Ready to Rumble

Laurent Puons, "un Monégasque aux JO, ce serait beau"

A Monaco, Laurent Puons est surtout connu comme le vice-président de Monaco Mediax, la société qui organise notamment le Sportel et le Festival de la télévision. Mais il est aussi un ancien boxeur (amateur puis professionnel) qui a décidé de revenir vers le noble art.

Comment en êtes-vous venu à prendre la présidence de la Fédération ? 

Tout s'est fait en septembre 2014. Armand Forcherio voulait quitter la présidence de la Fédération, et on m'avait demandé si j'étais intéressé. Compte tenu de mon passé de boxeur et de mon expérience dans ce domaine, j'étais déjà vice-président du club, je me suis dit pourquoi pas. D'autant qu'Andrei Micallef (président de l'ASM boxe) veut faire beaucoup. On est très proches tous les deux, et si je prends la tête de la Fédération, ça peut compléter le club. Et Monaco est de plus en plus sollicité pour devenir une place internationale de la boxe. Donc j'ai dit oui, malgré tout le travail que j'ai à côté. Et puis j'aime la boxe. Ça fait 20 ans que j'ai arrêté, et j'ai eu envie de revenir à mes amours de jeunesse. 

Etiez-vous membre de la Fédération avant d'en devenir le président ?

Pas du tout. J'étais et je suis toujours vice-président de l'ASM boxe. Je pense que c'est bien que ça se complète. La Fédération est chargée d'aider le club, et le club se développe. On a 4-5 boxeurs amateurs qui peuvent tourner, faire des combats. Le 21 février, on en a eu 2 qui boxaient au gala de la SBM, et deux qui boxaient à Cannes. On a un nouvel entraîneur, un ancien boxeur cubain, on a aussi Thierry Guidis qui s'occupe de préparer les boxeurs, et 3-4 entraîneurs bénévoles très motivés. Andrei (Micallef) veut vraiment promouvoir la boxe, donc on a aussi l'idée de lancer nos propres évènements de boxe à Monaco.

Lors d'évènements "privés" comme ceux organisés par la SBM et Golden Gloves, la Fédération est-elle consultée ?

Quand Monaco accueille un championnat du monde, à l'instar de ce qui se fait dans les autres pays, c'est sous l'égide de la Fédération monégasque de boxe. Entre guillemets, on valide la réunion. On reçoit le programme, on veille à la règlementation, on s'occupe des contrôles anti-dopage, on prévoit les docteurs, la Croix-Rouge, tout ce qui peut aller autour de la manifestation, c'est nous qui le gérons. On veille à ce que tout se déroule correctement en fonction des règlementations. Après on n'a pas notre mot à dire sur les combattants. 

Pourquoi avoir décidé de prendre ce poste et de vous investir autant ?

La boxe a été ma vie pendant 5 ans. C'est un sport qui m'a beaucoup apporté. Une grande partie de mes réussites, je les dois à ce que j'ai appris dans la boxe. C'est un sport dur, ingrat. Faire une carrière, ce n'est pas donné à tout le monde, que ce soit en amateur ou en professionnel. On voit que la discipline se développe à Monaco grâce à la SBM et à Golden Gloves. Et il peut y avoir d'autres organisations intéressées par Monaco. Si la personne à la tête de la Fédération connaît ce sport, c'est mieux. 

Avez-vous défini un programme spécifique pour votre action en tant que président ?

Notre but, c'est d'organiser des évènements régulièrement. On voulait le faire en mars, mais entre les matches à risque, et les autres associations qui ont retenu les salles, on ne pouvait pas le faire. Moi j'ai beaucoup de déplacements à cause du boulot, donc quand je ne suis pas là, ce n'est pas possible. Mais pour l'an prochain, on va boucler des dates et on espère en organiser 2 à 3 fois par an. On a de très bons boxeurs sur le circuit, notamment Andy Lee qui vient s'entraîner chez nous de temps en temps. Avoir quelques pros permet à nos jeunes de gagner en expérience lors des entraînements. Hugo est monégasque, si un jour on a un Monégasque qui fait les JO en boxe, ce serait beau.

Que pensez-vous de ce qu'on voit en boxe à Monaco aujourd'hui ?

En terme d'organisation, ce que fait la SBM avec Golden Gloves, c'est digne de ce qui se fait à Las Vegas. D'autant que les combats organisés lors de ces soirées sont équilibrés. Ils finissent souvent aux points, et les deux boxeurs montent sur le ring pour gagner. 

Monaco a été une grande place de la boxe, peut-elle le redevenir ?

Je pense que oui, parce qu'il y a matière. Il y a de grands champions dans le monde, même s'il est dommage de ne pas trouver en France des boxeurs de l'acabit des Christophe Tiozzo, Laurent Boudouani, René Jacquot. Il y a de bons boxeurs, mais il n'y a plus le même soutien des chaînes de télévision comme cela pouvait être le cas il y a 25 ans. 

Pourquoi est-ce moins médiatisé qu'avant ?

Il y a eu un désengagement d'une chaîne comme Canal + qui a diffusé des combats pendant des années. Il n'y a pas un manque de qualité de boxeurs, mais un manque de promotion de la boxe en France. C'est là où Monaco a une carte à jouer. Un combat Golovkin-Murray, on ne le verrait pas en France. Monaco est une place internationale. Dans un lieu comme le Sporting d'été, c'est magnifique. La Principauté a toutes ses chances de redevenir une place de la boxe mondiale comme ça l'était par le passé, et peut même faire mieux. 

La volonté a l'air d'y être non ?

Elle a l'air d'y être, parce que quand on présente des plateaux comme ceux qui ont eu lieu lors des dernières soirées, on voit de beaux championnats du monde, des combats qui tiennent la route. Le genre de matches où l'on est debout du début à la fin. Et dans les soirées qu'il y a eu jusqu'à présent, l'ambiance était aussi au rendez-vous. 

Publié le

Vous aimez cet article, partagez-le :

   
Photos