Vol embarqué

Il n'y a pas que les enfants qui avaient droit à un vol en planeur à l'occasion de la journée organisée par l'Association Monégasque de Vol à Voile. C'est ce que nous avons testé pour vous à Fayence.

Au cours de notre journée avec les Enfants de Frankie, la Maison d'Adrien et l'Association Monégasque de Vol à Voile, nous avons pu profiter d'un vol en planeur. Mais avant, il fallait en passer par le simulateur. J'entre donc dans une petite pièce où il fait sombre et où Michel Malignon m'attendait. Je fais en sorte de rentrer ma carcasse dans le cockpit sans arracher la moitié des câbles sur ma route. Déjà une première épreuve de passée sans encombre. 

Ayant toujours été particulièrement mauvais sur les rares jeux de vol auxquels j'ai pu m'essayer par le passé, je m'attendais à me crasher assez rapidement. Au final, dès les premiers instants, je me rends compte que j'arrive à maintenir un cap. D'un coup, Pierre, l'un des bénévoles de la journée vient me chercher. "Romain, Jean-Pierre t'attend pour le vol, il faut y aller maintenant". Ni une ni deux, je m'extirpe de ma cabine pour rejoindre mon pilote.

En l'air, on fait pas le fier

Je saute du pick-up et je rejoins donc Jean-Pierre Bessero, l'un des organisateurs de la journée, qui m'attend devant le planeur. Ayant suivi les briefings du matin, il n'a qu'une petite mise à jour à me faire pour me rappeler les conditions d'éjection en cas de problème. Rassurant… J'enfile donc mon parachute (ce qui a fortement tendance à me rassurer également…) et je m'installe dans la cabine, où je suis posé juste derrière lui. Car, qu'on se le dise, je n'ai jamais été totalement rassuré lors des vols en avion. Monter en planeur est donc déjà un petit défi pour moi. Alors que nous sommes reliés à un avion à moteur par un câble, le décollage est imminent. 

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Pas des plus serein, mais impatient de débuter l'aventure, je garde fermement mon téléphone en main, histoire d'immortaliser ces instants. Nous sommes tractés par l'avion qui nous précède et qui va nous amener dans le ciel. Cela avant de nous larguer pour nous laisser effectuer notre vol au grès des courants d'air. Et dès le départ, ça secoue pas mal. "Ne t'inquiète pas, c'est tout à fait normal", me lance Jean-Pierre. Forcément, quand on est tiré par un avion, ça bouge un peu. Logique. 

Lâché dans les airs

Très pédagogue, Jean-Pierre m'explique à peu près tout ce qu'il se passe. D'autant que, ayant des commandes pour piloter moi aussi, je peux tout suivre en temps réel sur mon tableau de bord. Cela, en prenant bien garde de ne surtout toucher à rien et encore moins au manche, qui permet de diriger le planeur. La petite sortie d'air qui me vient au visage me fait le plus grand bien, car même si je suis assez rassuré par le déroulé des événements, je ne suis pas le plus à l'aise des hommes une fois que mes pieds quittent la terre ferme. Arrive le moment où notre remorquage touche à sa fin. À 850 mètres d'altitude, nous voilà livrés à nous-mêmes. Enfin, surtout à Jean-Pierre. Le largage du câble de remorquage est d'ailleurs une expérience en soi, puisque l'on a l'impression de passer sur un dos-d'âne. Sauf qu'il n'y en a pas et que l'on n'est pas en voiture. Nous voilà désormais en vol pur de planeur. Et il faut avouer que la sensation de flotter dans l'air, sans aide d'un moteur, est particulièrement agréable. 

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Tube ascendant

Le vol se déroule tranquillement et Jean-Pierre m'explique tout ce qu'il se passe, comme le nombre de mètres / seconde auquel on monte ou descend. Ce qui peut s'avérer assez impressionnant. Après être passés à flanc de montagne, nous voilà au-dessus d'une route. "Là on va prendre de l'altitude, regarde, ça va être un truc de dingue", me dit Jean-Pierre. Pas serein pour un sou mais ne voulant rien manquer, je m'essaye à un "ok c'est parti !", tentant d'être le plus sûr de moi possible. Et là, nous voilà en train de tourner et de monter, comme dans un ascenseur. Au plus fort, nous avons une ascension de 5 m/s. Ce qui procure une sensation assez folle, puisque la route qui n'était qu'à 800 mètres de nous se retrouve rapidement à presque 2 000 mètres ! En effet, au plus fort, nous sommes montés à 1 850 m d'altitude ! 

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Tout au long du vol, j'admirais ce paysage si atypique qu'est celui de l'arrière-pays varois tout en écoutant Jean-Pierre me donner des indications sur notre vol. "Pose ta main sur les commandes, comme ça tu vas voir ce que ça donne", me dit-il. Je m'exécute, fébrilement, de peur de faire un mauvais geste. Quelques minutes après, Jean-Pierre me dit de les prendre. "Non, non, sérieux, je me sens pas !" Sauf que je finis par m'y résoudre. Bien entendu, il surveillait de près et était prêt à reprendre la main à tout instant. La sensation de piloter est aussi excitante que stressante. Même si mon plaisir était là, je préférais les lui rendre rapidement. Pas question de faire une boulette à plus de 1 500m d'altitude. Mais quel moment agréable que celui de planer. 

Retour sur le plancher des vaches

"On va être en retard, on va devoir se dépêcher pour le retour", me lance d'un coup d'un seul mon pilote. Après une petite pointe à 200 km/h (les appareils peuvent aller sans problème jusqu'à 250), il nous fallait manœuvrer pour nous remettre en place par rapport à la piste d'atterrissage. Et là encore, les sensations sont fortes. A mesure que la piste se rapproche, nous décélérons pour poser la machine. Une fois à l'arrêt, il est temps de ressortir du cockpit. Pour ne pas vous mentir, je n'ai pas été malade, mais je n'en suis pas passé loin non plus ! J'ai d'ailleurs décliné l'invitation à déjeuner qui m'a été faite pour me concentrer sur de l'eau gazeuse… Mais cela n'a pas entaché ce moment passé dans le ciel azuréen. Loin de là. Une expérience qui restera longtemps dans ma mémoire et que je ne saurais que trop vous conseiller !

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