L'art de la souplesse

La section jujitsu du Judo Club de Monaco (JCM) continue son bonhomme de chemin sous la houlette de Thierry Mathieu. Avec une soixantaine de licenciés, dont quelques compétiteurs, le jujitsu monégasque se développe tranquillement.

Il y a déjà du monde devant les portes du dojo en ce mercredi de début septembre. Il faut dire que le timing est un peu serré pour cette séance à l'heure de la pause déjeuner. D'autant que Thierry Mathieu, le responsable du jujitsu monégasque, a concocté un entraînement très riche à ses ouailles. L'heure est encore aux sourires et aux embrassades. Un franc esprit de camaraderie règne. Très porté sur le partage et l'entraide, notamment dans son sport, Thierry Mathieu veille au grain, quoi qu'il arrive. "Il y a un vrai état d'esprit club, avec des garçons qui prennent aussi part à la partie pédagogique en aidant les autres. Le but est de se faire plaisir quand on vient ici, même si on veut aussi suer", confie-t-il. Et pour suer, ses apprentis suent. Parfois même à grosses gouttes.

Une pratique multi-disciplinaire

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A la différence du judo, que tout le monde connaît et sait facilement identifier, le jujitsu paraît plus difficile d'accès. Difficile car il comporte en son sein différentes disciplines, ou variantes. "On est multi-pratiques avec quatre dominantes : le ne waza, le grappling, le fighting system et la self-défense", détaille Thierry Mathieu, spécialiste de combat system. La compétition est codifiée sur trois pratiques (ne waza, combat system et duo system), il enseigne aujourd'hui toutes les variantes de son sport. "On a 5 sessions par semaine et j'essaie d'organiser différentes séquences afin que tout le monde touche à tout, même si je reste à leur écoute pour adapter aussi mes séances à leurs besoins et à leurs envies." Chaque entraînement est donc généralement dédié à l'une des pratiques du jujitsu, le tout toujours accompagné d'une partie préparation physique. Ce mercredi-là, d'ailleurs, les 30 à 40 premières minutes étaient dévolues à un échauffement poussé, avec quelques exercices physiques avant de passer à la répétition des gammes. "L'essentiel des personnes présentes ici sont des adultes et je mets un point d'honneur à travailler en sécurité. Il est donc nécessaire de bien s'échauffer et de les préparer physiquement à ce qu'ils vont produire ensuite lors des exercices plus techniques pour éloigner au maximum tout risque de blessure", confie Thierry Mathieu.

Travail au sol

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Au cours de cette séance un peu particulière, les élèves ont travaillé toutes les variantes du jujitsu. Séquence de pied-poing, exercices de self-defense, projections, tout y est. Notamment la partie dédiée au travail au sol. Aussi appelée ''ne waza''. "Il y a le tachi waza, qui est le travail debout, et le ne waza, qui correspond au travail au sol. Ça se rapproche beaucoup de ce qu'on appelle le jujitsu brésilien (JJB) et en ne waza, on ne travaille qu'au sol, comme le stupule le règlement." Pourtant, le combat débute bel et bien debout. Mais, à la différence du judo, où il est possible de le remporter sur un ippon consécutif à une projection debout, en ne waza, tout passe par la soumission. Une pratique très répandue au sein de la section jujitsu du JCM, où nombre d'anciens judokas atterrissent après quelques années de bons et loyaux services dans leur discipline d'origine. "Beaucoup de judokas viennent ensuite au jujitsu, c'est moins traumatisant et ça l'est moins pour ceux qui, n'ayant jamais fait de judo, décident à 30-40 ans, de démarrer par le jujitsu", confie Thierry Mathieu, lui-même ancien judoka et à la tête de la section jujitsu depuis sa création, il y a près de 20 ans. 

Peu de compétiteurs, mais des résultats

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Si les effectifs sont essentiellement là pour une pratique orientée loisir, Thierry Mathieu compte tout de même quelques compétiteurs dans ses rangs. Ils sont 5 à s'aligner, majoritairement en ne waza, avec quelques beaux résultats à la clé. "Thomas Trintignac a remporté le Grand Slam de Paris et a été champion du monde par équipe l'an dernier (en ne waza) et j'ai été sacré champion d'Europe (catégorie M4) à Bucarest en mai dernier (en fighting system)", glisse Thierry, qui s'avance dorénavant vers un nouvel Everest. "Je vais participer aux championnats du monde en novembre, à Abu Dhabi. Je vais combattre en fighting system, ma spécialité, ainsi qu'en ne waza, vu que, pour une fois, les compétitions n'ont pas lieu le même jour", explique Thierry. Et pour se préparer au mieux, il a prévu de monter à Paris pour un stage à l'Insep avec l'équipe de France. "Il y a un niveau extraordinaire, et si je m'amuse avec les gars de l'Insep, ça veut dire que je ne serai pas complètement ridicule sur les mondes", lâche-t-il, rieur. Mais avec ce titre européen en poche, l'objectif pour novembre est clair. "Monter sur le podium et si possible sur la plus haute marche.

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