Plein fer sur le rocher

Le Challenge Denis-Ravera s'est déroulé les 15 et 16 septembre en Principauté. Pour la cinquième édition de ce tournoi international de sport-boules, 17 nations étaient représentées. Un joyeux melting-pot qui met à l'honneur la jeunesse, l'esprit d'équipe et la performance technique.

Des boulistes en culottes courtes. 120 exactement. Que l'on fasse partie des U14, U18 ou U23* (les trois catégories en lice) on rigole, mais juste un peu. En réalité, ce sont de vrais pros en puissance. Le challenge, inscrit au calendrier de la Fédération internationale de boules a été créé en 2008, en hommage à Denis Ravera, décédé un an auparavant. Ancien président du Club bouliste du Rocher, il avait beaucoup œuvré pour la médiatisation de ce sport. Pour l'occasion, les joueurs s'affrontent en double le samedi, c'est à dire deux contre deux avec trois boules chacun. Dimanche, ils se jaugent au tir de précision, seuls face à leur concentration. 

"On devrait avoir de belles surprises"

Samedi matin, les troupes sont sur le pont à 8 heures. Enfin, surtout les U14 et U18... Les U23 ont jusqu'à midi pour visiter Monaco. Ils n'entrent en piste qu'à 14 h 30. On découvre les plus jeunes au Club bouliste du Rocher. Un peu camouflé, avant d'entrer dans Monaco-ville, il se trouve en face du jardin Saint-Martin. Tee-shirts rouge et blanc sur le dos, tous les bénévoles du club s'activent autour des terrains. D'ici, on a une vue imprenable sur la Principauté et ses alentours verdoyants. Les terrains sableux coulent une vie fraîche, à l'ombre des pins. Puis il y a le restaurant des boulistes, lieu privilégié du débriefing post-jeu. Parmi la quinzaine de "soldats", on trouve le président, Philippe Grauss, le responsable sportif, Jean-Louis Barrera, et l'entraîneur, Dominique Verger. 

Un homme plein d'espoir pour ses jeunes joueurs. "Ce matin, nous avons trois équipes en U14 et deux équipes en U18. On devrait avoir de belles surprises." Avec trois phases de poules à franchir dans la matinée, ils ont du pain sur la planche. Les boulistes parlent chinois, slovène, croate ou encore italien... Mais ils se comprennent grâce aux règles. Afin qu'elles soient scrupuleusement respectées, deux arbitres internationaux scrutent les terrains. Mtar Magid et Bruno Rougies. Tous les deux appartiennent à la Fédération monégasque de boules, qui compte soixante licenciés.

"Les parents ont souvent des a priori "

Dominique Verger souhaite à ses joueurs d'aller le plus loin possible bien sûr, mais il est déjà ravi de pouvoir présenter ses jeunes talents. "C'est assez compliqué de recruter des joueurs. Les parents ont souvent des a priori. Ils imaginent le bouliste type avec la cigarette et le verre de pastis. Notre combat, c'est de donner une image plus positive à ce sport. Il véhicule de vraies valeurs telles que le respect mutuel et la discipline. Puis ça demande des capacités motrices et de concentration. Le jeu traditionnel, en double, demande moins de qualités physiques que les épreuves dites sportives mais il reste très tactique. Le tir de précision demande énormément d'entraînement et de technique. On sollicite aussi bien le physique que le mental. Ce genre d'épreuves plaît beaucoup aux jeunes."
Dominique Verger a rejoint le club en 2002. Professeur de sport au collège Charles-III, il contribue à faire connaître cette discipline en Principauté. Les jeunes commencent à la pratiquer en tant que sport scolaire et s'orientent ensuite vers le club. "Nous avons un centre de formation avec 25 jeunes. Dès que j'en vois un passer le portail du club, je me dis que c'est gagné."

Des petits boulistes passionnés

Quentin Motillon, 14 ans, pratique depuis trois ans. "J'ai vu une affiche au collège. J'ai testé puis j'ai adopté. Souvent, les copains pensent que c'est pas du sport. Pourtant, c'est très physique." Le sport-boules fait des adeptes via le bouche-à-oreille. "Alexandre (Maccio), le voisin d'Andy (Vimes) est venu essayer avec lui et il a aimé. Le frère de Quentin (Grillet) trouvait que c'était nul au début. Finalement, il a essayé et il est resté", explique l'ado. "Moi, ça va faire quatre ans que j'en fais, raconte Nicolas Saint-Polit. Mon père était cuisiner au club. Il m'a proposé de venir jouer. J'ai aimé et j'ai continué." 
Bruno Rougies, arbitre international, lui-même membre de l'équipe nationale monégasque, est très satisfait par la qualité de la formation. "Monaco est vraiment le fer de lance dans ce domaine. Je viens du Var, où il y a onze clubs et 450 licenciés. Mais pas un jeune, pas un !"

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