Découverte en altitude

L'Association Monégasque de Vol à Voile a organisé une journée découverte de son activité pour cinq jeunes issus du Foyer Princesse Charlène. Une journée à laquelle le couple Princier a pris part sur l'aérodrome de Fayence.

Voler. Se sentir libre comme l'air. La sensation de flotter au-dessus de la terre. Avoir l'impression de déployer ses ailes et voguer au gré du vent. Voilà ce que l'on ressent lorsque l'on vole à bord d'un planeur. Un petit avion dépourvu de moteur qui fend le ciel grâce aux courants d'air qui le peuplent. Si cela peut s'avérer impressionnant, voire même effrayant pour certains, ce n'est pas ce qu'ont gardé en mémoire Claire, Camille, Alexis, Shalfaa et Nathanaël. Tous les cinq, âgés de 16 à 18 ans, ont ainsi pu prendre part à une journée découverte avec l'Association Monégasque de Vol à Voile (AMVV). Il n'y a qu'à voir leur sourire au moment d'évoquer ce moment. "C'était le feu ! Planer sans moteur et à la force du vent, c'est assez fou", glissent Nathanaël et Alexis, visiblement conquis par leur journée.

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L'apprentissage avant l'envol

Avant de voler, il est nécessaire de comprendre comment cela fonctionne. Et comme pour chaque personne qui s'apprête à vivre son baptême, il faut en passer par la case briefing. Arrivés en début de matinée sur l'aérodrome de Fayence, où l'AMVV a ses habitudes, les cinq jeunes et leurs accompagnants ont donc débuté par un passage en salle de briefing. Au menu, point météo, évolution du temps dans la journée ainsi que des courants d'air qui seront présents au-dessus de la plateforme. 

Des informations importantes, vitales, afin de préparer au mieux son vol et ainsi éviter toute surprise. Une fois cette première réunion terminée, il faut en passer par les consignes de sécurité. Et la découverte de la machine. Rendez-vous donc devant le planeur qui va les amener. En compagnie de Sylvain Bilote, président de l'AMVV, Jean-Pierre Bessero et Anthony Roustan, ainsi que du groupe de bénévoles du club, les jeunes ont pu observer au plus près la cabine du planeur. Cabine dans laquelle ils sont montés un peu plus tard. Commandes, tableau de bord, consignes de sécurité, tout y passe avant de pouvoir vivre son baptême de l'air. Et au milieu de ces consignes, celle concernant le parachute. Car dans tout vol en planeur, pilote comme passager doivent en porter un. Ce qui peut s'avérer un peu stressant pour un néophyte, voire pas franchement rassurant. Mais qui n'a pas gêné le petit groupe, au contraire. "En enfilant le parachute, on dirait qu'on part à la guerre (rires)", glisse d'ailleurs Nathanäel. 

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Après la logistique et la théorie, place à la pratique. Tout le petit groupe rejoint ainsi la piste d'envol situé à quelques minutes à pied de la salle de briefing. Sur place, des planeurs et des avions à hélice. Car il faut bien tracter en l'air ces petits biplaces qui n'ont rien d'autre que leurs ailes pour voler. Un câble de remorquage lie ainsi le planeur à son avion tracteur pour rejoindre les airs. De quoi assurer quelques sensations dès le décollage de l'appareil. "Quand on part, qu'on prend de la vitesse, de l'élan, c'est un peu particulier, comme lorsque l'on lâche la corde une fois en l'air, ça procure un ressenti bizarre, mais c'était vraiment bien", précisent les adolescents. 

L'ascension est assez rapide et dès lors que les avions atteignent entre 600 et 800 mètres d'altitude, le pilote du planeur tire alors sur une manette pour relâcher la corde d'amarrage qui le relie à l'avion moteur devant lui. Et l'effet de dos-d'âne peut en surprendre plus d'un. Comme d'autres choses d'ailleurs. "J'ai été marquée par la vue qu'on a depuis là-haut et lorsque l'on est redescendu pour atterrir", explique Camille. Comme cela se fait souvent, tous ont pu "piloter" le temps de quelques secondes. Un moment, manche en main, qui a visiblement plu à Alexis. "On a testé un peu, la sensation de piloter l'engin, c'est génial même si ça stresse un peu quand on commence à changer de trajectoire et qu'on lui rend vite les commandes", dit-il dans un éclat de rire. Une expérience positive donc, d'autant plus pour Camille qui se sent plus sereine en planeur qu'en avion. "Ils nous ont expliqué que sans moteur on peut planer sur 40 km alors qu'un avion à moteur ne peut le faire que sur 4, donc je trouve ça beaucoup plus rassurant". 

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Photos
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un motoplaneur électrique

En parallèle de la journée pour les enfants, l'AMVV a vu un motoplaneur électrique être présenté, le Taurus electro G2 de chez Pipistrel. Doté d'un moteur et d'une hélice, qui se rétracte automatiquement dans le fuselage dès que l'avion passe en mode planeur, ce biplace de 310 kg peut accueillir deux personnes. "Il y a une roquette installée dans un tube, avec un parachute qui va déchirer toute la peau, se placer sur les parties en dur de l'aile, ce qui évite d'avoir à s'évacuer comme dans un planeur normal",comme l'explique Aurélien Durigneux, représentant pour plusieurs marques dont Pipistrel, fabricant de la machine. La première version électrique date d'il y a 5 ans, mais ce modèle contient la 3e génération de batterie développée par Pipistrel, de manière à gagner chaque fois en autonomie. "L'autonomie se mesure en montée. Ici, sur ce modèle, on a 3 000 m de montée. En général, à 600-700 m d'altitude, à Fayence, on lâche le remorqueur. Avec lui, ce sera pareil, sauf qu'on arrêtera le moteur pour passer en mode planeur."  Se déplaçant sans bruit ni émission de CO2, le Taurus gagne également en fiabilité et permet un vol en côte-à-côte, là où la majorité des planeurs proposent un vol avec le pilote devant et son passager derrière, ou inversement. Et dès lors que les réserves d'énergie sont vides, le chargeur entre en lice pour refaire le plein et analyser les derniers vols. "Il est associé aux batteries, il discute avec elles. C'est-à-dire qu'à chaque fois où on le branche, il vide leur mémoire pour voir s'il n'y a pas eu de défaut, d'alarme, de cellule endommagée ou toute autre contre-indication avant de lancer la charge."