Un jour, j'irai grimper avec toi...

Une salle d'escalade toute neuve et une proposition de s'y essayer. Il ne m'en fallait pas plus pour me lancer. En compagnie de John Rieth, initiateur au Club Alpin Monégasque, nous avons testé pour vous la salle d'escalade.

C'est donc avec John Rieth à mes côtés que je m'approche de mon Everest du jour, un mur culminant à 7,50 mètres d'altitude. Sans aller jusqu'à parler de vertige, le vide n'est pas non plus mon meilleur ami. Mais la hauteur n'étant pas très élevée, j'enfile baudrier et chaussons avant de passer à la phase d'encordage. John me confie au passage que les alpinistes chevronnés prennent une à deux pointures en dessous de la leur "pour mieux ressentir la paroi". 

Serré comme jamais dans une paire à ma taille, je me dis que ces gens-là aiment souffrir. Une fois cet obstacle surmonté, c'est l'heure des consignes de sécurité. Première difficulté, comprendre comment le nœud de corde se fait. Un "double huit". Les vérifications se font avec notre binôme, John en l'occurrence. Une condition sine qua non au départ. Le grimpeur est celui qui donne le "la" lors d'une ascension. J'apprends avant de m'envoler que si j'ai besoin d'une pause, il me faut crier "sec" ou "bloque". De cette manière, John bloquera la corde pour que je puisse me suspendre dans le vide et retrouver quelques forces pour atteindre les sommets. 

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L'heure de l'ascension

En tant que débutant, je commence sur la voie la plus simple. Je démarre tambour battant, plein d'envie et de confiance. Je passe de prise en prise sans problème. J'essaie de me rappeler du conseil d'une amie, "ne force pas que sur tes bras, utilise aussi tes jambes pour pousser." J'arrive en haut sans trop de soucis et me laisse ensuite redescendre. Enfantin. 

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Je ferai moins le fier quelques minutes plus tard. Déjà, au moment d'attaquer la deuxième voie, j'oublie le "partner check", à savoir vérifier les attaches de corde avec mon équipier. Ça commence bien. Je me dis que je peux augmenter la difficulté. D'une 4, je passe à une 5+. Mauvaise idée. Dès le départ, je sens que ça va être coton. Et je ne me trompe pas. Chaque mouvement s'avère plus dur à réaliser afin de me maintenir sur la voie prévue à cet effet. Je me rends aussi compte que la souplesse est importante dans ce sport et que la mienne est sans doute restée au vestiaire. La difficulté me fait perdre en lucidité et je force comme un acharné sur mes bras, oubliant au passage que mes jambes me seraient utiles dans mon ascension. Je dois utiliser deux prises d'une autre voie pour me hisser au sommet, tout en ayant marqué une pause. 

De retour au sol, il me faut quelques minutes pour reprendre des forces. Il est temps d'attaquer la dernière. On en choisi une intermédiaire entre les deux premières que j'ai faites. Les prises sont très petites, pas idéales pour poser doigts et pieds. Mais paradoxalement, j'éprouve moins de difficultés que sur la précédente. Prenant un peu plus mon temps, mes mouvements sont plus coordonnés et justes. Mes jambes me servent à nouveau et j'arrive donc à rejoindre le sommet, non sans mal, mais avec plus de facilité que précédemment. 

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Par contre, de retour au sol, je comprends pourquoi les grimpeurs utilisent de la magnésie, mes doigts me faisant un mal de chien. J'ai même du mal à signer la feuille de présence à l'issue de la séance. De quoi déclencher un petit fou rire chez les personnes autour de moi, moi y compris. Malgré quelques difficultés, cette session d'escalade s'est avérée aussi plaisante qu'usante physiquement. De quoi me donner envie d'y retourner. 

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