Les secrets de la formation chez l'UC Monaco

Depuis 4 ans, le club monégasque développe son groupe espoirs, qui vient de terminer son premier Giro d'Italie le week-end dernier. Un apprentissage qui commence bien plus tôt pour certains.

"Cela a été dix jours éprouvant", confie Guido Possetto, le directeur sportif. L'équipe espoir est rentrée de sa première grande course internationale le week-end dernier et l'UC Monaco a pris un nouveau virage dans le développement de sa formation.

Au sein du club, il y a deux "catégories" de cyclistes, explique le directeur sportif : "il y a ceux que l'on suit depuis leurs débuts chez les minimes (13-14 ans) et ceux qui intègrent directement les espoirs." Pour les plus jeunes, le mot compétition ne fait pas encore parti du vocabulaire, on préfère le plaisir et l'amusement. Les entraînements sont uniquement axés sur l'apprentissage des bases.

Un soutien de poids

C'est véritablement chez les cadets (15-16 ans) que les choses sérieuses commencent, avec l'apparition des premières courses officielles. Guido Possetto est ravi du groupe de cette année : "ils sont soudés, motivés et ils sont toujours performants sur les courses auxquelles ils participent." Dans leurs rangs, les cadets peuvent compter sur les fils d'Alexandre Vinokourov, ancien champion olympique et manager général d'Astana. 
Depuis le début de la saison, les cadets collectionnent les podiums : lors du grand Prix de Nice le 3 juin, 4 coureurs ont terminé dans le top 8, la victoire revenant à Andréa Petrucelli. A Vence et à Martigues, les frères Vinokourov ont terminé 1e et 2e
Dernièrement, l'équipe vient de gagner le championnat régional PACA à Valderoure et Nico Vinokourov a décroché le titre de champion départemental, sous les yeux de son père : "Au début, il les laissait s'amuser. Mais maintenant, Alexandre s'implique de plus en plus parce qu'il voit que ses fils adorent le vélo. Il conseille parfois le collectif sur certains points et apporte son oeil de professionnel", raconte le directeur sportif. 
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Le seul regret pour Guido Possetto est qu'il n'y a pas encore d'équipe junior (17-18 ans) : "c'est dommage car le cyclisme à proprement parler commence chez les juniors parce qu'il y a des courses nationales et internationales. On y travaille mais cela demande des moyens et du personnel. On veut vraiment que les garçons fassent toutes leurs classes chez nous. " 
C'est à partir de cet âge-là que le staff commence à analyser les capacités de chacun à franchir un cap : intégrer les espoirs, voire même devenir professionnel.

Travailler la cohésion

Pour composer le groupe des espoirs, il y a un double travail. D'abord, repérer les potentiels candidats : c'est ainsi que tout au long de l'année, les observateurs prennent des notes lors des courses. 
En parallèle, il faut aussi gérer les nombreux dossiers de candidatures, souvent envoyés par des agents qui souhaitent trouver une structure pour un éventuel passage en professionnel : "lorsqu'un coureur nous intéresse, il nous envoie son CV, avec toutes ses performances et on le fait venir ici pendant quelques jours pour voir sa personnalité. C'est bien beau d'avoir des résultats, mais il faut voir comment le cycliste se comporte avec les autres, c'est le plus important." 
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Pour ceux qui réussissent à intégrer l'équipe, il y a la possibilité d'être logés dans un centre à Menton, surtout pour les étrangers. Les premiers mois sont souvent difficiles, car il faut créer une ambiance et une cohésion de groupe.
Les espoirs s'entraînent entre 20 et 25 heures par semaine, mais parfois le planning est ajusté pour ceux qui sont encore à l'école : "on leur laisse quelques moments de repos ou même des week-ends entiers pour les laisser récupérer". Guido Possetto et son staff essayent de ne pas mettre de pression pour les résultats de leurs protégés. 
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Depuis sa création en 2013, la section espoirs commence à se faire une place dans le milieu amateur international, et participe aux plus belles courses mondiales, "comme le Giro d'Italie la semaine dernière." Le directeur sportif compte sur les prochains rendez-vous pour continuer à progresser et mettre en lumière ses hommes.
Pour l'instant ils sont 4 à avoir réussi le passage de l'UC Monaco vers le monde professionnel : Matteo Draperi, Florian Hudry, Nikita Zubenko et Victor Langellotti. Ce dernier fait la fierté du club puisqu'il devient le premier Monégasque à passer professionnel. "Victor fera toujours partie de la famille car on l'a suivi depuis ses débuts. J'espère que ça va être un exemple pour nos jeunes. Cela prouve que même en étant à l'UCM, on peut passer à l'échelon supérieur", se réjouit Guido Possetto.

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"On est confiant pour la suite"

Pour la 41e édition du Giro d'Italie U23, 176 coureurs, dont 6 de l'UC Monaco, ont sillonné le nord du pays pendant 10 jours. Guido Possetto tient à féliciter l'équipe qui a participé à l'évènement : "on a presque terminé avec l'équipe entière, seul Adam Karl, malade, a dû abandonner deux jours avant l'arrivée. D'habitude, on participe à des courses de 4-5 jours donc les jambes sont lourdes." Malgré une bonne préparation, les résultats n'ont pas été au rendez-vous et le directeur sportif espérait un bon coup sur une étape ou pour le classement général (Daire Feeley, meilleur coureur de l'équipe, a terminé 34e). Mais il garde quand même le sourire : "Il faudra changer quelques détails dans la préparation, mais on est confiant pour la suite."