Naga Monaco 2013 : Quand le "fight" crée l'union

Le stade Louis-II a accueilli une grande première le 30 juin. Une compétition internationale de grappling est venue bousculer le quotidien du Rocher le temps d'une journée. L'entente entre la Fédération de MMA, grappling et jiu jitsu brésilien de Monaco, l'association Blackout Academy et la North American Grappling Association (Naga) a réuni un bon bouquet de combattants. On plante le décor.

C'est un spectacle à voir. Déjà, il fallait vivre la transition extérieur/intérieur. Sous un soleil radieux, le dimanche s'étirait paisiblement. Dans les rues de la Principauté, il n'y avait pas foule. On promenait son chien ou on était en partance pour quelques heures de plage, un panier en osier pendu à l'épaule. 

En revanche, une fois entré dans la salle Gaston-Médecin, c'était tout sauf paisible. Les cris du public et le speech du speaker nous attiraient. Arrêt sur image. Des tapis estampillés Naga avaient recouvert le sol. Sur ces tapis, des combattants, certains à demi nus, luttant, accrochés l'un à l'autre. Autour d'eux, un amas de coaches et de coéquipiers lançaient des conseils à gorges déployées.

Une idée de la Boa

"Nous avons rencontré les membres de Naga lors d'un championnat parisien qu'ils avaient organisé, et nous avons sympathisé. Ils cherchent à se développer en Europe. C'est l'une des organisations de grappling les plus prestigieuses au monde et nous avons trouvé que ce serait une belle occasion pour eux, comme pour nous, de créer cette compétition à Monaco", rapporte Guillaume Duchemin, président de la Fédé monégasque et coorganisateur du Naga Monaco 2013. 

La particularité de Naga, c'est que son président, Kipp Kollar, se déplace avec ses propres tapis et ses arbitres. "On a eu envie de s'associer avec les Américains pour faire quelque chose de grand, à l'image de Monaco", explique Éric Nardone ou "coach", comme l'appellent ses élèves. Entraîneur à la Blackout Academy (dite Boa) depuis 2008, il avait ramené une trentaine de ses poulains pour cette première compétition en Principauté. 

Une partie d'échec

"Vas-y, ouvre", lance Nardone à l'adresse de Guillaume Pastor, afin qu'il ouvre son gi (ou kimono). "Vas-y respire." Le garçon vient de gagner son troisième combat de la journée. Il récolte la médaille d'or dans la catégorie des 61 - 67 kilos. Incapable d'articuler un mot, le visage rougi par l'effort, il reprend doucement son souffle. 

Après l'avoir guidé pendant le duel, le coach le félicite et lui tape amicalement sur l'épaule, avant de courir vers un autre combat impliquant la Boa. Pour Guillaume, 25 ans, c'est une première. "J'en fais depuis moins de huit mois, alors je suis très content du résultat. Avant, je faisais du golf et du tennis", précise le jeune homme. 

"Je suis tombé amoureux du jiu jitsu en octobre dernier. Un ami en faisait et je m'y suis mis. Maintenant, j'en fais trois fois par semaine." On parle du coup de cœur, le vrai. "C'est une partie d'échec. C'est très stratégique et chaque geste compte. Il y a des milliers de combinaisons possibles."

Gi ou no gi

Traduction, pour les nombreux béotiens : avec ou sans kimono. La compétition permettait les deux pratiques. Le grappling sans kimono est davantage inspiré de la lutte libre, celui avec gi vient du judo et du jiu jitsu brésilien. "Je trouve que c'est plus varié avec gi. On peut faire plus d'étranglements car on a plus de prise", détaille Guillaume. Même chose pour Gotcha Arevadze, étudiant géorgien licencié à Monaco, qui a également décroché l'or (67,51 - 73,5 kilos). 

"Je fais plus de combats gi parce que j'ai le sentiment d'avoir plus de contrôle sur l'autre. Sans gi, j'ai l'impression de glisser." Parmi les fondus de grappling, on retrouvait un grand gaillard en gi, pas du tout sur son territoire.

"On m'a proposé de venir, mais je connais même pas les règles ! On va me les expliquer, là", s'amusait Thierry Vatrican, judoka monégasque. Engagé dans la catégorie 85,51 - 91,5 kilos, il s'est bien battu mais s'est incliné par soumission. 

En se relevant, il décochait un large sourire ensanglanté. Le garçon semblait heureux de s'être testé. "C'est assez proche du judo, mais c'est beaucoup plus stratégique. A chaque fois qu'on bouge, on peut gagner ou perdre des points. Il y a plein de subtilités à maîtriser." Vatrican est tout de même reparti avec l'argent autour du cou.

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