Monte-Carlo Boxing Bonanza : l'Anglaise avait tablé sur le Casino

En immersion avec le boxeur Doudou Ngumbu

Trois jours avant son combat contre le Sud-Africain Johnny Muller, nous avons suivi le pensionnaire du Boxing club de Blagnac, Doudou Ngumbu. Un peu de préparation physique, une dose de discussion et une pincée de détente, le Toulousain d'adoption détenait la bonne recette.

Lors de la conférence de presse au Casino, la veille, on établissait le contact avec Doudou. Sympa, souriant et ouvert, le boxeur de 32 ans nous conviait sans hésiter à passer le jeudi avec lui. "L'entraînement commence à 7 heures", lançait-il, excité comme un gosse. Pas de grasse mat' pour les combattants visiblement. 


6 h 55

On débarque au Novotel, QG des cogneurs pendant quelques jours. Dans le hall, on croise déjà le Thaïlandais Pigmy Kokietgym qui fait les cent pas. Un coach, flanqué d'une veste Adidas, navigue sur son smartphone, enfoncé dans un canapé. 

On n'attend pas longtemps avant de voir Doudou Ngumbu se pointer en survêtement noir. On prend quelques minutes pour discuter. "C'est comment, ici, à Monaco ? Moi, ce que j'aime à Toulouse, c'est qu'il y a de la vie, des repas de quartiers. J'aime les gens, j'aime les odeurs, j'aime que ça bouge", raconte l'homme, calme et curieux. "On y va parce qu'ils doivent nous attendre."

7 h 05

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"Ils", c'est son coach Mohamed Bennama, et son préparateur physique, Junior Serege. "Au tapis ?", propose ce dernier. "Je suis aussi préparateur mental à plein temps", sourit Junior. 

"C'est quelqu'un de très psychique, donc on a commencé la préparation très tôt pour le mettre dans les conditions les plus favorables. Il faut qu'il gagne samedi. Ce combat peut l'amener à beaucoup plus intéressant." "Je continue ?", les yeux de Doudou demandent autant que sa voix. "Non, arrête. Passe à la corde", répond Junior, toujours concentré sur son boxeur. 

7 h 20

Le coach, survêt' et claquettes, est assis. Silencieux, pensif. Junior Serege est aux aguets, debout, chrono en main. "La corde à sauter brûle plus de calories que le tapis", indique-t-il. Le boxeur porte des vêtements adaptés, dont la texture ressemble à du plastique, pour transpirer au maximum. 

"Pour lui, le régime n'a pas été trop difficile. C'est quelqu'un de rigoureux, qui a de l'expérience." Avec ses 36 combats, 31 victoires dont 11 KO et ses 5 défaites, le natif de Kinshasa (République démocratique du Congo) connaît la musique. "Stop, fais une pause. On va faire les étirements." Le bonhomme tombe la veste, de grosses gouttes de sueur s'échouent au sol. 

7 h 48

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"Encore un peu d'élastique et on fait la leçon", annonce Junior. "Muller est droitier. Il a une boxe classique et est à peu près de sa taille. Va falloir aller le chercher. On va pas lui faire de cadeau", raconte tranquillement le coach. Il enfile un pao sur chaque main. 

"Tu n'appuies que sur les coups importants", commande Junior. Mohamed lui fournit des indications à voix basse. Les gants de boxe rouges tranchent sur le tee-shirt jaune fluo, trempé de sueur. "Allez, récupère", autorise Mohamed. Le garçon se désape et monte sur la balance. Les deux hommes viennent autour de lui, sollennels. "80, 900 kilos, c'est bien", déclare Junior à l'attention d'un Doudou au regard interrogateur. Direction les vestiaires pour la douche.

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