s'est naturellement mis en stand-by, la vie a dû continuer, mais d'une différente manière. De quoi bousculer les habitudes des licenciés de SO Monaco et, pour certains, créer un vide. "Pour les personnes qui sont dans des structures, ils n'étaient pas seuls, donc ça pouvait encore aller. Mais quelques-uns vivent seuls et pour eux, ça a été compliqué", glisse Eric Waterson, rapidement rejoint par Marco Muratori : "On en a eu pas mal au téléphone, en visio, et pour certains, on a été leur amener à manger à quelques reprises afin de leur montrer aussi qu'on pensait toujours à eux." Si les licenciés atteints de handicaps n'ont pas été plus touchés que ça, ce sont surtout ceux atteints par des maladies mentales qui ont eu le plus de difficultés durant le premier confinement. 

"Sur le second, ça a été mieux, mais le premier reste le premier. Là, sur le deuxième, ils l'ont mieux vécu, mais ils ressentent tout de même le manque. Certains n'ont pas grand chose en dehors de SO, et là, on a reçu récemment des messages nous demandant quand l'entraînement allait reprendre car ils avaient hâte", ajoute Muratori. Alors que chacun a dû vivre de son côté, un moment particulier a marqué le début des retrouvailles, courant mai, entre les licenciés et leurs coaches. A l'initiative de la Fondation Princesse Charlène et de son secrétaire général, Gareth Wittstock, une distribution de masques a ainsi eu lieu sur la promenade des Jardins d'Apolline. 

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"C'est vraiment à son initiative que nous avons pu réaliser cela", glisse Pierre van Klaveren. "On a mis un protocole en place pour pouvoir les distribuer de façon officielle avec lui, sans quoi on n'aurait pas pu voir les jeunes à ce moment-là", continue le président de SO Monaco, présent dans l'association depuis plus de 20 ans maintenant. Une distribution ensuite assurée par les responsables de SO Monaco qui n'ont pas hésité à parcourir quelques kilomètres, de Nice à Menton, pour aller porter les masques à leurs athlètes. Et ainsi passer un petit moment avec eux alors que le sport n'avait pas encore reçu le feu vert pour un nouveau départ. "Marco s'est occupé de la distribution à ceux qui vivent sur les communes limitrophes et j'ai pris le reste pour aller voir nos athlètes qui habitent Menton et Nice. Ça nous a permis de les voir un petit quart d'heure, ce qui était bien", note Eric Waterson.

De nouvelles activités

La coupure liée au premier confinement a aussi un effet bénéfique pour nombre de licenciés, comme l'explique Pierre van Klaveren. "Ils ont été quelques-uns à mal vivre ce confinement, mais cela a aussi permis de remettre les choses en perspective. Ils ont compris que ce n'était pas un dû, que ceux qui étaient vraiment embêtés par l'arrêt du sport, c'étaient eux avant tout. Si ça a aussi manqué aux bénévoles, comme à nous d'ailleurs, les athlètes et les familles se sont rendus compte du boulot fourni par nos équipes et que c'est un vrai travail." De quoi, aussi, pousser nombre d'entre eux à venir aux renseignements tout au long de ces semaines. "On a reçu beaucoup de demandes de ce genre", glisse Catherine Lapellegerie. Même dans la rue quand il nous arrivait d'en croiser, ils venaient spontanément nous voir pour nous demander quand on allait pouvoir reprendre." 

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Dès lors que le confinement a été levé, il a fallu s'adapter pour organiser la reprise des activités. "On a pu maintenir certains créneaux, mais comme sur la natation, on a basculé sur de la nage en mer, ce qui est un autre apprentissage", note Marco Muratori, qui a dû, avec ses équipes, réorganiser les sessions afin de respecter le nombre maximal de personnes autorisées. "Cela nous a aussi permis de prendre plus de monde en scindant les groupes en deux, même s'ils nageaient quinze minutes de moins." Le cyclisme, par exemple, a lui aussi évolué, avec une envie nouvelle, comme le raconte Cathy. "

On sent qu'ils sont heureux d'y aller, alors qu'avant ça leur paraissait normal. Comme il était difficile de rouler à Monaco durant cette période, on a innové en allant à Nice, sur la piste cyclable", continue-t-elle. La période entre les deux premiers confinements a aussi permis la création de nouveaux créneaux, avec de la randonnée ou de la marche par exemple. Si l'activité sportive reste dépendante des décisions gouvernementales, le board de SO Monaco a aussi usé de ces temps de confinement pour "avancer sur des projets extra-sportifs", glisse Pierre van Klaveren.

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Site web et nouvelle tenue

Souvent dans le rush, rarement au calme, les membres du bureau de SO Monaco ont eu un temps à disposition dont ils n'étaient pas coutumiers. Rangement, inventaire, tri des photos, "depuis 18 ans, tu en as des millions", glisse Eric Waterson, mais aussi création du site internet. "Jusqu'à présent, on n'avait qu'une page Facebook et un compte Instagram", ajoute ''Wats''. Cela va nous permettre de montrer la vie de l'association, de faire connaître ce qu'est Special Olympics et il faut dire aussi que ça rassure les gens de voir un site internet lorsqu'ils nous cherchent", ajoute Cathy. L'arrivée du site web va aussi aider SO Monaco dans ses démarches auprès des sponsors. "C'est souvent la première question qu'on nous pose, 'avez-vous un site web ?', alors qu'on arrive avec notre dossier imprimé sous le bras, à l'ancienne. Il fallait qu'on le fasse", appuie Eric Waterson. 

Si cette avancée s'est aussi accompagnée de quelques évolutions structurelles demandant pas mal de travail de fond, comme le changement de cabinet comptable, le board a également avancé sur la production de nouvelles tenues pour SO Monaco. "On a réussi à faire ça avec Robe di Kappa et Vincent Seggiaro qui nous a beaucoup aidés", glisse le président, avant que son directeur ne lui emboîte le pas. "C'est l'identité de Special Olympics. On y tenait. On avait bricolé des tenues un peu anciennes, il n'y en avait pas pour tout le monde, et là, d'ici quelques mois, ils seront à l'entraînement, tous ensemble, avec la même tenue. C'est aussi quelque chose qui nous vient de madame Calmes, notre ancienne présidente, car elle souhaitait qu'on soit tous habillés pareil, coaches et athlètes." 

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De quoi, aussi, créer un sentiment d'appartenance chez chacun des athlètes de SO Monaco, comme le rappelle Cathy : "On vient de l'AMAPEI, et là-bas, ils refusaient parfois de porter les t-shirts car cela les identifiait au handicap, alors que sur SO, ils oublient cela et ne pensent qu'au sport." Afin de concerner un peu plus encore tout ce petit monde, les tenues leur appartiennent désormais. "On fait participer les familles à l'achat de la tenue, elle leur appartient et c'est à eux d'en prendre soin, contrairement à avant où on leur prêtait et ils nous les rendaient après", ajoute Pierre van Klaveren. 

Et pour renforcer un peu plus l'appartenance à SO Monaco et son histoire, sur chaque veste et chaque t-shirt se trouvent, en plus des sponsors, les initiales PC. "C'est pour Philippe Calmes, qui fut le premier athlète SO Monaco", rappelle Marco Muratori. De quoi garder en mémoire l'histoire de l'association tout en se tournant vers l'avenir et une année 2021 qui devrait, on l'espère, permettre à tous les athlètes de retrouver le plaisir de la pratique du sport et l'adrénaline de la compétition.

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