Club Alpin Monégasque, l'escalade au format indoor

S'ils utilisaient déjà une salle d'escalade indoor au gymnase du collège Charles-III, les membres du Club Alpin Monégasque ont désormais accès à celle de l'espace Saint-Antoine. De quoi apporter un nouveau souffle au club.

Il règne une atmosphère joviale et conviviale au 3e étage du gymnase de l'espace Saint-Antoine. En ce mardi de février, et malgré une affiche alléchante en Ligue des Champions, la salle d'escalade fait le plein de pratiquants. Une habitude depuis la livraison de ce nouveau lieu et de sa mise à disposition par le gouvernement monégasque. Auparavant installés au gymnase du collège Charles-III, les membres du Club Alpin Monégasque ont désormais des créneaux horaires dans cette enceinte toute neuve. Livrée en juin 2015, les grimpeurs ont eu le droit de l'utiliser à partir de septembre de la même année. Avec deux créneaux en semaines, mardi et jeudi (de 19 à 22 heures), ainsi qu'un autre le mercredi (de 18 à 20 heures), "qui est plutôt réservé aux scolaires avec un professeur d'EPS qui vient donner le cours", précise John Rieth, un des membres du club qui assure les initiations à l'escalade.

Hausse de la fréquentation et des licences

Et la première conséquence de cet outil flambant neuf a été une hausse dans les rangs du Club Alpin Monégasque. Ne pratiquant pas les séances à la carte, les dirigeants du CAM ont ainsi vu arriver de nouveaux licenciés. "On a doublé voire triplé le nombre de grimpeurs sur nos séances du mardi et jeudi. La salle est neuve, c'est un super outil avec des couleurs top. Les horaires jouent aussi parce qu'auparavant, on commençait à 20 heures. En ayant la salle dès 19 heures, cela permet aux gens du coin de venir grimper après le travail. Et comme il faut forcément être affilié au club pour en faire, vu qu'on ne fait pas payer à la séance, cela a augmenté notre nombre de licenciés." 

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Tout le monde y gagne puisque la licence permet d'avoir accès à toutes les activités proposées par le Club Alpin Monégasque, que ce soit la randonnée, l'alpinisme ou le trail. Cet afflux de membres a aussi eu une incidence pour les plus anciens du club qui donnent un coup de main. "On est plus structuré maintenant", explique John Rieth, "on est 6 à avoir passé des brevets fédéraux." Tous initiateurs, ils assurent le bon déroulé des séances auprès des licenciés. "La famille s'agrandit parce qu'on a commencé à 3-4 et là on est une bonne dizaine. Avec les anciens, on essaie de faire du recyclage et d'envoyer les nouveaux passer ces diplômes, pour qu'ils aient ce brevet d'initiateur. Et on fait aussi des formations en interne entre nous pour que tout le monde ait les mêmes bases."

Un outil optimal

Dans ce club où l'esprit familial règne en maître, les amateurs de grimpette ont désormais un écrin de choix pour s'entraîner en intérieur. Avec de multiples caractéristiques qui permettent de s'exercer sur différents circuits. "On a deux zones dans la salle. Une première, de pans, ou de blocs, où l'on peut évoluer sans cordes, avec des tapis plus épais pour la réception. Généralement, les voies et mouvements y sont plus durs parce que les voies sont plus courtes. Et à côté, il y a la salle d'escalade, les zones de voies, avec des murs qui montent jusqu'à 7 mètres / 7,50 mètres de hauteur." 

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Mais qu'est-ce qu'une voie ? C'est tout simplement le chemin à suivre défini par les prises qui ont été placées afin de tracer le circuit d'escalade en fonction d'un certain degré de difficulté. Et en matière de voies, il y a de quoi faire. "On a 186,5 m2 en surface de grimpe, soit les voies. Mais il faut faire une différence entre les relais et les voies. Dans cette salle, il y a 17 relais, qui sont les points les plus hauts où la corde a son point d'accroche final. Et d'un relais, on peut tirer 3 à 4 voies. Pour avoir le nombre de voies possibles, on peut donc multiplier par 3 ou 4 les 17 relais", explique John Rieth. 

De quoi proposer une sacrée diversité puisque chaque voie a son niveau de difficulté. De couleurs différentes afin d'être identifiables par les grimpeurs, chaque première prise dispose d'un petit carton où figure une inscription composée d'un chiffre et d'une lettre. Dans certains cas, un "+" vient accompagner l'inscription. "Les voies ont une échelle de difficultés qu'on appelle des cotations. Ça va de 0 à 9. Et sur les chiffres, il y a des lettres qui les accompagnent pour des niveaux de difficulté intermédiaire. Et entre chaque lettre, on pose un + à côté, 5A, 5A+, 5B, 5B+, etc.  Que ce soit en extérieur ou en falaise, toutes les voies sont cotées et généralement, c'est la personne qui a conçu la voie qui en donne la cotation."  Une seule restriction intervient pour les ouvreurs, l'utilisation de la salle par les scolaires. "Donc on essaie quand même de faire des voies réalisables par des enfants."

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Apprentissage indoor

Il y a généralement deux moyens d'apprendre l'escalade. En falaise ou en salle. Et comme le précise John Rieth, "c'est quand même plus simple de débuter en indoor qu'en extérieur." Le temps importe peu et la peur du vide est quasi inexistante dès lors que l'on s'entraîne en salle. Ou presque. Avoir du monde en dessous de soi et des tapis au sol a également un côté rassurant, à l'inverse de la falaise où le décor, naturel, peut parfois en impressionner certains et certaines. "Et en intérieur, à l'inverse de ce qu'on peut voir en falaise, vous êtes quasiment obligé de réaliser les mouvements déterminés par l'ouvreur, soit celui qui a posé les prises. Il n'y a pas beaucoup de variantes, alors qu'en falaise, comme le rocher est naturel, il y a une multitude de possibilités. Sauf bien sûr dans le haut niveau." 

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Et pour les petits nouveaux, le programme est simple. Une première séance de découverte où le but est de grimper. Ce n'est qu'à partir de la deuxième fois où les principes d'encordage sont expliqués et mis en application. L'autonomie étant un point important au Club Alpin Monégasque, tout grimpeur doit savoir maîtriser tout ce qui se rapporte aux cordes, tout comme son binôme d'ailleurs. Car l'escalade se pratique toujours en duo. "Dans cette idée d'autonomie, on leur apprend à s'encorder et à assurer, parce que l'escalade se fait toujours en binôme. Celui qui grimpe et celui qui assure. Il y a des systèmes d'assurage à positionner de différentes façons ou des nœuds d'encordement. Basiquement, ce sont toujours les mêmes, mais il y a une méthode et on la leur apprend directement pour qu'ils puissent être autonomes ensuite. L'assureur est en bas et le grimpeur monte et fait sa voie." 

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Celui qui reste en bas retient la corde du grimpeur, pour lui permettre de ne pas tomber ou de se reposer pendant l'ascension et assure sa descente. "Il y a une symbiose importante qui se créée entre les deux car le grimpeur doit avoir une totale confiance en l'assureur. Surtout en falaise, car lors d'une chute, le grimpeur ne maîtrise rien. S'il n'y a pas une bonne entente entre les deux, ça pénalise toujours le grimpeur." Travailler ses automatismes, s'entraîner à l'encordage, découvrir une nouvelle discipline, autant d'activités qui sont disponibles dans cette salle. De quoi prendre un peu d'altitude sans pour autant avoir peur du vide.

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