Challenge Albert-II : Feu sur le Mont-Chauve

Pour la première édition internationale du Challenge de tir Albert II, quarante-deux hommes issus d'unités de défense tels que le Groupe d'Intervention de la Police Nationale de Nice, la Gendarmerie de San Marino et l'Unité Spéciale de la Police luxembourgeoise s'étaient déplacés. Parrainé par Mélanie-Antoinette de Massy, le rendez-vous promet de devenir régulier.

Jamais vu autant d'uniformes réunis. En atteignant le sommet du Mont-Chauve, à Tourrettes-Levens, on pouvait croire qu'on déboulait en pleine scène de crime. Hélicoptère, militaires, gendarmes, policiers, Carabiniers du prince… La totale. En réalité, nous sommes allés faire un tour au TCFO (Tir club des forces de l'ordre) lors d'une grande première.

Les 27 et 28 juin, les Carabiniers du prince, en association avec les moniteurs de tir police de Monaco et l'Association sportive de la Sûreté publique (ASSP), ont organisé une compétition internationale de tir. Pour information (nous étions rassurés), l'hélicoptère ne venait chercher aucun dangeureux criminel. C'était le moyen de locomotion des frères Casiraghi. 

L'idée germait depuis longtemps dans la tête des organisateurs, mais ce sont eux qui ont donné l'impulsion à l'événement. Les deux hommes sont de vrais férus de la discipline. "Pierre et Andrea nous ont dit : "Pourquoi on n'organiserait pas un concours international ? On a souhaité relever le défi", explique le commandant Philippe Rebaudengo, chef de corps de la Compagnie des Carabiniers du prince.

Course contre la montre

Un défi, c'est bien le mot. "La décision a été prise en décembre", précise le brigadier Bruno Petit, également Carabinier et cheville ouvrière du tournoi. "Nous avons eu trois mois pour contacter tous nos pairs et l'organisation protocolaire a été assez longue."  En quelque sorte, le résultat est une prouesse. "Nous avons réussi à faire venir 21 binômes de différents corps, provenant de 9 pays. Chaque équipe représente son unité", ajoute Philippe Turny (ASSP), l'un des organisateurs. 

"Finalement, cela s'est su que l'on organisait une compétition et certains ont râlé de ne pas être invités. Mais nous ne pouvions pas recevoir davantage de participants. Ce qui est certain, c'est que nous avons la volonté de perpétuer ce challenge chaque année, avec plus d'invités peut-être", rapporte Bruno Petit. 

Sur le parcours, pour défendre les couleurs monégasques, on trouvait les frères Casiraghi avec les Carabiniers du prince, des hommes de l'Association sportive de la Sûreté publique, de l'Unité spéciale d'intervention et de voie publique (USIVP) ainsi que de la Maison d'arrêt de Monaco.

Le tunnel piégé

En découvrant le fort du Mont-Chauve, construit au 19e siècle, nous croisions les binômes entre deux épreuves. Au frais, dans l'antre de la bâtisse, Franck Dumoulin. "C'est le baptême du feu", avoue le champion olympique de tir au pistolet à air comprimé à 10 mètres (en 2000, à Sydney). Gardien de la paix à Bordeaux, il s'apprêtait à s'engouffrer dans un tunnel dépourvu de lumière. 

"L'idée, c'est de progresser en binôme et de communiquer. Nous devons libérer un otage fictif en évitant l'ennemi." Les ennemis étaient matérialisés par des cibles, armées ou pas, qu'il fallait donc choisir de neutraliser ou de laisser "en vie"

"Nous ne tirons sur la cible qu'en cas de légitime défense. C'est intéressant car ça nous fait travailler cet aspect notamment", explique-t-il. Le Carabinier Gilbert Cazal se chargeait de l'encadrement de l'épreuve et assurait la bonne avancée des hommes dans la pénombre hostile.

Entre vitesse et précision

Les futurs champions de la journée se trouvaient dans un état d'esprit positif mais combattif. "Ça s'est bien passé pour nous à l'épreuve de la mort subite", commente Sébastien Médard, de l'USIVP. "Mais on a vu passer plusieurs équipes avant nous et on a pu constater que le niveau est très élevé", ajoute Julien Dalmasso. Le binôme a remporté le chalenge avec 639 points.

Sur le haut du fort, nous avons suivi les Carabiniers Jean-Claude Prim et Ludovic Guillemou pour le tir sportif de vitesse. À l'entrée de l'épreuve, un moniteur les briefait sur le parcours qu'ils auraient à réaliser. Le parcours devait être traversé au pas de course, et en marquant des stops à l'approche des cibles à viser. 

"C'est pas évident. Je suis un peu essoufflé et surpris. Avec le chrono, on est tenté d'aller vite mais il faut savoir prendre un peu de temps pour bien tirer", explique Jean-Claude Prim à son camarade. Ludovic Guillemou ne tarde pas à s'élancer lui aussi, faisant jaillir la poussière du gravier, dans le fracas sonore des tirs et des douilles tombant au sol.

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