Dossier

Ready to Rumble

Comme à leur habitude en de pareilles occasions, la Société des Bains de Mer et le promotteur sud-africain Golden Gloves ont mis les petits plats dans les grands. Résultat, une soirée qui est montée en puissance tranquillement pour exploser lors du combat opposant Gennady Golovkin à Martin Murray.

Samedi 21 février 2015. La salle des étoiles du Sporting d’été a revêtu un habit tout particulier. Exit les strass et paillettes des stars de la chanson qui défilent habituellement sur la scène monégasque. Non, c’est une toute autre soirée qui attend les spectateurs du soir. L’élégance et le glamour des artistes ont laissé place aux gants, à la sueur et au punch des boxeurs. Au milieu de la salle, c’est un ring qui a pris place. 

Pour la sixième fois en moins de 4 ans, la Principauté accueille à nouveau un évènement de boxe, le Monte-Carlo Boxing Bonanza "Thunderbolt". Et en guise de coup de tonnerre, ce sont les coups de poing, notamment ceux de Gennady Golovkin, qui vont retentir en fin de soirée, le tout sous les salves d’applaudissements d’une foule enjouée par le spectacle qui lui était offert. Un spectacle qui avait commencé en douceur quelques jours plus tôt. 

Les hostilités lancées à J - 3

La conférence de presse qui s’était tenue 72 heures avant l’évènement laissait déjà entendre que la soirée proposerait un combat comme il n’y en a pas eu à Monaco depuis des décennies. Michael Wittstock, le père de la princesse Charlène, rappelait d’ailleurs à cette occasion "qu’il y a 3 ans, nous avions promis le meilleur combat du monde à Monaco, je crois que nous y sommes. C’est un combat qui va être fantastique." Loin du tumulte de certaines conférences de presse d’avant-combat comme l’on peut en voir aux Etats-Unis, Golovkin et Murray ont chacun tenu un discours emprunt d’humilité mais débordant de motivation. 

Deux jours plus tard, pour la pesée, la température monte déjà d’un cran. Si tout s’est déroulé dans un certain calme dans le cadre de l’Atrium du Casino, les nombreux Anglais présents pour soutenir Martin Murray, la fameuse "Barmy Army", donnaient déjà de la voix entre deux émanations de houblon. Et dire que leur poulain n’était même pas encore dans les parages. La foule, elle, était bien présente, puisqu’une bonne centaine de personnes attendaient leurs champions. À quelques minutes de l’arrivée de Golovkin et Murray, la salle s’embrasait, vocalement parlant bien entendu. Un touriste présent "chauffait" même les fans du boxeur de St-Helens, et ces derniers le lui rendaient bien, chantant toujours plus fort, et se moquant gentiment de lui au passage. Sur scène, lors de la pesée, Golovkin et Murray offraient à nouveau un face à face débordant de respect, sans geste d’intimidation d’un côté ou de l’autre. 

Ce qui contrastait d’ailleurs avec la pesée des combats amateurs qui avaient lieu en ouverture de la soirée. Un passage sur la balance au cours duquel les jeunes boxeurs faisaient le show, promettant une belle opposition pour le lendemain.

L’heure du show

Mais c’est bel et bien sur le ring que tout va se jouer. A l’ouverture des portes de la salle des Etoiles, vers 19 heures, les spectateurs arrivent au compte goutte. Il faut dire que l’affiche de la soirée n’est prévue qu’à partir de 23 h 45. De quoi laisser le temps aux heureux titulaires d’un sésame pour ce Monte-Carlo Boxing Bonanza Thunderbolt de profiter des restaurants de la Principauté et des tables de jeux de son Casino. Mais le show, lui, débute dès 19 h 15 avec deux combats amateurs. Au programme, deux jeunes représentants de l’ASM boxe. 

Si la salle est garnie de sièges vides pour l’entrée sur le ring d’Idriss Berkatt (ASM boxe) et Joris Saya (Pugilist Club Niçois), les quelques personnes déjà présentes applaudissent les deux jeunes boxeurs. Il faut dire que les jeux de lumière, lachés de fumée et la musique qui retentit dans les haut-parleurs jouent en leur faveur. Déjà dans le show, à peine sorti du "tunnel" menant aux vestiaires, le boxeur asémiste fait le tour du ring tapant sur son cœur à l’aide de son poing. Dans ce combat de 3 rounds, il ne cesse de faire le spectacle, tout en dominant outrageusement son adversaire, pour être logiquement donné vainqueur. Sans oublier, au passage, d’embrasser l’écusson monégasque brodé sur son débardeur. 

Arrivée du Prince

Suite à ce combat, c’est le jeune espoir de la boxe monégasque, Hugo Micallef, qui doit à son tour monter sur le ring. Un combat qu’il va disputer sous les yeux du Prince Albert II, arrivé en compagnie de Jean-Louis Masurel, administrateur délégué de la SBM. Fait cependant cocace pour un gala de boxe, la sono propose aux spectateurs un morceau du chanteur anglais James Blunt pour patienter entre les deux combats. De quoi attendrir les boxeurs ? Pas le speaker en tout cas, qui joue avec sa voix pour annoncer la montée sur le ring d’Hugo Micallef. 

Sous les yeux de son père, Andrei, président du club et vice-président de la Fédération monégasque de boxe, et de Laurent Puons, vice-président du club et président de la FMB, il va distiller crochets et directs à son adversaire du soir. Dans un match serré, au cours duquel il mit tout de même Yanis Mehah (Boxing Club, Villefontaine) à terre, il s’impose aux points. Et soulève une vague d’applaudissements. Car la salle commence doucement à se remplir, et l’heure du premier combat pro approche elle aussi. On distingue d’ailleurs déjà quelques guests de prestige, à l’image de Jean-Paul Belmondo acteur retraité et ancien boxeur, assis près du Prince, ou Sébastien Ogier, dernier vainqueur du Rallye Monte-Carlo. Autre présence de marque, celle de René Jacquot, ancien champion d’Europe (1988) et du monde (1989) français des poids super-welters, qui est aujourd’hui membre de la Fédération monégasque de boxe. 

Ready, fight !

La salle est désormais bien remplie, et se lève comme un seul homme au moment de l’hymne monégasque. C’est alors que les poids lourds vont faire leur entrée. Sur un air oriental qui vire au heavy metal, l’Ukrainien Andriy Rudenko fait son apparition, tous tatouages dehors. Il est suivi de près par l’anglais Hughie Fury, qui s’essaye à quelques pas de danse en s’avançant vers son terrain de jeu. Face à un public relativement calme, mais tout de même acquis à la cause du serviteur de sa majesté, les deux combattants ont livré une prestation assez quelconque, sans doute à cause du fait qu’il n’y ait pas de ceinture en jeu sur ce combat. L’intensité, sur le ring comme chez les spectateurs a monté d’un cran avec l’opposition qui suivait. 

Deux poids coqs s'avancent sur le carré prédominant de la salle des Etoiles. Un ancien banquier français, Omar Lamiri, et un Anglais, Lee Haskins. Deux petits gabarits qui contrastent avec leurs prédecesseurs. Plus vifs, plus mobiles, leur combat suscite une certaine émotion dans l’assistance. Notamment les esquives d’Haskins, qui fait preuve d’une grande vivacité. Sans garde, il attend les frappes de son adversaire pour mieux le contrer. Malheureusement, le combat, après voir perdu en intensité, est arrêté par l’arbitre. Malgré ses saignements qui l'ont empêché de continuer, Lee Haskins est déclaré vainqueur et empoche la ceinture EBU des poids coqs. 

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