Cadeau dans le ciel

A l'aérodrome de Fayence, l'Association Monégasque de Vol à Voile a offert des baptêmes de vol aux personnels du CHPG et de certains services de la mairie de Monaco. Une journée sponsorisée par le Rotary Club de Monaco. 

Il est dix heures et le soleil frappe déjà fort sur le sol terreux de l'aérodrome de Fayence. A quelques kilomètres de la petite commune varoise, les vols s'enchaînent. "On est déjà de l'autre côté, au niveau des pistes", nous glisse Sylvain Bilote, président de l'Association Monégasque de Vol à Voile (AMVV), lorsque nous l'appelons pour le prévenir de notre arrivée. Une petite minute plus tard, c'est sous un barnum que nous retrouvons tout ce petit monde. "Un café ?" nous lance-t-on à peine sorti du véhicule. Pas de refus. Pains au chocolat, croissants, café et rafraîchissements sont disponibles. Il faut dire qu'il y a du monde en ce samedi matin. Et la journée ne fait que commencer. 

Baptêmes de l'air

Non loin de la petite tente, la piste d'envol est le théâtre d'un rituel bien connu des bénévoles de l'AMVV. Le premier planeur accueille une jeune fille sur le siège avant. Face à elle, à l'extérieur, son pilote lui explique les bases à connaître avant de s'envoler. Il s'installe ensuite derrière elle, parachute sur le dos, tout comme sa passagère. Un avion à moteur se place en amont. Anthony Roustan, vice-président du club, récupère alors la corde attachée au ''remorqueur'' pour l'accrocher au planeur. Le premier met les gaz, avance, tractant ainsi le second. Au bout de quelques mètres parcourus sur la terre ferme, le décollage se fait tout en douceur. "Sur un vol de ce type, on lâche l'avion à environ 1 000 m d'altitude", explique l'un des bénévoles à un futur baptisé. Ce ballet s'est répété jusqu'à la fin de l'après-midi. Et pour cause, l'AMVV a organisé une journée découverte. 

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Avec, ce coup-ci, une thématique particulière liée à l'actualité du moment. "Nous avons l'habitude, au sein de l'association, de ce genre de vols, puisque c'est l'un des buts de notre club, à savoir faire découvrir le vol en planeur à des enfants en situation de handicap ou de difficultés sociales. Nous nous sommes dits dernièrement qu'il serait bien d'offrir quelque chose aux personnels du CHPG mais aussi à ceux des services sociaux de la mairie de Monaco car ils ont connu une période d'activité particulière avec la crise du Covid-19. C'est un peu notre manière de 'récompenser' leurs efforts", glisse le président de l'AMVV. Et pour ce faire, les aficionados du vol en planeur ont pu compter sur le soutien du Rotary Club de Monaco, qui a assuré le financement de la journée. 

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"C'est un bon moyen de marquer notre reconnaissance vis-à-vis de ce personnel qui a œuvré sur cette crise du Covid-19 et comme le Rotary est très impliqué dans toutes les actions humanitaires, notamment celles ayant trait à la santé, c'est la raison pour laquelle on a saisi cette opportunité qui est une idée géniale de la part de l'AMVV", explique Patrick Weill, membre et ancien président du Rotary Club de Monaco, dont l'amitié avec Sylvain Bilote a facilité l'organisation de la journée. 

Une vingtaine de vols sur la journée

Découpée en deux parties, la journée a vu deux groupes de personnes rejoindre l'aérodrome. Les personnels de mairie le matin et ceux du CHPG l'après-midi. Les vols, quant à eux, étaient destinés à ces personnels ou à leurs enfants. Afin d'assurer le roulement, six pilotes du club ont répondu présent, ainsi que de nombreux autres membres de l'AMVV. "C'est important d'avoir du monde pour l'aide au sol car, si le vol en planeur est un sport individuel, il se pratique en équipe. On ne peut pas décoller seul, il faut un avion remorqueur et du monde pour nous aider à déplacer les machines", précise Sylvain Bilote. D'autant que pour cette journée, contexte sanitaire oblige, les conditions sont quelque peu différentes qu'à l'accoutumée. 

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Masques, nettoyage des sièges, gel hydroalcoolique à disposition, autant de mesures à respecter. Si une vingtaine de vols a eu lieu, au moins autant se dérouleront plus tard. "Nous avons fait des bons cadeaux car on ne pouvait pas accueillir tout le monde sur une journée et ils viendront sur rendez-vous", ajoute le président. Enfants et parents ont ainsi pu profiter de conditions parfaites durant la journée pour découvrir une nouvelle discipline. Et à en voir les sourires affichés après l'atterrissage, nul doute que la mission a été un succès.

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Un motoplaneur rejoint la flotte

A notre arrivée, un appareil a attiré notre œil. Damier monégasque au niveau de l'aileron arrière, places l'une à côté de l'autre dans le cockpit, logos de la No Finish Line et Children and Future sur le fuselage et, surtout, une hélice à l'avant. "C'est un moto-planeur", annonce Jean-Pierre Bessero, secrétaire général de l'AMVV. "Nous l'avons depuis un an et demi, grâce à Children and Future et la No Finish Line. Ce planeur, doté d'un moteur, nous a permis d'ouvrir l'activité à des enfants plus petits ou à des personnes aux pathologies plus lourdes." Un jeune garçon de 11 ans a ainsi pu participer à la journée organisée ce jour-là, en réhaussant son siège à l'aide de coussins. "On est assis côte-à-côte, cela permet de mieux sentir les réactions de la personne avec nous, de la rassurer, de lui montrer les commandes, etc." Il peut également accueillir des personnes à mobilité réduite. "Grâce à un système que nous avons mis en place et la grande ouverture de la verrière, nous pouvons hisser une personne à l'intérieur. Cela nous permet aujourd'hui de proposer des vols sur 4 planeurs conventionnels et un motoplaneur." S'il permet aussi de gagner en autonomie, ce motoplaneur ne change pas pour autant les habitudes des pilotes une fois en vol. "On reste un club de vol à voile. La présence du moteur aide à rassurer les gens un peu craintifs par rapport à l'absence de moteur sur un planeur classique, mais nous le coupons dès que possible pour planer."