Monte-Carlo Boxing Bonanza : l'Anglaise avait tablé sur le Casino

Monte-Carlo boxing bonanza : quelques instants avant le clash

Quand on pense boxe, on pense muscles, cuir et chocs. On imagine les arcades fendues, les cris des hommes de coin et le protège-dents qui sautent. Le moment est quand même particulièrement violent. De quoi appréhender. Quelques instants avant le grand rendez-vous, la température grimpait de plusieurs crans dans les coulisses.

Un couloir étroit et lumineux. Un premier golgoth en costard. Puis un deuxième. Les loges sont tout près. Sous le regard lourd de ces cerbères, on traîne devant celles de Martin Murray et de Max Bursak, les stars de la soirée. 

Les portes sont entrebâillées, on scrute, dans l'espoir de voir se préparer les bêtes. Les deux salles sont désertes pour le moment. Déception.
Ailleurs, ça discute. 

C'est la voix du coach de Milan Pratt, l'adversaire du jeune Monégasque, Hugo Micaleff. "Attention aux têtes, aux accrochages. Quand je dis stop, on s'arrête. Ok ? Des questions ? Allez, amuse-toi, on est dans un endroit prestigieux." 

Pratt a les traits crispés. Son coach lui fait répéter quelques gammes. Il souffle : "ch-ch-ch". Ses coups vont mourir dans les pao. "On essaie de lui donner un peu d'influx, un peu d'adrénaline avant le combat", glisse l'entraîneur à l'un des hommes qui gardent le périmètre.

"Wanted love"

Plus loin, dans le couloir aux hauts murs blancs, de l'animation, une salle bondée. Les Français Youri Kalenga et Doudou Ngumbu vont et viennent en caleçon, frappent l'air. 

Sur le sous-vêtement de Kalenga, l'inscription "Wanted love", en noir sur fond blanc. Un peu de douceur dans un monde de brutes.Les staffs déambulent, à la recherche d'informations. "Doudou, 19 h 30", lance l'un d'eux. 

Les préparateurs physiques palpent les muscles une dernière fois. L'odeur de camphre emplit la pièce. On y est presque. 
Derrière la porte voisine, les Sud-Africains Johnny Muller et Hekkie Budler patientent tant bien que mal. Il n'y a pas écrit "Défense d'entrer", mais c'est tout comme. 

Muller donne l'impression d'avoir envie de mordre quiconque pénétrerait sur son territoire. Budler, minuscule personnage blafard aux cheveux bleus, affiche un air hilare encore plus effrayant. Courage, fuyons. 

Panique dans le labyrinthe

Dans le couloir, un conciliabule d'hommes en noir, les commissaires. Ils viennent vérifier les bandages et y apposent une large signature. Le sceau de la justice. Impossible pour les boxeurs de truander. 

Mais le problème n'est pas là. Il y a réunion parce qu'il y a incompréhension. Un homme a lunettes explique en anglais : "Lorsque les premiers boxeurs sortiront, les suivants enfileront leurs gants sous notre contrôle. Il faudra deux personnes pour rester avec eux durant tout le combat. Vous comprenez ?" Pas sûr. 

Il manque du monde. Panique dans le labyrinthe. De notre côté, on poursuit la visite des vestiaires tortueux aux allures de loges de stars. Quelques marches plus bas, un couloir désert. Au loin, des éclats de voix aux intonations hispaniques. Sur la piste du petit Micallef…

Ça sent déjà la sueur

Alors que l'on croyait se trouver seul, un type de la régie flanqué d'un casque et d'un micro nous dépasse. "Ten minutes", lance-t-il avec un accent british à travers la pièce. 

On met les pieds dans un grand salon. Ça sent déjà la sueur. L'air est moite. Le coach cubain Juan Gonzalez Gonzalez administre des claques sèches sur les bras d'Hugo, tout en lui dispensant une salve de conseils. "Oui, ok", acquiesce le boxeur. 

Le grand homme enfile les pattes d'ours et fait frapper Hugo. Un, deux, trois. Un, deux, trois. "C'est bon, assieds-toi. Non, pas comme ça", il replace ses jambes. "Tu te concentres bien sur le combat. Tu donnes les coups intelligemment."

On lâche les bêtes

De retour dans le couloir du haut, on croise son adversaire. Il souffle toujours, a le regard bas et probablement le stress au ventre. 

Dans quelques minutes, il devra relever la tête et faire face. Le compte à rebours est lancé. La pression monte nettement. L'homme de la régie déboule à nouveau. 

Le cœur tape. Le coach plante un caméscope sur sa main pour ne pas en perdre une miette. "C'est l'heure. Vous marchez derrière moi." 

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