ASM Aïkido : La nouvelle voie de l'aïkido monégasque

A Monaco, l'ASM aïkido a changé de bureau directeur à l'été 2014. Depuis, de nombreux stages ont été organisés, et le président, David Barral, souhaite plusieurs choses pour son club, comme en faire une place forte de l'aïkido mondial et s'ouvrir toujours plus aux jeunes.

Si l'on s'en réfère aux définitions que l'on peut trouver sur internet ou dans les différents dictionnaires et manuels, l'aïkido se répertorie comme art martial. Et non pas comme sport de combat. Pour bien faire la différence entre les deux, mieux vaut se référer à un spécialiste. 

Ici, c'est David Barral, président de l'ASM aïkido qui nous montre la voie. "Un sport de combat, c'est une activité codifiée, avec des règles strictes et on juge la performance des adversaires qui s'affrontent. Nous ne sommes pas du tout dans cet esprit-là, il n'y a pas de combat en aïkido. Toute l'activité de cet art martial réside dans la pratique. Il n'y a pas de phase de combat." 

D'autant que l'aïkido se définit comme non-violent. "Théoriquement, on n'exerce jamais une contrainte physique ou morale sur quelqu'un. L'aïkido n'est pas contraignant puisqu'il va utiliser le poids du pratiquant pour le mettre dans un certain déséquilibre," précise David Barral. Cet art martial se définit également comme une voie, un cheminement de vie qui "consiste à embrasser l'énergie de l'autre, l'énergie du monde". Et le président, accompagné des membres de son bureau, a d'ailleurs dessiné une nouvelle voie pour l'aïkido monégasque.

Nouveau bureau

De compétition, il n'y en a pas dans cette discipline, comme il n'y en a pas non plus au sein du club. Après des années passées avec le même bureau directeur, l'ASM aïkido a donc pris une nouvelle direction l'été dernier. "Les gens qui faisaient consensus au sein du club ont été plébiscités par un vote démocratique. Nous avons un nouveau bureau qui a la volonté de changer l'image de la section", précise David Barral. 

Une section qui avait jusque-là été dirigée par les mêmes membres ou presque depuis 1975. Et parmi ces nouveaux venus qui veulent faire avancer le club, le président en est le leader. Motivé pour développer le club, celui qui a découvert l'aïkido en 1998 - "un peu par hasard, un ami cherchait un art martial à faire, et le déclic a été immédiat"- ne manque pas d'idées pour cela. Pour mener à bien sa mission, il a su s'entourer d'un bon nombre de bénévoles pour dispenser les enseignements relatifs à l'aïkido. Un point important pour celui qui est enseignant dans la vie quotidienne. "Chez nous, tout le monde est bénévole et fait ça par passion. C'est une chose à laquelle je tiens en tant que président. Je pense que dans un art martial tel que l'aïkido, aucun rapport financier ne doit rentrer en ligne de compte entre le maître et l'élève." Six enseignants et leurs aides dispensent les treize heures de cours proposés par le club. De quoi offrir du temps aux pratiquants, qu'ils soient de Monaco ou d'ailleurs.

Ouverture

C'est l'un des points sur lesquels le président insiste. "Pendant longtemps, nous avons eu une histoire restreinte à la région. Nous avons un manque de visibilité et d'influence dans le monde de l'aïkido qui est cruel. Mon premier objectif est donc de remettre l'aïkido en Principauté au coeur de l'aïkido mondial." 

Bénéficiant d'installations sportives "fabuleuses", le bureau directeur du club a ainsi mis en place une série de stages dispensés par de grands maîtres de la discipline. Avec notamment la venue d'instructeurs de la maison mère de l'aïkido, au Japon. "Ils sont les plus hauts gradés," glisse le président, même si ce dernier n'accorde pas une importance particulière à l'idée de grade. "Je n'aime pas trop cela parce que ça implique des notions de qualité, et il y a des maîtres qui ne sont pas japonais, mais dont la qualité est tout aussi grande. Les grades existent, mais ils n'existent pas pour autre chose que ce qu'ils sont, à savoir des étapes dans la pratique, oùl'on reconnaît un certain niveau. Mais l'aïkido est avant tout un "do", une voie sur laquelle on s'engage pour longtemps, si l'on prend cela à la japonaise." 

