Pas encore l'heure des vacances au Dojo Antipolis Valbonne

Durant toute la semaine, près de 150 jeunes judokas sont rassemblés pour une intense session de stage, encadrée par des références de la discipline.

Dans quelques heures, ils iront barboter du côté du centre Nautipolis, ce moderne complexe aquatique situé à un jet pierre. En attendant, ça bosse dur et ça sue à grosses gouttes. Même avec les fenêtres ouvertes, l'air se fait rare sur les tatamis, où deux groupes pléthoriques se côtoient.

Ceux qui sont là ont signé pour en baver. Pendant que les copains se couchent à pas d'heure et récupèrent en faisant d'interminables grasses mat', eux disposent d'un programme nettement plus rude.

"A 7 h30, on commence la journée par un footing dans les bois, juste à côté. Ensuite, on enchaîne avec deux séances d'entraînement. Le matin, on travaille essentiellement la technique. L'après-midi, on passe aux randoris (un forme de combat souple durant laquelle les deux partenaires se font travailler mutuellement)", expose Walter Cardinali, professeur 5e dan du Dojo Antipolis Valbonne.

Installations dernier cri

A l'intérieur du dojo valbonnais, situé dans le quartier de Garbejaïre, ça sent encore le neuf. Et pour cause : cette enceinte, dont la réalisation a coûté 5,5 millions d'euros, est entièrement consacrée aux arts martiaux (jiu jitsu, aïkido, kendo, taekwondo, karaté, tai chi) a ouvert ses portes il y a à peine plus d'un an.

Walter Cardinali, qui a participé à la conception des lieux à la demande du sénateur-maire de Valbonne, Marc Daunis, s'y sent comme un poisson dans l'eau. "Nous disposons d'un cadre exceptionnel, en plein milieu d'une chênaie. Concernant le dojo, j'ai pioché des idées un peu partout pour en faire quelque chose d'optimal."

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Daniel Pinatel (7e dan), à l'origine de la création du Dojo Antipolis Valbonne en 1983, mais aussi de celles de ces stages qui rassemblent une bonne partie de ceux qui aspirent au haut niveau, en a naturellement fait son point de chute estival.

Les jeunes, venus de tout le département, mais aussi des Bouches-du-Rhône, de la région stéphanoise ou encore d'Italie, sont logés dans l'internat du Centre international de Valbonne (CIV), qui peut accueillir jusqu'à 800 personnes. Au CIV, il y a également une piste d'athlé pour prolonger la "torture", si le besoin s'en faisait sentir.

Walter Cardinali : "Ici, on est dans un lieu d'étude"

Ce qui incite les jeunes judokas à passer leur semaine ici, c'est la possibilité de se consacrer entièrement à leur discipline. Et surtout de profiter des conseils d'instructeurs de premier plan. Tandis qu'on va et vient sur les tapis, on voit tous les regards se tourner vers un seul homme.

Il s'agit de Guy Delvingt (ci-dessous, avec Daniel Pinatel à sa gauche) l'un des membres d'une famille fortement implantée et reconnue dans le monde du judo. Aujourd'hui cadre technique de la Fédération, il avait terminé à la cinquième place aux Jeux olympiques de Los Angeles, en 1984.

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Même si cette perf' pourrait sembler très lointaine pour les ados et les jeunes adultes réunis ici, tout le monde boit ses paroles et observe avec attention les mouvements que Guy Delvingt décompose, avec l'aide d'un "cobaye".

"Ici, ce n'est pas un stage multi-activités pour passer le temps. On est dans un lieu d'étude, et ceux qui viennent le savent très bien. On a beau être en plein été, les règles restent les mêmes dans le dojo", expose Walter Cardinali.

Tournés vers la prochaine saison

Les jeunes devront patienter un peu pour mettre en pratique tout ce qu'ils auront pu apprendre durant cette semaine de dur labeur. Pour eux, pas encore de championnats du monde seniors (du 25 au 31 août à Tcheliabinsk, en Russie).

Si de telles échéances leur paraissent pour le moment inaccessibles, le fait de savoir que Loïc Pietri, sacré champion du monde l'an dernier à Rio en moins de 81 kilos, a passé plusieurs de ses étés en stage à Valbonne avant eux leur donnera certainement du courage.

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Cette fois, c'était Marcel Pietri, son père et ancien compétiteur international, qui était de la partie. Directeur technique du Judo club de Monaco (JCM), il était présent avec François Bick (à gauche sur la photo, ci-dessus, avec Marcel Pietri), le coach du JCM, pour superviser la préparation de Nicolas Grinda, qui participera aux JO de la jeunesse à Nanjing (Chine), du 16 au 28 août.

"Pour tous les autres, ce stage sert de préparation pour la prochaine saison. Tout ce qu'ils apprennent ici va rapidement leur servir", conclut Walter Cardinali.

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