Il confie d'ailleurs que les maîtres qui l'inspirent le plus ne sont pas forcément issus du pays du soleil levant. Pour redonner une place importante à l'aïkido monégasque, David Barral compte aussi promouvoir sa discipline, pour laquelle il note déjà un nombre de demandes en croissance. Et pour l'aider un peu plus dans cette volonté, la filiation entre Monaco et le Japon va avoir une certaine incidence.

Aikikai

A l'heure actuelle, les différentes fédérations mondiales d'aïkido peinent à s'entendre sur une uniformisation des grades. Ce qui a pour conséquence que les grades acquis sous l'égide de certaines fédérations ne sont pas reconnus par d'autres. A Monaco cependant, l'obtention récente du 4e dan Aikikai (maison mère au Japon) par Francis Droitcourt, l'un des enseignants du club, va avoir toute son importance. 

"En décembre dernier, le maître qui est venu nous rendre visite a accordé à un de nos enseignants résident le 4e dan Aikikai, ce qui est la condition pour que nous puissions délivrer nous-mêmes des grades japonais. Avoir la possibilité d'accorder des grades reconnus par d'autres institutions est un plus. Mais ce n'est pas pour autant que l'on va devenir une usine," prévient David Barral.

Place aux jeunes

Un troisième axe émerge du plan concocté par le président et son bureau pour le renouveau du club. Et celui-ci concerne les jeunes. "Nous allons faire beaucoup d'actions vers les jeunes. Nous avons une vingtaine de nos membres qui sont âgés de 5 à 17 ans. Nous proposons des cours de niveaux pour les enfants, à savoir 5-9 ans et 10-17 ans. Cela a été créé la saison dernière (2013/14), et je chapeaute ça avec deux assistantes, toutes deux gradées au club. Nous faisons donc cours à une dizaine d'enfants en étant trois éducateurs. Beaucoup de parents sont très satisfaits de l'influence de l'aïkido sur leurs enfants." 

Si les enfants viennent à l'aïkido en étant tout jeune, le président a aussi son idée sur ce qui les pousse à franchir les portes du dojo. "C'est peut-être un peu plus rassurant pour eux puisque chez nous, il n'y a pas de concept d'affrontement. Il n'y a pas besoin de force physique. Même un gringalet de 5 ans peut mettre son instructeur à terre." De quoi donner envie aux petites têtes blondes d'aller s'y essayer sans doute. Et pour rassurer les parents qui pourraient avoir quelques réticences, il suffit de voir ce que disait le fondateur de l’Aïkido, comme le rappelle David Barral, "pour lui, l'idéal, c'est la paix dans le monde. Parce que mettre en ouvre la violence vous met en déséquilibre, ce qui est dangereux." Mieux vaut donc rester loin de la violence si l'on ne veut pas se retrouver à terre. David Barral, président passionné.

Le président de l'ASM Aïkido est un réel passionné de sa discipline. Agé de 34 ans, cet enseignant a découvert l'aïkido en 1998 dans un dojo niçois. Après l'avoir pratiqué en Angleterre ainsi qu'à Paris, il est revenu en Principauté et s'est investi dans le club. Preuve de son engagement, il souhaite lancer l'aïkido pour personnes handicapées à Monaco. "J'ai fait de l'aïkido avec des personnes handicapées à Paris, et j'aimerais le lancer ici dès l'année prochaine. Comme nous n'utilisons pas de capacité sportive particulière, c'est particulièrement adapté à un public handicapé qui n'a pas la même assise motrice."  

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